Les travailleurs sociaux libres

Les travailleurs sociaux libres

Armée du Salut et reinsertion : En finir avec les stéréotypes !

Armée du Salut et réinsertion : En finir avec les stéréotypes !

 

Nous vous présentons un article publié dans le journal Libération où ALAIN RAOUL directeur général de l’Armée du salut, nous fait part de son analyse sur l'exlusion sociale et les stéréotypes ainsi que le travail d'accompagnement des travailleurs sociaux...

 

L’exclusion sociale est un fléau qui touche différentes catégories sociales, et lutter contre les stéréotypes est une tâche bien difficile. Cependant, malgré les obstacles, l’Armée du salut acteur majeur de la lutte contre l’exclusion depuis plus de cent trente ans, aide toutes les personnes, aux profils et vies différents, à se reconstruire. En fonction des problématiques rencontrées, les travailleurs sociaux les accompagnent aux portes de la réinsertion, quelles que soient leurs difficultés.

 

 

 

L’exclusion sociale est un fléau, les TSL partagent la même analyse...

 

 

 

 

 Voici l'article !

 

Journal Libération - Publié le 18 juillet 2012

 

Réinsertion : En finir avec les stéréotypes

 

Sans domicile fixe, sale, souvent alcoolique, potentiellement violent et souffrant de troubles psychiques, voici le profil type correspondant, dans l’imaginaire collectif, à l’étiquette : «Personne en grande difficulté sociale». Il y a pourtant, sous cette étiquette, de nombreux visages. Et c’est parce que l’apparence physique de certains peut être choquante, voire effrayante, que ce stéréotype est né et s’est incrusté dans les esprits.

 

Mais la réalité est tout autre. L’exclusion sociale est un fléau qui touche aussi le salarié sous contrat précaire qui ne parvient pas à payer son loyer, la femme avec enfant victime de violences conjugales, le jeune sans formation à la recherche d’un emploi, la personne sortant tout juste de prison, etc. Or, la grande majorité de ces personnes, bien qu’en grande difficulté, n’est ni alcoolique ni violente. Et pourtant, toutes, quelles que soient les raisons de leur exclusion, sont victimes de ces idées reçues.

 

L’Armée du salut, acteur majeur de la lutte contre l’exclusion depuis plus de cent trente ans, aide chacune de ces personnes, aux profils et vies différents, à se reconstruire. En fonction des problématiques rencontrées, les travailleurs sociaux les accompagnent aux portes de la réinsertion, quelles que soient leurs difficultés.

 

Surmonter un accident de vie requiert du courage, de la persévérance et de la confiance en soi ; ce qui en fait une étape particulièrement difficile à surmonter pour des individus dont l’estime de soi a souvent été érodée par des échecs successifs (sortie prématurée ou sans diplôme du système scolaire, perte d’emploi, rupture familiale…).

 

Or, c’est à la dernière étape du long chemin vers la réinsertion que la persistance de tels stéréotypes, dans notre société, est profondément nuisible pour ces personnes. Quel est le point commun entre un propriétaire qui refuse de louer un appartement à une femme longtemps hébergée dans une résidence sociale, et un employeur qui refuse un entretien à un demandeur d’emploi résidant dans l’un de nos établissements sociaux ?

 

Comment expliquer les obstacles qui se dressent devant les associations quand il s’agit d’organiser, dans certains quartiers, une distribution alimentaire d’urgence ou même de maintenir ouverts certains établissements sociaux, dans des communes où la mixité sociale n’est pas de mise ? La réponse est simple : l’idée reçue selon laquelle une personne en difficulté, qui reçoit une aide, a généralement une attitude présumée violente ou instable ou un penchant pour l’alcool. Et ce stéréotype est suffisamment prégnant pour être dissuasif.

 

Il est évident que tout le travail d’accompagnement effectué par les associations se trouve alors rapidement mis à mal ; d’où l’urgence de combattre la persistance de ces stéréotypes.

Lutter contre une idée reçue est une tâche difficile du fait de sa nature même. Mais elle n’est pas pour autant impossible, si l’on agit en amont pour limiter leur transmission de génération en génération.

 

L’arrivée au pouvoir d’une nouvelle majorité, qui entend refonder le cadre de l’enseignement scolaire, est l’occasion d’agir sur les valeurs transmises aux plus jeunes. Il faut saisir cette opportunité pour mettre l’accent sur ce sujet, dès les séances d’instruction civique dispensées au primaire. A l’instar du stage en entreprise, les élèves de classe de 3e pourraient également avoir la possibilité de faire un stage d’observation auprès des associations accueillant des personnes en grande difficulté, afin de se faire une idée précise des difficultés que rencontrent ces dernières. Autant de pistes que nous trouvons urgent de creuser.

 

Par ALAIN RAOUL Directeur général de l’Armée du salut

 

Source :

http://www.liberation.fr/societe/2012/07/18/reinsertion-en-finir-avec-les-stereotypes_834145



10/08/2012

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 3039 autres membres