Les travailleurs sociaux libres

Les travailleurs sociaux libres

Qu'est ce qu'un travailleur social ?

 

     Qu'est ce qu'un travailleur social ?

 

 

Définition du travail social adopté par le ministère des Solidarités et de la Santé le 23 février 2017

 

Le travail social est un ensemble de pratiques professionnelles qui s’inscrit dans un champ pluridisciplinaire et interdisciplinaire.
Il s’appuie sur des principes éthiques et déontologiques, sur des savoirs universitaires en sciences sociales et humaines, sur les savoirs pratiques et théoriques des professionnels du travail social et les savoirs issus de l’expérience des personnes concernées, dans un processus de co-construction.
Il se fonde sur la relation à l’autre, dans sa singularité et le respect de sa dignité. Il vise à permettre l’accès effectif de tous à l’ensemble des droits fondamentaux et à assurer la place de chacun dans la cité.
Le travail social s’inscrit historiquement dans les valeurs républicaines, le respect des droits de l’homme et du citoyen et la Constitution. Les principes de solidarité, de justice sociale, de laïcité, de responsabilité collective, et le respect des différences, des diversités, de l’altérité sont au coeur du travail social.
Dans un but d’émancipation, d’accès à l’autonomie, de protection et de participation citoyenne, le travail social contribue à promouvoir, par des approches individuelles et collectives, la transformation sociale, le développement social, la cohésion de la société. Il participe au développement du pouvoir d’agir des personnes et des groupes dans leur environnement.
En cohérence avec la définition internationale, et défini au niveau national, le travail social se décline sur les territoires dans le respect des principes généraux énoncés.

 

Adoption de la définition du travail social dans le code de l'Action Sociale et de la Famille  Décret n°2017-877 du 6 mai 2017

 

Travail social : se former à des métiers d'excellence

 

Actuellement, pour devenir travailleur social, il faut effectuer une formation professionnelle qui conduit à un diplôme d'état de niveau V (CAP-BEP) et IV (bac), BTS-DUT (bac+2), DEFA (bac+3 + 4) au Master (bac+5) et Doctorat en travail social (bac+8).

 




La famille des travailleurs sociaux regroupe plusieurs corps professionnels. La liste n'est pas exhaustive, elle comprend donc :

 

L'assistante de service social, l'éducatrice spécialisée, la conseillère en économie sociale et familiale, l'éducatrice de jeune enfant, l'éducateur technique spécialisé, les animateurs socioculturels (dont les titulaires d'un DEFA), l'éducatrice de la protection judiciaire et de la jeunesse, le conseiller d'insertion et de probation, la monitrice-éducatrice, la technicienne en intervention sociale et familiale, l'auxiliaire de vie, l'assistante maternelle, l'aide médico-psychologique, l'agent de développement social...

 

Le travail social est féminisé à 95% et compte plus de quatre millions de professionnels en activité. Toutes ces professions sont soumises à une obligation de discrétion et à la confidentialité des entretiens avec le public auprès duquel ils interviennent. Certains sont soumis au secret professionnel en fonction de leur mission. Une part importante est recrutée par les collectivités territoriales (conseils généraux, hôpitaux...), le secteur associatif, les organismes de sécurité sociale et les entreprises.

 

Depuis une vingtaine d'années, une minorité d'assistants sociaux, d'éducateurs spécialisés, d'animateurs..., après environ trois années de pratique professionnelle s'installent en cabinet libéral. L'activité libérale chez les travailleurs sociaux est un nouveau marché en voie de développement.

 

L'assistant de service social quant à lui, est soumis à l'obligation du secret professionnel de par la loi. Cette profession est réglementée et son titre protégé: nul ne peut exercer cette profession s'il n'est détenteur du diplôme d'état.

 

Pour devenir travailleur social, il faut effectuer une formation professionnelle qui conduit à un diplôme d'état de niveau V (CAP-BEP) et IV (bac).

 

D'autres formations du travail social exigent un haut degré de qualification et de compétence de niveau équivalent à minima au BTS-DUT (bac+2) au Master (bac+5) et Doctorat en travail social (bac+8).

