Les travailleurs sociaux libres

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Assises du travail social : des professionnels à la recherche du sens perdu

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Le 4 février 2014

Travail social

Assises du travail social : des professionnels à la recherche du sens perdu

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Pour la première étape des assises territoriales du travail social, près de 350 participants ont répondu présents à Marseille vendredi 31 janvier, y compris des syndicats qui n'étaient pas invités. De quoi modifier la donne des états généraux. Lesquels doivent se tenir à l'automne 2014, après une synthèse de l'ensemble des travaux durant le mois de juillet.

 

A la préfecture des Bouches-du-Rhône, ce 31 janvier, quelque 350 personnes ont participé au lancement des assises territoriales conduites dans le cadre des états généraux du travail social. Initié en vue d'une « refondation » du secteur, ce processus devrait alimenter la future feuille de route du gouvernement, annoncée dans le cadre du plan pauvreté. « Nous avons frôlé les 500 demandes d'inscription, se félicite Jacques Cartiaux, directeur régional de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (DRJSCS). Pour ce premier rendez-vous décentralisé, réunissant les régions Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte-d'Azur et Corse, l'affluence est record. A tel point que le public se masse jusque dans une arrière salle équipée d'un écran géant. « Je sais que cette démarche soulève un certain nombre d'interrogations », admet le préfet Michel Cadot, lors de son discours introductif. L'irruption, quelques instants plus tard, d'une délégation syndicale CGT – FSU en témoigne.

 

Manifestation syndicale en guise d'accueil

 

Alors que s'ouvre cette journée dite « préparatoire », une manifestation organisée par l'intersyndicale anime en effet les abords de la préfecture. L'ambiance paraît cependant conviviale. Si bien que Caroline Bachschmidt, sous-directrice de la cohésion sociale (venue remplacer la directrice Sabine Fourcade, excusée pour raison de santé) cède le micro aux syndicalistes, après les avoir reçus en aparté. Lisant une déclaration commune, leur porte-parole dénonce la baisse des budgets consacrés à l'action sociale, la stigmatisation des populations, le refus de la reconnaissance d'un niveau II (bac+3/4) homologué au RNCP (répertoire nationale des certifications professionnelles) aux diplômes des travailleurs sociaux… « L'objectif affiché du gouvernement est bien loin des fondamentaux du travail social, déplore-t-elle, tout en pointant « une logique comptable et gestionnaire ». La déléguée syndicale liste alors une série de revendications, à commencer par celle de « mettre au cœur de ces assises la question du financement de l'action sociale ».

 

Participation de tous les acteurs sociales

 

Pour y veiller, les deux syndicats disent avoir « obtenu de participer aux comités de pilotage » qui doivent encadrer les assises territoriales. Message applaudi par la salle. Interrogée par la suite, Caroline Bachschmidt confirme son accord. « Les organisations syndicales seront dans les comités de pilotage de la France entière, au même titre que les organisations professionnelles et les différents acteurs du social », assure-t-elle. Reste que, pour ces assises, elles n'étaient pas toutes conviées. D'après la sous-directrice, les délais d'organisation étaient contraints. A ses yeux, « c'est peut-être un loupé ». 

 

Des modalités à définir

 

La démarche se veut collaborative. « On apprend en marchant, répète Caroline Bachschmidt. Nous avons encore six mois. Il est toujours temps d'envoyer des contributions. » Mais, pour se faire, il faut surveiller le site de la DGCS et attendre la création d'un site dédié qui devrait afficher, courant février, le calendrier des assises, voire également celui des comités de pilotage. Selon les premiers éléments fournis vendredi, les prochaines se tiendront à Lyon en avril. Quant aux états généraux, ils auront lieu à l'automne, après une synthèse de l'ensemble des travaux durant le mois de juillet. 

 

L'heure des constats

 

Pour le moment, « nous en sommes aux constats », insiste Cyprien Avenel, responsable adjoint de la Mission stratégique à la DGCS. Pour sa part, Marcel Jaeger, professeur au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), soulève l'importance de la sémantique employée. Pourquoi parler de refondation, plutôt que de rénovation comme ce fut le cas auparavant ? « De quoi est composée la fondation supposée ne plus tenir ? », interroge-t-il, avant d'indiquer les évolutions à l'origine de ce questionnement comme l'implication des usagers, le cloisonnement des politiques sociales, la refonte des formations, l'apparition de « case management » dans certaines institutions… Ce qu'il résume par « l'émergence d'un nouveau paradigme ». En atteste un collectif interprofessionnel interassociatif intervenu durant la journée qui évoque « une perte de sens » et « une culture du résultat ». « Nous risquons de perdre notre âme et nos valeurs », juge-t-il.

 

Injonctions contradictoires

 

 A de multiples reprises, les orateurs dénoncent des « injonctions contradictoires » subies par les travailleurs sociaux. Les deux ateliers de la journée en attestent. Le premier relatif à l'implication des usagers montre la difficulté de l'exercice. Dans l'assistance, Gerd Ness, éducateur à la retraite et aujourd'hui bénévole à la Fnars s'étonne ainsi de la sous-représentation des usagers dans la salle : « ils ne sont que 5 % ». De quoi surprendre. D'autant que lors de la restitution du second atelier, Nadine Rouillon, directrice adjointe du Pôle solidarité dans l'Hérault, mentionne « la notion d'expertise », avant de rappeler que « le premier référent unique d'une situation, c'est d'abord la personne qui la vit ».

 

Par Marjolaine Dilh

 

Pétition : Pour soutenir les revendications des travailleurs sociaux, merci de signer la pétition en ligne, cliquez içi

 

 

 

 

 



 



 

 

 



08/02/2014

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