Les travailleurs sociaux libres

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Educateurs licenciés et association de prévention spécialisée liquidée

400 jeunes privés d’éducateurs

Éducateurs licenciés et association de prévention spécialisée liquidée...


Le directeur de Perspectives, qui a travaillé plus de vingt ans dans la prévention spécialisée en Essonne, ne décolère pas. « Sous prétexte qu’il y a un problème politique, on ferme la porte, analyse-t-il. Mais qui trinque à l’arrivée? Les salariés et les jeunes. »


Cédric SAINT-DENIS | Publié le 01.03.2013

 

Un énorme gâchis. C’est le sentiment qui prédomine après la liquidation hier de l’association de prévention spécialisée Perspectives, qui s’occupait de 400 jeunes en difficulté dans les quartiers de Massy et de Palaiseau. « La situation était devenue inextricable. Les gens étaient à bout », justifie Jérôme Guedj, () du département, instance chargée de la prévention en Essonne.

 

La décision de fermer cette structure, qui employait 14 personnes et dont le budget avoisinait l’an passé 900000 € (83% pris en charge par le conseil général, 17% par Massy et Palaiseau) a été prise le 16 janvier. Ce jour-là, la direction de Perspectives et ses partenaires tombent d’accord : il n’y a plus moyen de sauver l’association, engluée dans des soucis internes.

 

Plaintes à répétition, courriers injurieux, conflits personnels, arrêt maladie prolongé… Une ambiance délétère gangrène la vie de l’association. « Tout a commencé à la de l’ancien président, Jacky Renaudineau, lors de l’été 2011 », s’accordent à dire tous les acteurs du dossier. « Nous avons tenté de pacifier les choses en nommant l’an passé un administrateur pendant six mois », explique Jérôme Guedj. Si sa venue a permis de lever définitivement les rumeurs de malversations financières, elle n’a pas réglé le fond du problème. « Il fallait repartir sur des bases saines. La responsabilité est collective », estime Jérôme Guedj.


 

Les douze éducateurs licenciés, eux, ont du mal à digérer l’épisode (lire ci-dessous), notamment la manière dont ils ont été remerciés. « Nous sommes la dernière roue du carrosse », constate amèrement Stéphane Petit. Le directeur de Perspectives, qui a travaillé plus de vingt ans dans la prévention spécialisée en Essonne, ne décolère pas. « Sous prétexte qu’il y a un problème politique, on ferme la porte, analyse-t-il. Mais qui trinque à l’arrivée? Les salariés et les jeunes. » Car pour lui, pas de doute, ce sont des batailles politiques entre les municipalités et le département ainsi qu’au sein même du conseil général, qui ont conduit à une non reprise de Perspectives. « Fin décembre, on nous avait même annoncé qu’on pouvait recruter deux éducateurs spécialisés supplémentaires », indique Stéphane Petit.


Des solutions de reprise ont bel et bien été étudiées. Mais à chaque fois, les associations susceptibles de répondre favorablement déclinent la proposition. Motif invoqué : les difficultés trop profondes de Perspectives et l’impossibilité de restaurer un climat de confiance. En attendant le nouveau plan de prévention du conseil général, qui devrait voir le jour début 2014, Massy et Palaiseau vont devoir fonctionner sans l’aide précieuse des douze éducateurs spécialisés.


« De manière transitoire, les services jeunesse et la mission locale vont compenser ce manque », explique-t-on au département, qui devrait détacher deux éducateurs spécialisés. « Nous sommes en cours de recrutement de deux médiateurs sur Massy-Opéra qui viendront compléter notre opération d’animateurs hors les murs », précise Vincent Delahaye, maire (UDI) de Massy.

 

Le Parisien

 

Source :

//www.leparisien.fr/espace-premium/essonne-91/400-jeunes-prives-d-educateurs-01-03-2013-2607025.php



18/04/2013

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