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"Pas de couilles pas de primes" : la lutte des travailleuses sociales

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"Pas de couilles pas de primes" : la lutte des travailleuses sociales du Nord

Créé le vendredi 10 octobre 2014 15:57 Écrit par Arnaud Bihel

 

Les travailleuses sociales employées par le Conseil général du Nord dénoncent une discrimination : à statut égal, leurs primes sont deux fois plus faibles que celles accordées au personnel technique, des hommes essentiellement.

 

 « Pas de couilles, pas de primes ». C'est sous ce constat provocateur que les travailleuses sociales (on emploiera ici le féminin, car il s'agit de femmes à plus de 90%) du Conseil général du Nord luttent pour une augmentation de leurs primes.

 

Cela fait deux ans que leur collectif, qui regroupe syndiquées et non-syndiquées, donne de la voix ; sans le moindre résultat jusque-là. Un rendez-vous prévu le 23 septembre avec la vice-présidente du Conseil général en charge des ressources humaines a été reporté au 13 octobre.

 

« Comme par hasard, des métiers majoritairement féminins »

 

Les travailleuses sociales du département font valoir qu'à statut égal, à salaire égal, les primes que leur accorde le Conseil général sont inférieures de moitié à celles distribuées au personnel technique, pour sa part masculin à 90%. Selon le collectif, la prime d'un ASE (assistant socio-éducatif) principal dépasse à peine les 4000 euros annuel alors que celle d'un technicien principal peut s'élever à plus de 9000 euros. Pour le collectif, il s'agit bel et bien d'une discrimination liée au sexe : ce sont « comme par hasard, des métiers majoritairement féminins », liés au social, qui sont ainsi dévalorisés.

 

« Nous faisons un travail très dur, nous nous occupons de personnes en difficulté, et ce n'est pas évident pour nous de revendiquer », témoigne Bénédicte Bâcle, assistante sociale depuis 25 ans. Mais « de plus en plus, les collègues prennent conscience de cette injustice. Sans compter que nous mépriser, c'est aussi mépriser ceux dont on s'occupe ». Et d'insister : « Nous ne voulons pas que les techniciens reçoivent moins, nous nous battons pour avoir autant qu'eux ».

 

C'est un classique dans la fonction publique en général : les primes sont « systématiquement inférieures pour les femmes » , ainsi que le relève d'année en année le rapport de l'Etat sur les rémunérations des fonctionnaires. En 2011 en France les primes représentaient en moyenne 16,5% du salaire brut des femmes, 27,5% de celui des hommes. Mais la différence pour les employées du CG59 est encore plus criante. Sans compter que dans le département voisin, le Pas-de-Calais, les primes des ASE sont plus élevées d'une centaine d'euros par mois que dans le Nord.

 

Le Conseil général plaide l'héritage « historique »

 

Le collectif souligne que, le 7 mars dernier, le président du Conseil général, Patrick Kanner, a officiellement signé la Charte européenne pour l'égalité des femmes et des hommes dans la vie locale. Le texte donne à ses signataires l'« obligation d’éliminer toutes les formes de discrimination, qu’elles soient directes ou indirectes », notamment en tant qu'employeur.

 

Dans 20 Minutes Lille, la vice-présidente du Conseil général en charge des ressources humaines, Marie Fabre, le reconnaît : il existe une « inégalité réelle » dans l'attribution de ces primes entre techniciens et sociaux. Mais la responsable des ressources humaines se défend de toute discrimination en invoquant un héritage « historique ». Et explique que « malheureusement » le Conseil général n'a pas les moyens d'accorder à ses travailleuses sociales les mêmes primes qu'à ses techniciens. Cela « coûterait 11,5 millions d'euros par an au département », estime Marie Fabre. Dans le Canard Enchaîné, qui évoque la situation dans son édition du 8 octobre, elle fait même monter cette estimation à « plus de 15 millions ».

 

C'est donc sans illusion, et avec déjà de futures actions en tête, que le collectif se rendra au rendez-vous du 13 octobre. Marie Fabre promet que Patrick Kanner, devenu entre-temps ministre (de la Ville, de la Jeunesse et des Sports),  « appuiera » auprès du gouvernement un changement de statut des travailleurs sociaux. Il s'agit là d'une autre revendication de longue date, mais pas cantonnée aux employées du Nord. C'est à l'échelle nationale que les travailleurs sociaux demandent que leur classement évolue de la catégorie B à la catégorie A de la fonction publique territoriale. Ce qui les ferait bénéficier d'augmentations de salaire mais ne réglerait en rien cette question locale de la discrimination des primes.

 

Soutenez les revendications des travailleurs sociaux pour de meilleures conditions de travail, la revalorisation salariale et statutaire. merci de signer la pétition, cliquer içi

 

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09/10/2014

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