Les travailleurs sociaux libres

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Repenser l'action collective, un nouveau défi pour les travailleurs sociaux

Repenser l'action collective, un nouveau défi pour les travailleurs sociaux

 

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Nous vous présentons un article très intéressant rédigé par Laetitia Créteur sur le thème : Repenser l'action collective, un nouveau défi pour les travailleurs sociaux.

 

Selon Laetitia Créteur "L’action collective n’est pas une alternative en soi, mais elle doit être complémentaire de l’action individuelle. Il ne s’agit pas de travailler sur l’une ou l’autre, mais sur les deux à la fois, car elles sont indissociables. N’avoir qu’une approche individuelle avec une personne en difficulté – autrement dit au cas par cas - ne résoudra pas le problème de fond. "

 

Toujours selon laetitia "Le véritable enjeu des travailleurs sociaux est de construire des ponts pour nous relier les uns aux autres, d’aider à la reconstruction du développement du lien social. Et ceci ne peut s’envisager sans adopter une approche collective de l’action sociale."

 

Une analyse que partagent aussi les TSL !

 

Voici l'article !

 

Journal MEDIAPART

 

Le social dans ses Etats

 

7 décembre 2011 par laetitia Créteur

Repenser l'action collective, un nouveau défi pour les travailleurs sociaux

De l’importance du lien social dans la société

 

Le lien a la particularité d’avoir cette double signification de cohésion et de contrainte. Si l’on se réfère à Durkheim, « est moral ce qui est source de solidarité, tout ce qui force l’homme à régler ses mouvements sur autre chose que les impulsions de son égoïsme ». La division du travail qui, rappelons-le, se caractérise par la spécialisation moralement bonne des activités, a une fonction et un caractère moraux et permet le développement de la solidarité organique entre les individus. Dans les sociétés dites « modernes », la division du travail s’amplifie et produit de la cohésion sociale, dans un but de maintien de l’ordre et de l’harmonie entre les individus. A l’inverse, l’absence de solidarité organique, autrement dit de lien, conduit à une violence sociale découlant directement d’un manque de cohésion sociale au sein de la société.

 

Les métiers du lien social se sont développés autour d’une ambition commune, celle de produire du lien avec la population sur un territoire défini, de développer et maintenir une solidarité de proximité.

 

Le contexte des années 1970, qui laissait entrevoir la perspective d’une société idéale, où chacun aurait eu la possibilité de trouver sa place, a vu fleurir l’émergence de la spécialisation des travailleurs sociaux. Et ce, dans l’objectif de répondre au mieux, en tenant compte des critères socio-démographiques, socio-économiques et socioculturels, aux attentes d’une population. Ainsi, il paraît évident qu’une éducatrice de jeunes enfants aura de meilleures prédispositions pour apporter une réponse précise concernant l’infantilité qu’un éducateur spécialisé exerçant ses fonctions auprès d’un public adulte handicapé.

 

Notre société actuelle cultive l’individualité, nous incitant à nous centrer toujours un peu plus sur nous-mêmes, et nous souffrons à la fois d’être un et séparés. Le véritable enjeu des travailleurs sociaux est de construire des ponts pour nous relier les uns aux autres, d’aider à la reconstruction du développement du lien social. Et ceci ne peut s’envisager sans adopter une approche collective de l’action sociale.

 

La société a évolué, l’homme a changé, ce qui implique une redéfinition des métiers du social, ainsi que de leurs pratiques professionnelles actuelles.

 

Pour parvenir à saisir les tendances contemporaines du travail social, il nous faut dans un premier temps, préciser ce que sont les métiers du lien social et les replacer dans leur contexte historique. Dans un second temps, aborder l’évolution de la société, en perpétuelle mouvance, et comprendre ce qui tend à modifier les pratiques professionnelles des travailleurs sociaux et le sentiment d’impuissance et de malaise que ressentent ces derniers au regard de leurs fonctions. Enfin, nous lèverons le voile sur l’importance d’une intervention sociale collective, devenue ces derniers temps de plus en plus individuelle, ce qui, par ailleurs, conduit à une dramatisation de la question sociale. Il se pourrait, à cet égard, que le développement de la politique de la ville pris dans sa globalité, pourrait justement être un élément de réponse à cet enjeu de taille.

