Les travailleurs sociaux libres

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Le burn-out est devenu un sujet politique

Le burn-out est devenu un sujet politique

Nous rappelons qu'en France une étude nationale sur la souffrance au travail (risques psychosociaux) réalisée en 2011, établit que les travailleurs sociaux (éducateurs, assistantes sociales etc) qui travaillent dans le secteur public et privé, sont les plus exposés aux risques psychosociaux (épuisement professionnels, harcèlement, discrimination professionnelles, racismes, suicides etc).

Burn-out: la Belgique joue les pompiers

Journal l'Express Belgique Par Soraya Ghali, publié le 25/01/2014

A Bruxelles, le burn-out est devenu un sujet politique. Depuis un an, le ministère de l'Emploi multiplie les campagnes de prévention, en attendant un changement de législation sur les risques psychosociaux dans l'entreprise. 

 

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Pour la ministre Monica De Coninck, le burn-out "est en passe de devenir une véritable épidémie."

REUTERS/Sebastien Pirlet

Une mère qui hurle sur sa fille pour une vétille; un homme qui tient des propos abjects à son épouse alors qu'il était jusque-là doux comme un agneau... Les spots diffusés en Belgique depuis septembre 2012 à l'initiative de Monica De Coninck, ministre (socialiste) de l'Emploi, illustrent les effets du burn-out professionnel sur les relations familiales. 

Site Internet, spots radiophoniques, affiches, guide pratique et sessions de sensibilisation entendent non seulement provoquer un déclic chez les dirigeants, les DRH et les syndicalistes, mais aussi mieux les armer pour prévenir le burn-out parmi leurs salariés. "Les employeurs prêtent trop peu d'attention à un phénomène en passe de devenir une véritable épidémie. Je demande donc aux entreprises et à leurs divisions des ressources humaines d'y travailler sérieusement", insiste Monica De Coninck. 

A l'origine de cette prise de conscience collective, il y a un fait divers. En 2010, les images de Daniel Mignon, ligoté sur une palette par des collègues hilares, font le tour du Web. L'affaire braque les projecteurs sur l'inefficacité de la loi anti-harcèlement: persécuté depuis des années par une douzaine de salariés, cet employé d'une entreprise de matériaux d'emballage avait porté plainte en 2008, sans effet. La médiatisation sur la Toile déclenche alors une énorme mobilisation politique: commission parlementaire, rapport du Conseil national du travail, puis campagnes de sensibilisation... 

Obliger les entreprises à traiter un problème dès qu'il survient

Le dernier spot en date ne fait pourtant pas l'unanimité. Un cadre prend des nouvelles de son collaborateur par téléphone: "Ça va, ça va, chef." En bruit de fond, on entend un bip-bip de plus en plus tonitruant. "C'est mon burn-out, chef!" "Les origines du burn-out sont multiples et le travail n'en est pas la cause unique. Dès lors, attendre que l'entreprise résolve seule le problème est une illusion", tempête l'organisation flamande des PME (Unizo).  

Voir aussi le témoignage d'Aude Selly, victime d'un burn-out et auteure de Quand le travail vous tue: 


 

Même réplique du côté de la Fédération des entreprises de Belgique, où l'on critique une campagne "stigmatisante, qui rejette d'emblée toute la responsabilité sur l'employeur". La ministre se défend en soulignant que "l'objectif n'est pas de harceler [l'employeur]" mais qu'il faut aussi rappeler qu'"il est responsable du climat au sein de l'entreprise". 

Malgré tout, les experts eux-mêmes s'interrogent: "A quoi servent les campagnes de sensibilisation si on ne vérifie pas que la loi est appliquée, ce qui est peu, voire n'est pas du tout, le cas actuellement?" observe Luc Swinnen, expert en gestion du stress. 

Critiques ou pas, Monica De Coninck poursuit l'offensive. La ministre entend maintenant étendre le champ d'application de la loi à tous les risques psychosociaux (stress, épuisement professionnel, alcool, conflits entre collègues, violence...) et à leur prévention.  

Un nouveau chapitre, en cours d'examen à la Chambre des représentants, sera inséré dans le texte législatif sur le bien-être au travail, obligeant les entreprises à intégrer tous les risques psychosociaux dans leur démarche de prévention. Celles-ci seront même contraintes de traiter un problème dans le détail, si un événement se produit dans l'entreprise. 

"C'est un accord politique qui va pousser les employeurs et les salariés à travailler sur le sujet", poursuit la ministre. Les résultats seront ils à la hauteur des enjeux? En Belgique, selon le service fédéral de l'Emploi, 20% de la population active est proche de l'épuisement total. 

Faites le test

Etes-vous concerné ? Sur le site de la campagne, chacun peut s'auto évaluer et mesurer son degré de stress : Se sentir bien au travail 


En savoir plus sur
http://www.lexpress.fr/emploi-carriere/emploi/burn-out-la-belgique-joue-les-pompiers_1316469.html#pcMSIsEdA7rQjfMq.99



25/01/2014

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