 

La maîtrise de l'art du travail social nécessite des connaissances approfondies exigeant un niveau de formation équivalent à l'ingénierie de niveau (bac+5) Master, comme par exemple les professions suivantes :

 

DEASS (diplôme d'état assistant de service social), DEES (diplôme d'Etat éducateur spécialisé), DECESF (diplôme d'état de conseiller en économie social et familial), DEEJE (diplôme d'état d'éducateur de jeune enfant), DEFA (diplôme d'état relatif aux fonctions d'animation), DEETS (diplôme d'état d'éducateur technique spécialisé), DECIP (diplôme d'état de conseiller d'insertion et de probation), DEEPJJ (diplôme d'état d'éducateur de la protection judiciaire et de la jeunesse).

 

 L'exercice de ces professions s’articulent autour de :

    • l'ingénierie sociale (...)
    • la connaissance des institutions publiques et privées
    • la connaissance des politiques publiques, sociales et de la ville,
    • la mise en œuvre et l'application des politiques publiques...
    • les problématiques sociales (santé, emploi, finance, logement, précarité...)
    • les techniques d'entretien (individuel et collectif)
    • la connaissance des publics
    • éthique et déontologie
    • l'accompagnement social et éducatif
    • l’expertise et le conseil
    • la conception et le développement
    • l'expertise sociale
    • le travail en équipe pluridisciplinaire
    • le partenariat
    • le management
    • l’évaluation
    • la recherche
    • le droit du travail et de la protection sociale
    • la sociologie, psychologie, économie, gestion
    • (...)

La formation se déroule en alternance: cours théoriques avec des stages obligatoires. Elle comprend des enseignements théoriques dans plusieurs disciplines des sciences humaines, économiques, sociales et juridiques (droit, protection sociale, sociologie, anthropologie, ethnologie, psychologie, sciences de l'éducation, science de l'animation, science de l'information, communication, psychosociologie, psychopédagogie, méthodologie, économie, démographie,  gestion, comptabilité, santé, techniques...)

 

Pour la réglementation des professions du travail social

 

La majorité des travailleurs sociaux (éducateur spécialisé, conseiller en économie sociale et familiale, éducateur technique spécialisé, éducateur de jeunes enfants, technicienne en intervention sociale et familiale, moniteur-éducateur, aide-médico-psychologique, auxiliaire de vie sociale...), souhaitent voir évoluer leurs professions avec les mêmes droits et obligations que la profession d'assistant de service social et de psychologue par exemple (obligation du secret professionnel, titre protégé...).

 

La réglementation de tous les corps professionnels du travail social, finalisée par un code de déontologie obligatoire intégrant le secret professionnel promulgué par une loi, est primordiale et devient impératif.

 

Le projet d'une réglementation européenne des professions du travail social est à l'étude. En France, les responsables du secteur public et privé et les travailleurs sociaux doivent prendre part à ces travaux, car elle permettra une protection du métier par la qualification (obligation d'être titulaire du diplôme d'état) pour pouvoir exercer. Ce cadre réglementaire permettra de prévenir les déqualifications et les écarts professionnels de toute nature.

 

D'une part, c'est aussi une garantie pour l'usager et le travailleur social qui s'engage à mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour atteindre les objectifs définis en accord avec la personne.

 

D'autre part, c'est reconnaître la qualité des enseignements dans le cadre de la formation et les compétences des praticiens de terrain.

 

Rendre obligatoire la réglementation des professions du travail social, c'est s'engager dans un processus de reconnaissance et de promotion de toutes ces professions.

 

Reconnaissance des diplômes et des statuts

Cependant, ces professions, qui pourtant concourent au processus de cohésion sociale et d'aide à la population et dont le niveau d'étude équivalent à une formation d'ingénieur, sont déqualifiés injustement au niveau bac+3, même si  l'accréditation de 180 crédits européens (bac+3 par un arrêté du 25 août 2011 avec le grade licence décret 2018) est une avancée significative, il n'en demeure pas moins, que le niveau des diplômes d'état en travail social (AS, ES, CESF, EJE, ETS) reste sous-évalué car leur niveau est équivalent à un Master universitaire.

