Les travailleurs sociaux libres

Les travailleurs sociaux libres

Ces "nouveaux" travailleurs sociaux indépendants

Ces "nouveaux" travailleurs sociaux indépendants

 

L'activité libérale séduit les travailleurs sociaux en augmentation constante...

 

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9 octobre 2013 - Journée du travail social

 

Sous le poids de procédures institutionnelles, d’une hiérarchie, d’un système organisationnel jugé rigide ou par manque de reconnaissance, les travailleurs sociaux sont de plus en plus nombreux à s’orienter vers l’exercice libéral. Emergé au début des années 90, au moment où la crise économique et financière conduisait les entreprises à externaliser certains de leurs services - sociaux en tête -, cette nouvelle forme de pratique oscille entre liberté d’action, de parole et contraintes économiques.

 

Pratique encore peu évoquée dans les instituts de formation des travailleurs sociaux, le statut d’indépendant prend pourtant de l’ampleur dans les rangs des professionnels du secteur. En quête d’une plus grande autonomie, de perspectives d’innovations, face à la lassitude d’un quotidien trop cloisonné, ils se lancent à leur compte, certains allant même jusqu’à créer leur société. Un challenge risqué.

 

Brigitte Rizzo, ancienne assistante sociale salariée au sein d’un groupe privé, a franchi le pas en 1994 en créant Service Social Conseil. Elle s’est rapidement confrontée à la réalité du marché : « Lorsque l’on est issu du milieu social, on n’a aucune idée de ce qu’est le monde économique. Il y a un certain nombre de risques pécuniaires auxquels tout le monde ne pense pas forcément : pas de rémunération fixe, des charges sociales afférentes, des difficultés à obtenir un prêt... Pour se lancer, il faut vraiment avoir l’esprit d’entreprendre, le goût du risque, et surtout beaucoup de persévérance. Sinon on se décourage vite et on retourne au salariat. »

 

Une persévérance qui a porté ses fruits puisque sa société compte aujourd’hui 14 salariés, dont 11 assistantes sociales qui interviennent auprès d’entreprises, de médecins du travail ou encore de chantiers d’insertion. « Nous accompagnons les personnes sur toutes les problématiques qu’elles rencontrent dans la vie courante que ce soit en termes de logement, de santé, de difficultés financières ou familiales, de législation du travail » explique Dominique Durand, l’une des assistantes sociales de la société. Elle aussi a choisi, il y a 5 ans, de quitter le secteur public pour évoluer dans « un cadre de travail moins lourd, plus ouvert, avec une certaine liberté de pratique ». Même si ce nouveau mode de fonctionnement implique également une grande disponibilité, des horaires plus flexibles et une réactivité accrue vis-à-vis des « clients ».

 

À ce jour, si la majorité des travailleurs sociaux du secteur «indépendant» exerce auprès d’entreprises, d’associations, d’organismes, ils sont encore peu à proposer leurs services aux particuliers comme le fait Sonia Louis : « Je travaille surtout en inter-entreprises, je suis aussi amenée à assurer des enquêtes sociales mais il m’arrive également de répondre à des demandes de particuliers. Je reçois des appels de personnes pour qui toutes les portes des institutions semblent s’être fermées ». Une prestation qui a forcément un coût et pose une question éthique sur la notion première de gratuité du service social. « Lorsque des particuliers bénéficiaires des minima sociaux s’adressent à moi, déontologiquement, je ne peux pas les prendre en charge et je les réoriente toujours vers mes collègues du secteur public » précise-t-elle.

 

À l’association du réseau des travailleurs sociaux indépendants (ARTSI), le message est clair : « Nous exerçons de la même manière qu’en institution, en respectant une charte éthique et les mêmes valeurs. Il faut être en phase avec sa conscience professionnelle et proposer un véritable service d’expertise pour pouvoir se lancer » explique Béatrice Belabblas, présidente de cette association constituée il y a une vingtaine d’années lorsque le regard porté sur ce nouveau statut dans la profession était encore très mitigé.

 

L’ARTSI permet aujourd’hui aux travailleurs sociaux d’échanger sur leurs pratiques professionnelles. « Quel que soit le statut et le niveau de technicité, sans des réseaux sociaux professionnels tels que l’ARTSI ou l’ANAS - association nationale des assistants du service social - il est difficile d’avancer seul au bénéfice de la population », confie encore Brigitte Rizzo.

 

L’ARTSI compte chaque année un nombre grandissant d’adhérents. À croire que le statut de travailleur social indépendant n’en a pas fini de faire parler de lui… Un débat qu’il sera intéressant de poursuivre lors des Journées du travail social de novembre.


Laure Antoine

 

Promotion du travail social et de ses métiers : Merci de soutenir les revendications des travailleurs sociaux en signant la pétition en ligne. Cliquez içi

 

Source : http://www.fnars.org/champs-d-action/travail-social/journees-du-travail-social-2013/4754-ces-nouveaux-travailleurs-sociaux-independants

 



09/10/2013

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