 

Quand les métiers du social subissent de profondes mutations

Pour cerner les évolutions des métiers en lien avec le social, il est nécessaire de rappeler brièvement le fondement de leurs origines. Ces derniers sont initialement incarnés par ce que l’on nomme l’action sociale, qui, dès le Moyen Âge consistait à la mise en place d’actions à visées caritatives et morales. La charité chrétienne précède donc l’assistante étatique, et ce n’est que bien plus tard que le terme d’Etat Providence apparaît, dont les fondements ont été posés dès la fin de la Seconde Guerre Mondiale, et qui perdurera jusqu’au milieu des années 1970.

 

C’est au moment de la Révolution industrielle, vers la fin du 19e siècle, que la question sociale s’impose. On assiste à de grands bouleversements sociaux, impliquant des modifications des modes de vie et des besoins. L’idée d’une responsabilité collective se fait sentir au regard de la paupérisation et l’Etat a désormais un devoir d’assistance envers les plus démunis. Ainsi naît l’assistante publique (Congrès International d’Assistante, 1889), qui, au fil du temps, façonnera la structure architecturale des métiers du social tels que nous nous les représentons aujourd’hui.

Selon Emmanuel Jovelin et Brigitte Bouquet, dans leur ouvrage Histoire des métiers du social en France, paru en 2005 aux éditions ASH, les métiers du social se sont développés selon trois axes principaux : l’assistante sociale, l’éducation des jeunes en difficulté et l’animation.

 

Bien que le travail social existe depuis le début des années 1930, avec le Brevet de Capacité Professionnelle d’Assistante Sociale en janvier 1932, c’est au cours des années 1970 que l’on assiste à un développement spectaculaire des métiers du social qui se pluri professionnalisent. Et de fait, suite à une longue période faste où la croissance économique était très forte, les Trente Glorieuses, la crise pétrolière des années 1973-74 a entraîné la montée du chômage et l’augmentation de la précarité. On assiste progressivement à un affaiblissement de l’Etat Providence au milieu des années 1970.

 

Le terme de travailleurs sociaux englobait l’ensemble des professionnels diplômés qui apportaient des réponses aux gens en difficulté, des assistants de travail social aux éducateurs spécialisés, en passant par les animateurs, les conseillères en éducation sociale et familiale, les travailleuses familiales, etc. Le contexte historique de cette époque, qui laissait entrevoir la perspective de plein emploi, donnait l’espérance d’une société quasi idéale où chacun aurait pu avoir sa place, dans cette conjoncture associant progrès social induisant le perfectionnement des services sociaux, et croissance économique dont les bénéfices seraient équitablement répartis.

 

La crise économique survenue au début des années 1980 a profondément modifié le paysage, et par conséquent, les professions du champ social. On assiste à une recomposition du rôle des acteurs sociaux, qui se sont investis dans d’autres sphères que le social, économique notamment, pour tout ce qui concerne l’insertion professionnelle, le développement social local, la gestion d’espaces urbains, etc. Les métiers traditionnels, qui forment le noyau dur, ne sont plus les seuls à exercer leurs fonctions dans le domaine social. En effet, de nouveaux acteurs, qui ne sont pas issus du travail social, s’y sont ajoutés pour répondre aux besoins urgents et grandissants des populations.

 

Dès lors, est couramment évoquée la notion d’ « intervention sociale », comme substitut de celle du travail social. Ce qui s’avère très éloquent si l’on prend en compte la demande croissante des pouvoirs publics de faire appel à des agents n’ayant pas le profil professionnel des travailleurs sociaux classiques. Et ceci, dans le but de mettre en œuvre de nouvelles manières de faire, c'est-à-dire moins individuelles et plus territoriales. Il va sans dire que la généralisation du terme « d’intervenants sociaux » change les perceptions et les représentations que l’on a des travailleurs sociaux. Ces mutations conduisent à une confusion générale au regard de la multiplicité de ces intervenants sociaux, et portant par là même, atteinte à la valorisation des métiers du social.

 

Vers une nouvelle représentation des métiers du social

L’action sociale, telle qu’elle est conçue actuellement, tend de plus en plus à être régie par des interventions du pouvoir politique, et ce, dans un but de pacification des relations entre l’Etat et les citoyens. Bien que l’assistanat reste fondamental, il s’agit aujourd’hui de maximiser l’accès à l’autonomie des individus, dans un souci de culture du libre arbitre.