 

En effet, ces professions ont été reconnues dans une sous catégorie A au rabais (petit A) dans la fonction publique le 1er février 2019, avec pour conséquence une rémunération  et un déroulement de carrière similaire à la catégorie B, alors que TSL et certaines organisations syndicales revendiquaient légitimement l'intégration de ces professions dans le cadre d'emploi des Attachés de catégorie A de la fonction publique.

En ce qui concerne la catégorie Cadre dans le secteur privé la reconnaissance se fait attendre, ce qui entraîne une discrimination dans les carrières professionnelles. Les travailleurs sociaux sont lésés et leurs droits ne sont pas respectés.

 

C’est pourquoi, les travailleurs sociaux libres,

revendiquent la reconnaissance et l'intégration de ces métiers (AS, ES, CESF, EJE, ETS) dans une vraie catégorie A pour les travailleurs sociaux de la fonction publique ainsi que le statut Cadre pour les travailleurs sociaux du secteur privé (associations, entreprises), et  cadre de niveau 6 pour les travailleurs sociaux des organismes de sécurité sociale,

l'inscription des diplômes d'Etat au niveau I (bac+5) au RNCP français (répertoire nationale des certifications professionnelles) ainsi que le grade Master pour les professions suivantes:

  • assistant de service social
  • défasien (DEFA)
  • conseiller d'insertion et de probation
  • conseiller en économie social et familiale
  • éducateur de jeune enfant
  • éducateur de la protection judiciaire et de la jeunesse
  • éducateur spécialisé
  • éducateur technique spécialisé

Nous revendiquons aussi la revalorisation statutaire de toutes les professions du travail social et de l'animation et de leurs diplômes à partir du niveau CAP-BEP.

 

En effet, les formations du travail social (assistant social, éducateur spécialisé, éducateur technique spécialisé, éducateur de jeunes enfants, conseiller en économie social et familial, défasien) comptabilisent en moyenne un volume horaire de 3500 h concentrées sur trois années de formation intensives (non comprise la charge de travail). Ils n'obtiennent qu'une modeste reconnaissance du grade licence (bac+3), alors qu'ils devraient être reconnus au niveau Master.

 

Face à cette injustice, cette discrimination et ce mépris que continuent de subir les travailleurs sociaux sur la non reconnaissance du niveau réel de leurs diplômes, les travailleurs sociaux libres décident la poursuite du combat et revendiquent la reconnaissance de leurs diplômes au grade Master qui correspond au niveau réel de ces diplômes d'état.

 

Pourquoi ? Parce qu’ils effectuent trois années d’études pots-bac très denses concentrées sur trois années d’études. Le nombre d'heures est évaluées à 3500 h de formation (charge de travail non comprise) qui équivalent un Master dans les sciences humaines et sociale, mais n'est reconnue qu'au grade de la licence. En additionnant la charge de travail, le volume horaire global est de 5040 heures de formation équivalent à un Master universitaire.

 

Comme par exemple : la formation d'assistant de service social qui comptabilise 1860 h d'enseignements théoriques et 1680 h de stages soit un total de 3540 h. La charge de travail est évaluée à 1500h + 3540 h (enseignement+stages), soit un total de 5040 h pour la profession d'assistant de service social. Les autres formations du travail social sont calculées sur le même modèle.

 

Les formations du travail social comptabilisent plus d'heures de formation que certaines professions para-médicales et médicales (orthophonistes, masseurs kinésithérapeutes...) mais aussi des Masters en sciences humaines et sociales que délivrent les universités.

 

C'est le Grade MASTER que nous voulons ! Les masseurs kinésithérapeutes et les orthophonistes avec leurs trois ans d'études pots-bac pour l'un et quatre ans pour l'autre, l'ont obtenu en juillet 2012, cliquer içi et içi, alors pourquoi pas nous travailleurs sociaux ? Grâce à la valorisation de leurs diplômes, désormais la formation d'orthophoniste sera organisée sur cinq ans pour l'obtention du Grade MASTER (bac+5), tandis que la profession de masseur kinésithérapeute obtient de droit le Grade Licence (180 crédits). Il lui est accrédité en plus 60 ECTS supplémentaires, soit 300 crédits niveau (bac+5) avec le Grade Master. Pourtant, leurs diplômes d'état comportent moins d'heures de formation que ceux des travailleurs sociaux. Quelle ironie !

