Les travailleurs sociaux libres

Les travailleurs sociaux libres

A l'attention du Premier ministre

Voici, le double du courrier que j'ai adressé à François Fillon et Roselyne Bachelot-Narquin, le 6 mars 2011 pour les informer de notre volonté à obtenir la reconnaissance à laquelle nous avons droit.

 

 

 

Orly le 06 mars 2011

 

Patrick Guichard :

travailleur social diplômé d’Etat,

assistant socio-éducatif au Département de Paris

 

À l’attention de M. François Fillon,

 Premier ministre,

et Mme Roselyne Bachelot-Narquin,

Ministre des Solidarités et de la Cohésion Sociale

 

 

Nous vous informons :                    le 16 mars 2011

 

Appel à la Grève Générale et Mobilisation Nationale des Travailleurs Sociaux du Public et du Privé


 

 

Monsieur le Premier Ministre, Mme la Ministre,

 

Evénement historique dans l’histoire du travail social en France, cela se passe maintenant, le 16 mars 2011, 4 millions de travailleurs sociaux au service de la population française.

 

Avec un groupe de travailleurs sociaux, nous sommes à l’origine de l’appel à la Grève Générale à l’échelle Nationale de tous les travailleurs sociaux le 16 mars 2011 avec l’accord d’un groupe de forumeurs et de facebookers dont je fais parti.

 

Je vous informe que tous les travailleurs sociaux des services publics et privé, les centres et écoles de formations du travail social, les associations professionnelles du travail social…

 

  • ONES (organisations nationale des éducateurs spécialisés),
  • ANAS (association nationale des assistants sociaux),
  • France ESF (association Française des conseiller(e) en économie sociale et familiale,
  • FNEJE (fédération nationale des éducateurs de jeunes enfants

 

Ainsi que tous les syndicats (CGT, CFDT, CFTC, UNSA, FO, FA-FPT, SNUAS…), ont répondu favorablement à notre appel, ils soutiennent ce mouvement. D’autres syndicats nous ont déjà rejoins.

 

C’est à ce titre, qu’en qualité de travailleur social de formation pluridisciplinaire, titulaire des diplômes d’Etat : (DUT carrière sociales, animateur DEFA, éducateur spécialisé, assistant de service social…), Master 2  ingénieur en développement social et de projet, que je me permets de vous interpeler sur la situation des professionnels en travail social.

 

Les diplômes d’Etat du travail social  (DEASS, DEES, DEETS, DECESF, DEEJE, DEFA) sont injustement classés  au niveau III (Bac+2). Ces diplômes d’Etat s’obtiennent après trois années de formation post-baccalauréat. Il est primordial que ces diplômes soient reconnus au grade Master 1 et à défaut au grade licence ainsi que son homologation au niveau II du RNCP.

 

L’ensemble des travailleurs sociaux veulent obtenir la reconnaissance de leur  diplôme d’Etat à  bac+4 voire bac+3 conformément aux directives européennes pour les diplômes de l’enseignement supérieur.

Les travailleurs sociaux demandent cette reconnaissance depuis trente ans. En 1971 une première grève continue de deux mois à Paris à l’initiative des assistants sociaux pour les mêmes revendications, mais qui n’ont pas aboutis.

Après  la lutte des assistants sociaux en 1991, elles sont restées mobilisées, toujours pour les mêmes revendications. Quand aux éducateurs et animateurs sociaux, mobilisés  depuis 1970  pour la reconnaissance de leurs diplômes au niveau II…n’ont pas eu plus de succès...

 

En janvier 2011, les associations  professionnelles du travail social ont de nouveau envoyé une nouvelle lettre conjointe au Président de la République et des rendez vous ont été demandé auprès de la Ministre de l’Enseignement Supérieur, Valérie Pécresse, du directeur de la DGCS et du président de la Commission nationale des certifications professionnelles (CNCP). Mais tous ces dirigeants et responsables politiques ont rejeté catégoriquement toutes nos revendications pour la reconnaissance des diplômesau niveau II et leur classement en catégorie A. C’est inacceptable.

 

Pour les syndicats qui interviennent conjointement depuis vingt ans pour la reconnaissance et le classement en catégorie A des travailleurs sociaux. Il s’agit, dans le cadre de la négociation relative à la réforme des différentes filières des fonctions publiques d’adapter les cadres d’emploi des travailleurs sociaux en les classant en catégorie A afin de prendre en compte le niveau des formations ainsi que l’évolution des missions exercées.

Les associations professionnelles, quant à elles, défendent les professions dans toute l’acception du terme quelque soit le lieu d’exercice et la défense de la profession qui passe par une reconnaissance des diplômes à leur juste valeur.

 

Tous les Travailleurs sociaux libres que je représente dans ce combat de la reconnaissance des professions du travail social, nous sommes associés tout naturellement aux  associations professionnelles, et aux différentes organisations syndicales, avec le même objectif : obtenir la reconnaissance des diplômes équivalent à Master1 ou licence à défaut et le classement en catégorie A pour les travailleurs sociaux de la fonction publique et Cadre pour les travailleurs sociaux du secteur privé.

Lors de la réunion du 31 janvier 2011, l’ensemble des acteurs sociaux ont décidé de la création d’un groupe stratégique chargé de mettre en place les initiatives d’actions communes et/ou convergentes. L’important étant d’agir avec une même volonté et un même discours. Les Travailleurs sociaux libres se positionneront et prendrons les décisions nécessaires et adaptées sur les futures mobilisations…

 

Depuis les années 1990, la majorité des étudiants en travail social poursuivent leurs études après leur diplôme d’Etat au niveau Master. (Des conventions de formations licence-Master sont signées entre les écoles et centre de formation en travail social et les Universités).