 

A la conjoncture économique des années 1980, qui a eu pour conséquences un accroissement quantitatif et une aggravation des situations de forte précarité – Difficultés liés à l’accès à l’emploi, au logement, à l’éducation et à la culture – s’est ajouté le mouvement vers une plus grande territorialisation. La décentralisation de l’action sociale, relevant désormais des compétences du département, conjuguée avec l’évolution des politiques publiques a transformé inévitablement l’exercice du cadre professionnel des travailleurs sociaux. L’objectif principal étant de répondre à une meilleure proximité de la décision politique. La décentralisation a eu d’importantes répercussions sur le travail social.

 

La première, c’est que ce transfert de compétentes de l’Etat a conduit à une complexité du système, en multipliant les dispositifs et les législations. Rappelons également que chaque territoire, lieu privilégié d’exercice pour le travail social, connaît des différences avec les autres territoires. Selon les secteurs géographiques d’intervention, où la population varie en fonction des facteurs socio-économiques et socio-culturels, les professionnels du secteur social doivent adapter leurs pratiques en fonction du public rencontré. Ce qui a pour conséquence de renvoyer à une vision non uniforme, voire inégalitaire du travail social.

 

La seconde, c’est que les administrations, et notamment les Conseillers généraux, ont élargi leur champ d’intervention. Si dans les années 1960-70 ils s’investissaient dans les missions des travailleurs sociaux, ces derniers bénéficiaient toutefois d’une large autonomie dans leurs pratiques et fonctions, fondée sur le principe de confiance entre les administrateurs et les professionnels de l’action sociale. Il en va autrement aujourd’hui.

 

Le Conseil Général subventionne, contrôle et, par là même, exige des objectifs de résultat, notamment dans le secteur de l’insertion professionnelle et de la lutte contre le chômage. Autrement dit, ce sont les conseillers généraux qui imposent la direction que doit prendre l’action sociale, qui fixent les dispositifs qui vont avec, et qui mandatent le personnel intervenant (commande sociale). Dès lors, on comprend aisément que l’autonomie professionnelle des travailleurs sociaux tend à s’affaiblir.

 

Ainsi, l’augmentation des personnes à aider ainsi que la complexité du système conduisent les travailleurs sociaux à travailler dans l’urgence, à se concentrer sur l’aspect individuel de la personne, dans le but de « satisfaire des besoins ».

 

Dès lors, les assistantes sociales sont perçues comme des « machines à redistribution », pour reprendre les propos de Hélène Strol, Inspectrice Générale des Affaires Sociales (IGAS), se cantonnant essentiellement à des tâches administratives, n’aboutissant parfois à rien faute d’une offre insuffisante en termes de réponses appropriées aux difficultés rencontrées – pénurie de logements, difficulté d’accès à l’emploi, à la formation- et à « distribuer du secours sans plus de vision sur l’évolution des personnes ».

 

Les travailleurs sociaux, dans la globalité, n’ont pour seul objectif la répartition des personnes en difficulté entre divers dispositifs, ou d’autres équipes de travailleurs sociaux, d’où un sentiment de la part des individus d’être ballottés. Le travailleur social est perçu par l’usager comme un « employé de guichet, chargé de répondre à des demandes ponctuelles et insistantes ». On assiste alors à une sorte de déshumanisation du travail social, se traduisant par un sentiment de malaise et d’impuissance des travailleurs sociaux.

 

Ce qui conduit Hélène Strohl, au terme d’un travail collectif qu’elle a effectué pour l’élaboration du rapport annuel de l’IGAS 2005, L’intervention sociale, un travail de proximité, à se poser, et à juste titre, la question suivante : « le modèle de la réponse sociale individuelle reste-t-il adapté » ?

 

De l’approche individuelle à l’approche collective : il n’y a qu’un pas

Le malaise des travailleurs sociaux vient de cette posture insoutenable, qui les amène à considérer, d’une part, les usagers comme des personnes comme des victimes, d’autre part, les élus, les politiques et les administrations comme seuls capables d’améliorer et d’aménager les conditions d’une vie meilleure.

 

Le clivage entre l’action individuelle et l’action collective reste très ancré, et ce, en raison notamment du fait que la logique institutionnelle tend aujourd’hui à s’imposer à la référence professionnelle. Il devient à l’heure actuelle insuffisant d’avoir à disposition des hommes et des femmes de terrain, ayant les compétences nécessaires et une volonté de fer pour assurer le développement social si les politiques, dans leur globalité, réduisent les moyens qu’ils mettent à la disposition des professionnels. Ils ne partagent pas les mêmes perspectives et doivent pourtant trouver un moyen de les harmoniser.

