Les travailleurs sociaux libres

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3 euros pour être belle : Ouverture d'un salon social pour la beauté des femmes

Chez "Josephine" Un salon de beauté social et solidaire pour des femmes en situation de précarité !

 

Le droit d'être belle pour 3€ : Ouverture d'un salon social pour la beauté des femmes à Paris

Beauté : Un salon social, où les femmes en situation de précarité peuvent, pour trois euros seulement, se faire dorloter de la tête aux pieds...

 

La beauté est un droit qui doit être accessible à tous, on l’oublie souvent...

  

Lucia Iraci, une sicilienne qui possède un salon de beauté parmi les plus luxueux de Paris, à Saint-Germain-des-Prés, a eu l'idée de créer un salon social pour la beauté des femmes. Elle a voulu réaliser un projet pour donner une dimension solidaire à son travail.

 

Le salon social est situé dans le 18e arrondissement de Paris, c’est un refuge au cœur de la Goutte d’Or, le quartier le plus pauvre et multiethnique de Paris, où les femmes en situation de précarité peuvent, pour trois euros seulement, se faire dorloter de la tête aux pieds : de la coupe à la mise en plis en passant par l’assistance socio-éducative et médicale. L'endroit permet aussi aux clientes de bénéficier d'une aide psychologique et juridique.

 

Une très belle initiative que les TSL saluentVoici l'article !

 

Josephine pour la beauté des femmes

 

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Journal le Monde - Courrier International publié le 19 août 2012

Chez 'Joséphine', un salon de beauté social et solidaire

Dans le 18ème arrondissement de Paris, un salon de beauté accueille des femmes en difficulté moyennant une participation très symbolique.  Pour trois euros, elles se font coiffer et maquiller. L'endroit permet aussi aux clientes de bénéficier d'une aide psychologique et juridique.

 

Dessin de Boligan, Mexique.


Ce sont souvent de jeunes mères ou des victimes de violences conjugales. Elles sont au chômage, essaient de joindre les deux bouts, de trouver un logement ou un salaire fixe. Elles, ce sont les clientes du salon de beauté Joséphine, dans le 18e arrondissement de Paris. Un salon social, où les femmes en situation de précarité peuvent, pour trois euros seulement, se faire dorloter de la tête aux pieds : de la coupe à la mise en plis en passant par l’assistance socio-éducative et médicale. C’est un refuge au cœur de la Goutte d’Or, le quartier le plus pauvre et multiethnique de Paris. Il faut s’y prendre deux mois à l’avance pour obtenir un rendez-vous dans ce centre de beauté, ouvert à l’hiver 2011, et qui a déjà reçu près d’un millier de femmes. L’enseigne se trouve rue Charbonnière, à deux pas de Barbès, un quartier où se côtoient les immigrés de première et deuxième générations.

Préparation à des entretiens d'embauche
 
"L’idée m’est venue il y a plusieurs années", déclare l’instigatrice du projet, Lucia Iraci, une Sicilienne qui possède un autre salon de beauté, cette fois parmi les plus luxueux de Paris, à Saint-Germain-des-Prés. "Je voulais réaliser ce projet pour donner une dimension solidaire à mon travail."

Lucia est née à Canicattì [en Sicile], elle est arrivée à Paris à l’âge de 16 ans seulement. Elle a commencé par donner de son temps à des associations d’aide aux femmes, où elle les coiffait, les maquillait et leur donnait des conseils. Puis elle a ouvert son salon de coiffure à Saint Germain. "En 2006, j’ai décidé de mettre à disposition les locaux de mon salon de beauté les jours de fermeture. Tous les lundis, les clientes en situation difficile s’y présentaient et je leur offrais mes services. Mais je continuais à me dire que ce n’était pas suffisant. Et finalement, l’hiver dernier, ‘Joséphine’ est née." L’Oréal, Meetic et Maybelline sont quelques-uns des partenaires qui ont permis d’ouvrir les portes de cet institut solidaire auquel personne n’avait encore pensé. "La beauté est un droit, on l’oublie souvent, poursuit Lucia.

"Il s’agit de redonner confiance à toutes ces femmes et de les aider à retrouver leur dignité. Quelle est la première chose que nous faisons le matin ? On se lave, on se maquille ; ce n’est pas un hasard. Ces femmes n’ont souvent pas les moyens d’aller chez le coiffeur, et encore moins dans un institut. Nous leur rappelons ainsi qu’elles sont importantes et elles méritent d’être belles. Si j’ai tenu à ce que chaque cliente paie la somme symbolique de trois euros, c’est parce que je ne veux pas qu’elles se sentent redevables envers qui que ce soit : elles viennent et paient nos services, même très peu cher. C’est le geste qui compte."

Consultations de gynécologie, de psychologie, de dermatologie..., mais également préparation aux entretiens d’embauche et écriture de lettres de motivation : voilà quelques exemples des services proposés chez Joséphine. "On commence par un entretien" indique la coordinatrice Koura Keita, "puis on essaie de leur trouver un rendez-vous avec tous les services dont elles ont besoin. Le but est qu’elles trouvent du temps pour elles. On travaille avec de nombreuses associations et on essaie à chaque fois de trouver le meilleur parcours pour chaque cliente. On propose aussi des cours de yoga et de théâtre."

De Paris à la province
Après moins d’un an d’existence, les résultats ont dépassé toutes les attentes. La structure, imaginée en premier lieu pour un projet de taille modeste, peine à répondre à toutes les demandes. Une cinquantaine de bénévoles gravitent autour du Salon Joséphine qui ne compte que trois salariées : la coordinatrice, une coiffeuse et une esthéticienne. "Depuis le début", ajoute Lucia, "l’idée était de ne pas se limiter à Paris. En septembre 2012, nous ouvrirons un salon à Tours, dans le centre de la France, également grâce au soutien de la Région. On espère ensuite continuer en banlieue parisienne."

Le Salon Joséphine est souvent sous les feux des projecteurs, mais attire également des critiques – en substance : c’est le triomphe de l’apparence et de la beauté - auxquelles Lucia répond avec simplicité. Le carnet de rendez-vous parle pour elle, tout comme la liste d’attente longue de deux mois et les messages des clientes qui la remercient pour les soins et l’attention qu’elles ont reçus. "Cela faisait des années que je n’allais plus chez le coiffeur, merci", peut-on lire. Ces simples gestes de réappropriation de soi, réalisés dans un lieu accueillant au terme d’un parcours d’aide personnalisée, peuvent changer une vie. Quant aux commentaires sceptiques, Lucia y répond avec un sourire aussi chaleureux que sa Sicile natale.

 

Martina Castigliani

 

Source :

http://www.courrierinternational.com/article/2012/08/01/chez-josephine-un-salon-de-beaute-social-et-solidaire





19/08/2012

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