Les travailleurs sociaux libres

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Agression d'une éducatrice, la justice condamne son employeur

TSL : Face à la lâcheté de la direction du foyer de l'Oustalet à Agen, la justice a été enfin rendu en faveur de Marie-Line cette courageuse éducatrice victime d'une très grave agression pendant son travail. Nous souhaitons à notre collègue de retrouver la sérénité et la santé ainsi que la réussite dans de nouveaux projets de vie. Tous les (TS) travailleurs sociaux sont concernés par la violence au quotidien dans leur travail, et le risque possible d'une agression est bien réelle, mais également le non soutien de l'employeur. C'est la raison pour laquelle les TS doivent être solidaires et ne pas hésiter à saisir la justice.

 

 

Agen. Cinq ans après son agression, l'éducatrice souffle enfin

 

     JOURNAL LADEPECHE.FR

  • Marie-Line veut tirer un trait sur son agression. Photo DDM,./ S.B.
Marie-Line veut tirer un trait sur son agression. Photo DDM,./ S.B.
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Marie-Line Lapeyronie veut tirer un trait. Agressée en septembre 2014 par une résidente d'un foyer pour mères isolées d'Agen, elle a été licenciée avec beaucoup de fracas et des pertes aussi. Elle vient d'obtenir réparation auprès de la justice.
 

Jeudi au foyer de l'Oustalet à Agen, un éducateur a reçu un coup. L'agresseur est mineur. C'est une énième illustration du quotidien de ces salariés d'associations en prise directe avec l'enfance ou l'adolescence instables. Marie Line Lapeyronie a peut-être lu ces lignes dans «La Dépêche du Midi». Elle a peut-être souri, se souvenant de son expérience.

Une «cocotte-minute»

Dans la nuit du 14 au 15 septembre 2014, elle est séquestrée, frappée. Elle est à l'époque surveillante de nuit. «J'aimais l'idée de ce métier car les uns et les autres, on peut contribuer à aider ces situations difficiles, on peut participer à la restructuration de ces vies de jeunes adultes déboussolés.»

 

L'agresseur est une jeune mère isolée, qui ne se maîtrise pas cette nuit-là. «J'avais alerté mes responsables sur le danger qu'elle pouvait représenter à la fois pour elle-même et pour son entourage. C'était une cocotte-minute, elle est devenue hystérique, hors d'elle. Je ne pouvais pas, je ne voulais pas sortir car cela voulait dire que je lâchais mon poste, et les autres résidentes.»

 

Les coups pleuvent. La jeune maman tient son enfant dans les bras, comme bouclier humain. «Je te saigne maintenant ou on attend ?» La phrase résonne encore. Le couteau n'est pas loin. Une arme à feu est retrouvée ensuite dans l'appartement. Le calvaire dure une heure, avant l'intervention des forces de l'ordre et des pompiers.

 

Après l'agression, le calvaire dure pendant cinq ans. Bénéficiant d'un arrêt de travail pendant six mois, Marie-Line reçoit l'accord d'un médecin du travail pour reprendre le chemin du foyer l'année suivante. C'est sans doute trop tôt. L'inaptitude totale «pour danger immédiat» est acquise. La surprise d'après vient surtout de son employeur. «J'ai perdu mon travail sans doute parce que je l'avais bien fait.» Elle est licenciée pour inaptitude. La jeune mère a été condamnée.

Double victoire en justice

La violence est en deux temps, double. À celle de cette nuit de cauchemar succède les agissements des dirigeants de l'association. Elle décide d'attaquer. Le tribunal des affaires de sécurité sociale (TASS) lui accorde une faute inexcusable de l'employeur. Au Conseil des prud'hommes, il faut un juge professionnel pour finalement la débouter. Elle fait appel et vient d'obtenir gain de cause en appel.

« C'est sans doute la fin de l'histoire pour moi mais combien de travailleurs sociaux n'ont pas les moyens de se faire entendre ? »

 

Marie-Line conserve des contacts chez ses anciens collègues. «On est dans une vraie banalisation de la violence. Au-delà de ce qui m'est arrivé comme à d'autres, la violence institutionnelle existe.

 

J'ai perdu mon boulot car j'ai osé parler de dysfonctionnements et j'ai osé dire que la direction n'était pas à la hauteur. Aujourd'hui, d'anciens collègues sont en arrêt maladie.»

 

Aucun regret dans sa voix, mais le constat qu'il faut «parler de ça. Imaginez seulement que le Comité d'hygiène et de sécurité au travail (CHSCT, NDLR) ne s'est pas saisi de mon agression. Je continue d'entendre parler d'horreurs dans ce foyer. L'accoutumance à la violence est terrible.»

 

S. Bersauter

 

Source : https://www.ladepeche.fr/2019/04/05/cinq-ans-apres-son-agression-leducatrice-souffle-enfin,8111817.php



30/12/2019

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