 

Il apparaît plus que nécessaire pour les travailleurs sociaux de développer davantage la cohésion sociale par le bais d’actions collectives et qu’ils puissent facilement passer d’une approche collective à une approche individuelle. Ce qui suppose, pour se faire, de se référer à des pratiques ancestrales, où le travail social était principalement axé sur des publics plus que sur des territoires.

 

Si l’on se base sur l’étude d’Hélène Strohl, l’intervention collective est très ancienne, lorsqu’on se réfère à l’histoire du travail social communautaire des années 1970, voire même considérée comme archaïque par rapport aux méthodes dites modernes, qui tendent à favoriser la dimension psychique de la personne.

 

L’objectif de l’action collective étant d’effectuer avec des habitants un travail en commun, les conduisant à faire évoluer leur environnement proche et à développer des solidarités de proximité. Elle reste toutefois très minoritaire en France et se limite à quelques expériences, dans les services sociaux de la CAF ou les centres sociaux, qui « perpétuent les traditions du développement social et du travail social avec les groupes ». D’une manière générale, le modèle social actuel consiste le plus souvent à « réunir des individus partageant les mêmes difficultés » (peu de ressources, chômage, handicap, manque de logement).

 

De nombreux professionnels et chercheurs en sociologie ont démontré, de par leurs expériences et leurs travaux, que l’approche collective, lorsqu’elle est abordée de façon méthodique et rigoureuse, incite les individus à se prendre en charge par eux-mêmes. Ceci s’explique particulièrement par l’importance de la présence du lien communautaire et par le soutien du groupe.

 

Il est par ailleurs intéressant de constater que dans la logique de développement social mis en œuvre par la politique de la ville, on distingue une complémentarité entre l’approche individuelle et l’action collective.

 

La politique de la ville, qui se préoccupe des quartiers difficiles, se caractérise par l’ensemble des actions mises en œuvre pour lutter contre l’exclusion d’une population présente sur un territoire urbain défavorisé. Elle intervient sur plusieurs zones, tels que les Zones urbaines (ZUS), composées de grands ensembles ou de quartiers d’habitat dégradés, les Zones de redynamisation urbaine (ZRU), qui sont des ZUS en situation de difficultés spécifiques ou particulières et enfin, les Zones franches urbaines (ZFU), composées de quartiers de plus de 10 000 habitants vivant dans des zones sensibles ou défavorisées, définies en fonction de certains critères (taux de chômage, proportion d’échec scolaire ou déscolarisation, proportion de jeunes, etc.).

 

La politique de la ville englobe tous les aspects de la vie quotidienne. Elle vise à réduire les difficultés sociales des populations démunies, en procédant au renforcement du lien social, notamment, et en développant des relations partenariales avec les associations avoisinantes. Elle mène des actions de prévention (délinquance, maintien de la sécurité), d’éducation (ZEP), culturelles, et agit également sur le développement des services publics de proximités. En outre, les interventions en faveur du développement social sont nombreuses. Elles peuvent porter sur l’égalité des chances entre les femmes et les hommes, sur l’insertion des jeunes, sur la participation des habitants, entre autres.

 

Selon la réflexion commune de Claude Brévan et Paul Picard, les notions d’action collective et d’action individuelle « doivent pouvoir s’articuler dans un projet d’ensemble commun. Car si la politique de la ville travaille beaucoup autour de l’idée de projet collectif, celui-ci n’est pas en opposition avec le travail individuel. Il y a une continuité entre l’action individuelle d’aide, de soutien, de rattrapage, de remise à niveau et le développement collectif. Si on ne se préoccupe que de développement collectif et qu’on se situe exclusivement dans une logique d’offre de projets et de services, on laisse sur le bord du chemin toute une partie de la population: les plus défavorisés. Il est donc primordial d’accompagner ces personnes vers les projets collectifs, tout comme la conception des projets collectifs doit s’appuyer sur le repérage des besoins des personnes concernées ».

 

L’action collective, une alternative ?

Nous l’avons vu précédemment, l’évolution de la société implique nécessairement l’évolution des métiers du social et la mise à jour de ses pratiques professionnelles.