 

Nous vous conseillons vivement de prendre connaissance du travail remarquable d'étude et d'expertise approfondi du SNUAS-FP (syndicat national unitaire des assistants sociaux de la fonction publique), sur le statut professionnel et le niveau des diplômes du travail social (DEASS, DEES, CESF, EJE...).

Ce syndicat composé d'universitaires (Docteurs) et d'experts en travail social, affirme sans aucune ambiguïté, tout en faisant la démonstration avec des exemples concrets et irréfutables, que nos diplômes en travail social sont tous équivalents aux diplômes universitaires de niveau (bac+5) Master, parce qu'ils sont tous construits sur le même modèle pour le calcul des ECTS.

Pour prendre connaissance du travail d'étude et d'expertise de ce syndicat, cliquez içi

 

Ces diplômes font l’objet d’une sous-évaluation de leur réel niveau qui équivalent un Master et d'une dé-classification statutaire et salariale, alors que leurs formations ont été rénovées pour répondre aux exigences européennes, dans le cadre du système L-M-D (Licence-Master-Doctorat) établit en France et conforme à l'Europe, dont la France est signataire, mais qu'elle ne respecte pas pour les diplômes d'état en travail social français cité ci-dessus.

 

En effet , le processus de Bologne du 19 juin 1999, initie la réforme des diplômes au niveau européen et introduit un système de grade académique facilement reconnaissable et comparable : les ECTS (système de transfert de crédits européens)

 

Les ECTS servent à quantifier le volume et la charge de travail nécessaire pour réussir une année d’étude complète c’est à dire : les cours magistraux, les travaux pratiques, les séminaires, les stages, les recherches, le travail personnel et les examens ou autres modes d’évaluation éventuelles.

 

Le grade Licence est validé par l’obtention de 180 crédits (ECTS) auquel il faut rajouter 60 ECTS pour le Master1 et 60 ECTS supplémentaires pour le Master2.

 

Avec la réforme des diplômes du travail social français (DEASS, DEES...), la concentration du nombre d'heures de cours théoriques, de stages pratiques, d’heures de travaux personnels..., est équivalent au master 300 ECTS niveau Master (1 crédits est égal à 25 heures de travail). Cela positionne ces diplômes du travail social à Master et au niveau 7 du cadre européen de certification (CEC) selon les descripteurs de Dublin.

 

Diplôme Master : Organiser les formations en travail social sur cinq années d'études pour les (AS, CESF, ES, EJE, ETS), au lieu de trois actuellement.

Afin de préparer l'avenir de nos professions en travail social et construire nos métiers de demain, il est primordiale que les travailleurs sociaux soient hautement qualifiés. Nos compétences et notre haut niveau d'expertise doit être reconnues. Face aux nouveaux enjeux sociétales et politiques, il est impératif de prioriser le développement et la qualité des services de protection sociale et de santé. Les travailleurs sociaux ont toujours su s'adapter pour apporter les réponses aux besoins et aux problématiques de la population. Afin de protéger et favoriser la qualité des métiers du travail social, nous demandons que les formations préparant au métier d'assistant de service social, d'éducateur spécialisé, conseiller en économie sociale et familiale, éducateur de jeunes enfants, éducateur technique spécialisé, soient organisées sur cinq années d'études, au lieu de trois actuellement.

 

Essai d'une définition du travailleur social :

 

Le travailleur social est un professionnel de l'aide et de l'accompagnement social.

 

 "Le travailleur social est un professionnel qui œuvre dans le domaine de l'action sociale au sens large. Il intervient dans le cadre de la prévention, l'insertion et l'accompagnement des adultes. Il se retrouve sur la première ligne pour comprendre, aider et répondre aux besoins de ses publics. Il se retrouve à la première place pour gérer, comprendre, interpréter et résoudre les besoins de la population. Il favorise le développement des potentialités et veille au respect de la dignité des personnes.