 

Nous « les travailleurs sociaux libres » sollicitons votre intervention M. le premier Ministre et Mme la Ministre, afin de réparer cette injustice. C’est pourquoi, je me permets de vous interpeler sur la situation des professionnels en travail social.

La France se trouve dans une situation de non respect des directives européennes N° 89/48/CEE du Conseil – le 21 décembre 1988 et N° 2005/36/CE du Parlement européen et du Conseil - le 7 septembre 2005.

 

A cet effet, je vous adresse le texte de la pétition que j’ai signé.

 

Nous souhaiterions connaître les interventions que vous pourriez mettre en œuvre rapidement afin de mettre fin à ces discriminations. Il est de mon devoir de vous  informer de l’extrême gravité de la situation des travailleurs sociaux qui sont arrivés à un point de non retour, s’ils n’obtiennent la reconnaissance légitimes de leur droit légitimes (diplômes à Master, cadre A). D’autres actions d’envergure sous différentes formes sont prévues…

 

Nos revendications sont pour les travailleurs sociaux :

 

  • la reconnaissance des diplômes d’Etat du travail social au grade  Master
  • le classement en catégorie A pour les travailleurs sociaux de la Fonction Publique
  • le classement en position Cadre dans toutes les conventions collectives du secteur privé
  • le classement Cadre de niveau 6 dans les conventions collectives des organismes de sécurité sociale

Les travailleurs sociaux assument des fonctions et des responsabilités toujours plus importantes. Ils sont incontournables à tous les étages de la société au même titre que l'infirmière et le médecin, l'avocat le magistrat ou le policier, mais c'est à nous de le démontrer. Par ailleurs, les CIP (conseiller d’insertion et de probation) ont obtenu une revalorisation de leur corps professionnel, par la revalorisation de l’indice de rémunération identique à celui des infirmières classé en catégorie A. Cela reste insuffisant, les CIP revendiquent comme les travailleurs sociaux leur classement en catégorie A.

 

En Europe et dans le monde,  les travailleurs sociaux sont reconnus cadres, avec la reconnaissance de leur diplôme à Bac+4 au minimum, quand ce n’est pas au niveau Master 2 (Bac+5).

 

La France, pays des droits de l'homme, de la justice et de l'égalité, n'applique pas cette règle d'équité et de justice aux travailleurs sociaux. Elle ne respecte pas la règle d’harmonisation des diplômes du travail social au niveau européen.

 

La France est le dernier pays à ne pas se conformer aux directives européennes en faveur des travailleurs sociaux pour la reconnaissance à Master des diplômes sociaux français.

 

A titre d’exemple, un travailleur social débutant diplômé d’état (éducatrice spécialisée ou assistante de service social) perçoit en moyenne un salaire de 1100€ mensuel, alors qu’elle devrait percevoir un salaire d’environ 3200€ net mensuel (diminution des salaires et gel des salaires à répétitions depuis 30 ans). Combien de temps encore supporteront nous cette injustice et cette humiliation... 3200€ net mensuel c’est le salaire que perçoit un travailleur social débutant en Europe (Angleterre, Italie, Belgique…), en Suisse, au Etats-Unis, au Canada...

 

Depuis trente ans, les travailleurs sociaux subissent la précarité de leur statut non valorisé et méprisé à tort. Ils ont été oubliés et écartés de toute promotion par le politique. 

Les instituteurs niveau baccalauréat, sont devenus professeurs et reconnus au niveau Master (Bac+5),  les infirmières ont été classées à Bac+3 et cadre A, avec le projet de voir leur diplôme classé à Bac+5, à juste titre.

 

Sans nous les travailleurs sociaux, c'est la guerre civile qui guette la France…

Je suis fier d'être un travailleur social, le Gouvernement nous doit réparation pour l'injustice que nous subissons.

Notre travail social consiste à agir pour le bien-être des publics fragilisés en leur apportant toutes nos compétences.

 

Nous, les travailleurs sociaux, il est temps que nous pensions à nous. C'est à notre tour d'améliorer nos conditions de travail et de libérer notre parole. N’ayons plus peur et avançons sans crainte vers notre destin.  Nos professions du social sont menacées encore de dé-classification voire de disparition si nous n’intervenons pas maintenant.

 

Nous avons droit au RESPECT, et ce RESPECT, passe par l'acceptation de l'ensemble de nos revendications.

Nous n'avons plus rien à perdre M. le Premier Ministre et Mme la Ministre, le destin de nos professions se décide le 16 mars 2011 entre le Gouvernement que vous représentez et les syndicats. Nous les Travailleurs sociaux libres seront présents et mobilisés, solidaires et unis pour la première de notre histoire. Le 16 mars, les travailleurs sociaux seront tous présents devant le CSFPT.

 

Les travailleurs sociaux libres se tiennent à la disposition de tous ceux et celles qui veulent le changement et la justice (...).

 

Vous remerciant par avance, et dans l’attente de vos nouvelles, nous vous prions de recevoir Monsieur le Premier Ministre et Madame la Ministre, l’expression de notre haute considération.

 

Patrick Guichard

 

 

 

 

PS : (Lettre transmise aux responsables politiques…)



19/04/2011

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