 

Il apparaît clair que dans le contexte actuel, celui d’une société fragmentée où la détresse sociale s’affiche au grand jour et où la cohésion sociale plonge chaque jour un peu plus dans l’abîme, un nouvel enjeu pour les travailleurs sociaux se profile. Celui de restaurer et de développer le lien social sur leur territoire, et d’être acteurs de la participation à la reconstruction sociale.

 

De plus en plus de professionnels se rejoignent sur l’idée de la nécessité de la mise en pratique d’une intervention sociale d’intérêt collectif, qui, comme l’affirme si bien Hélène Stroh, est « conçue comme une intervention visant à étayer les relations de proximité, à aider à construire une communauté de vie, à développer les solidarités de base, à encourager l’entraide entre pairs. Ce qui permettrait non seulement aux usagers de devenir, ensemble, acteurs de l’amélioration de leurs conditions de vie, mais viserait aussi à protéger par le groupe, les individus plus faibles, face aux inévitables tentations prédatrices des individus non solidaires ». (Le groupe instaurerait une sorte de contrôle social).

 

Il est bien clair que le développement des liens communautaires par l’intermédiaire de l’action collective conduira les travailleurs sociaux à se positionner sur le registre de la vie quotidienne. L’action collective n’est pas une alternative en soi, mais elle doit être complémentaire de l’action individuelle. Il ne s’agit pas de travailler sur l’une ou l’autre, mais sur les deux à la fois, car elles sont indissociables. N’avoir qu’une approche individuelle avec une personne en difficulté – autrement dit au cas par cas - ne résoudra pas le problème de fond.

 

En revanche, l’approche collective, qui se donne pour ambition la production de lien et donc de cohésion sociale, pourrait, comme on l’a vu, réduire certaines situations individuelles difficilement vécues. On agit sur la société dans sa globalité, mais c’est aussi en tenant compte de la dimension individuelle de chacun, car il existe une réelle souffrance psychique des individus en règle générale. C’est aussi en ayant une meilleure connaissance des besoins d’une population que l’on peut mettre en place les actions adaptées pour y répondre. C’est dans cette perspective que les futurs travailleurs sociaux doivent être formés. La politique de la ville vise à réhabiliter cette approche, mails il s’avère également impératif que les professionnels sociaux et leurs employeurs – Administrations, collectivités territoriales, associations – marchent main dans la main vers un objectif commun.

 

Enfin, il apparaît logique mais utile de le rappeler, le social ne peut exister seul et doit intensifier ses relations partenariales et associatives. Fondée sur la Loi de 1901, les associations avaient pour objectif de servir d’intermédiaire entre l’Etat et les citoyens.

 

On peut dire que le champ social s’est en partie développé grâce aux initiatives de nombreux citoyens qui se sentaient investis d’une mission pour faire changer la société, l’améliorer sur de nombreux points de vue. Elles tiennent une place importante dans la société du fait qu’elles soient parvenues à se faire reconnaître des pouvoirs publics et d’obtenir un cadre légal et réglementaire. Ces dernières ont une forte implantation locale, une grande présence sur le terrain, et savent se faire connaître auprès des publics, ce qui leur confère de réelles compétences en matière de repérage des besoins sociaux, et qui s’avère profitable au travail social. Elles sont une réponse alternative aux manquements de l’Etat, que de plus en plus de professionnels – travailleurs sociaux, fonctionnaires, administrateurs – qualifient de désengagement progressif de l’Etat à l’égard des affaires sociales. La coopération au sein d’un tissu partenarial local, avec d’autres associations mais surtout avec des institutions sociales et médico-sociales devrait permettre de participer à la reconstruction du lien social et d’associer les individus dans des projets collectifs.

 

Je terminerai cette étude en citant Elisabeth Prieur, Directrice générale de l’Institut social Lille-Vauban et de l’Efas : « Il ne suffit pas d’attendre des personnes qu’elles se transforment et qu’elles rejoignent les autres dans la société, ce qui est souvent entendu lorsque l’on parle d’« insertion ». Associer, c’est donner une place entière dans une reconnaissance des compétences et des savoirs de l’autre. La collaboration dans le cadre associatif est un atout dans ce domaine ».

 

Laetitia Créteur - IRTS Montrouge

 

Source :

http://blogs.mediapart.fr/blog/lcreteur/071211/repenser-laction-collective-un-nouveau-defi-pour-les-travailleurs-sociaux

 

 



15/11/2014

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