En effet, il doit généralement répondre à une mission qui lui est conférée dans le cadre des fonctions d'une institution, souvent dans le but de faciliter l'insertion d'individus.

Le travailleur social intervient auprès des personnes, des familles, des groupes, et des collectivités. Par ses conseils ou par les projets qu'il met en place, il cherche à prévenir les inégalités d'accès aux biens et aux services, à faciliter l’adaptation d’individus à leur environnement et à solutionner ou réduire certaines difficultés d’ordre social. Il aide à clarifier les besoins des personnes, à cerner la source de leurs problèmes, à trouver et à mettre en œuvre les solutions qui leurs conviennent, à revendiquer leurs droits, à effectuer des changements sociaux et à influencer les politiques sociales.

Sa pratique se base sur des principes d’autodétermination, de réduction des inégalités sociales, d’amélioration de la qualité de vie et de défense des droits. Ceci pour tendre vers une société ou chacun aurait pleinement sa place en rendant les individus acteurs de leur propre développement personnel"

Bien sur, ces missions ne peuvent se réaliser sans la participation ACTIVE de la personne bénéficiant de cet accompagnement. Le travailleur social n'est pas là pour faire les choses à la place de la personne, mais seulement pour la soutenir et la conseiller.  

 

Ainsi bon nombre de personnes au cours de leur vie, passent, la plupart du temps, entre les mains de travailleurs sociaux sans s'en rendre compte :

 

- la TISF (technicienne en intervention sociale et familiale) et l'AVS (auxiliaire de vie) vous apportent leur soutien à domicile lorsque vous venez d'accoucher ou que vous êtes malade et avec des enfants en bas âge. Vous retrouvez aussi ces professionnelles dont les AMP (aide médico-psychologique) qui apportent leur aide aux personnes âgées en maison de retraite ainsi que d'autres professionnels comme l'assistante maternelle...

 

- l'éducateur de jeunes enfants (EJE) veille à l'épanouissement et à la sécurité de vos enfants que vous lui confiez à la crèche ou la halte garderie. Par différentes activités, elle cherche à stimuler les capacités intellectuelles, psychomotrices, émotives, sociales, morales et langagières de l'enfant, pour le préparer à la vie en société. Grâce à un accompagnement personnalisé de l'enfant, elle lui permet de devenir autonome et participe à sa socialisation. Elle aura également un rôle à jouer auprès des parents pour qu'ils prennent confiance dans leurs compétences parentales. Elle est secondée dans sa fonction par des professionnels qualifiés titulaire du CAP "Petite enfance», compétent pour l'accueil et la garde de jeunes enfants. Par ses différentes activités auprès de l'enfant, il contribue à son éducation. Il assure, en outre, l'entretien et l'hygiène de ses différents espaces de vie.

Depuis environ une dizaine d'année, le champ d'intervention des EJE c'est étendu avec un accroissement de responsabilité dans d'autres domaines de l'action sociale. Désormais, l'EJE travaille dans tous les établissements qui accueillent des enfants âgés de moins de 7 ans donc MECS, foyer, SESSAD, RAM, LAPE, IEM, IME, IES, ludothèque etc, parfois avec des missions identiques avec les éducateurs spécialisés et les assistantes sociales...

 

- l'assistante de service social : son action passe par l’information et le conseil. Elle intervient auprès des administrations ou organismes pour faire valoir ou rétablir vos droits. Elle s'assure de votre bien-être et au respect de vos droits dans votre (entreprise, administration...) lorsque vous êtes en maladie ou en accident du travail et quand vous vous retrouvez au chômage et à la retraite. Cette spécialiste de l'accompagnement social est compétente pour intervenir et vous accompagner dans tous les domaines de la vie (sociale, familiale...). Experte, elle vous conseille et vous oriente vers d'autres professionnels et institutions pour vous accompagner dans vos démarches administratives ou pour toutes autres demandes. L'assistante sociale peut aussi intervenir dans les cas de factures et de loyers impayés afin d’obtenir des délais de paiement et un échéancier de remboursements...

 

- l'animateur socioculturel regroupe plusieurs catégories de professionnels diplômés ainsi que des animateurs non professionnels. Il réalise en fonction de sa mission des activités récréatives, d'animation et d'éducation pour vos enfants et adolescents en centre social, centre d'animation, MJC, centre de loisirs, centre aéré et de vacances..., pendant que vous êtes au travail et pendant vos vacances comme par exemple les animateurs titulaire du BAFA (diplôme non professionnel), cliquez içi.

 

- L'animateur professionnel quant à lui, est le spécialiste de la relation sociale et du développement de projets, il contribue à la socialisation des personnes et des groupes. Créateur de lien social, il favorise la solidarité intergénérationnelle dans la cité et contribue ainsi à prévenir les risques d’exclusion sociale des personnes âgés, des jeunes, des étrangers, des familles monoparentales. Il accompagne les groupes sociaux et les individus dans leur développement personnel ou dans le développement social. Il participe à l'amélioration de l'environnement local, met sur pied des évènements culturels, propose des activités de loisirs ou d'éducation et contribue à mener à bien des projets collectifs (insertion, lutte contre la ségrégation, actions en rapport avec la sociabilité). L'animateur par le support de l'activité permet donc le développement des relations sociales de ceux qui y participent et l'augmentation de leur autonomie. Il participe à l'accompagnement et à l'insertion sociale et professionnelle des personnes en difficultés.

 

- La conseillère en économie sociale et familiale une spécialiste du quotidien. Elle a pour objectif d’aider les adultes à résoudre leurs problèmes de vie quotidienne. Toute son activité vise à soutenir des personnes ou des familles qui ne parviennent plus à se débrouiller seules. Elle leur apprend à gérer leur budget, à l’équilibrer et à prévoir les dépenses. Elle peut intervenir auprès de commissions de surendettement. En matière d’habitat, elle peut obtenir l’attribution d’un logement social ou le maintien de personnes dans leur logement. Elle intervient auprès des bénéficiaires du revenu minimum d’insertion (RMI) afin de briser leur isolement et d’améliorer leurs conditions de vie. Les compétences de la CESF s'étendent aussi dans d'autres domaines (l'alimentation, la santé, l'insertion sociale et professionnelle). Elle peut intervenir auprès des personnes ou des groupes.

 

- Les éducateurs encadrent les "jeunes en mal être" en accomplissant un travail de prévention, afin que les habitants des cités (dans lesquels nous vivons tous pour la plupart), soient rassurés. Ils interviennent aussi auprès de public présentant des handicaps en leur apportant au quotidien un accompagnement éducatif spécifique. C'est pour cela, qu'on les dit "spécialisés" (moniteur-éducateur, éducateur spécialisé, de la protection judiciaire et de la jeunesse,  éducateur technique spécialisé...). On retrouve aussi dans la famille des éducateurs, les assistants familiaux qui réalisent au quotidien un travail difficile mais combien important en faveur d'enfants ou de jeunes qui leur sont confiés dans le cadre d'un placement.

 

Peut-être avez vous chez-vous, ou en institution spécialisée, médicalisée ou bien dans votre entourage une personne (adulte, jeune, enfant) porteuse de handicap (surdité, cécité, handicap mental, infirmité, maladie dégénérative...) qui peut avoir une vie décente grâce à l'intervention d'éducateurs et d'une kyrielle de travailleurs sociaux qui œuvrent pour que leur vie soit la plus décente et la plus autonome possible.

 

Pour contribuer à la promotion du travail social et de ses métiers, nous vous invitons à signer la pétition en ligne, cliquez içi

 

Patrick Guichard

 


19/09/2011


Communiqué de presse urgent : demande de stage pour les étudiants en travail social

L'UNAFORIS déclare que les formations diplômantes du travail social sont attractives pour les étudiants parce qu’elles sont bâties pour moitié en centre et sur le terrain. Des formations professionnelles centrées sur l’action est un de leurs atouts majeurs. C’est aussi grâce à cette connaissance terrain que les employeurs peuvent ensuite les recruter en confiance dans leur employabilité immédiate.

 

Pour TSL les formations diplômantes du travail social ne sont absolument pas attractive, plusieurs articles ont été rédigé par des spécialistes sur le sujet, des études ont été réalisées en ce sens, et ont démontré leur non attractivité à tous les niveaux, comme par exemple au niveau salarial, les travailleurs sociaux français perçoivent un salaire qui fait parti des plus bas en Europe.

Des conditions de travail très dévalorisées et souvent dangereux pour les professionnels.

Des métiers dévalorisés et sous qualifiés.

Un management de gestion brutal sans considération de la dimension humaine.

Dans une récente étude menée par des chercheurs, les violences, agressions et suicides sont les plus  nombreux chez les travailleurs sociaux qui sont passés en tête des professions qui subissent le plus de violence.

 

Cependant TSL continue la lutte et demande des augmentations de salaire et de meilleures conditions de travail pour tous les travailleurs sociaux, et bien entendu des stages pour les étudiants, ainsi que la revalorisation du niveau des diplômes .

 

 

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03/12/2020


"Casa Legal": avocats et assistants sociaux associés sur le modèle des maisons médicales

 

Le schéma de la maison médicale comme modèle

Cette formule innovante permet de traiter simultanément les problèmes juridiques et sociaux des personnes qui viennent solliciter l’assistance de l’association. 

 

Pour TSL, c'est une excellente initiative que nous encourageons à reproduire...

 

RTBF.be - Publié le lundi 02 novembre 2020

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L'équipe de "Casa Legal" - © Patrick Michalle RTBF

 

Elles en rêvaient toutes les quatre et sont parvenues à le réaliser. Quatre avocates, Katia, Noémie, Clémentine et Margarita ont ensemble constitué " Casa Legal ", une association sans but lucratif associant également des assistants sociaux.

 

Le schéma de la maison médicale comme modèle

Cette formule innovante permet de traiter simultanément les problèmes juridiques et sociaux des personnes qui viennent solliciter l’assistance de l’association.

 

Pour Clémentine Ebert, l’une des quatre initiatrices du projet, c’est une vision commune qui a permis de passer à l’action : "On a toutes depuis quelques années des pratiques d’avocature et on s’est rendu compte, même en travaillant dans des domaines différents, qu’il manque quelque chose qui est vraiment la dimension interdisciplinaire. C’est de là qu’est né le projet de créer à l’image des maisons médicales, un nouveau concept de maison "sociojuridique". Cela permet un accompagnement plus adapté, plus humain pour les personnes que nous défendons en tant qu’avocat.

 

Pour le quatuor, il s'agit d'une "belle façon" d'exercer leur métier : "On tente de prendre le temps nécessaire à la rencontre pour avoir des gens qui vont réellement se livrer dans une relation de confiance avec l’équipe."

"Briser l’isolement"

Pour Margarita Hernandez-Dispaux, avocate spécialisée en droit de la famille et médiatrice, le projet "Casa Legal" permet de rester avocate tout en sortant de l’approche individuelle du métier. "Ici, on partage, on collabore, on a sans cesse des idées différentes sur les dossiers avec des angles variés à partir de nos vécus et de nos compétences spécifiques. C’est extrêmement enrichissant et c’est un véritable soutien pour ceux qui y travaillent."

 

Pour la jeune femme, c’est n’est pas par hasard que le projet est aujourd’hui porté par quatre avocates. En tant que femme, comme ses collègues elle a vécu les difficultés liées à sa maternité. Et cette situation particulière est aujourd’hui une des dimensions assumées du projet : "Depuis le début on tenait très fort à notre statut d’avocat, à la responsabilité que cela implique, à la valorisation du métier aussi parce qu’on l’apprécie très fort. En même temps, en tant que femmes, on se questionnait en permanence sur la manière d’aborder ce métier de front, en assumant notre condition de femme."

 

Mais au-delà de toutes ces dimensions, cette maison est une façon de se libérer de l'isolement inhérent au métier d'avocat : "Le métier d’avocat est très indépendant, avec beaucoup de solitude, notre projet a pour ambition aussi de dépasser cela.", conclut-elle.

 

Même constat chez Noémie Segers, avocate spécialisée en droit des étrangers depuis dix ans et qui a fait ses premières armes en Espagne, pays où les collectifs d’avocats sur le même modèle existent déjà : "Cela stimule ma motivation au travail car quand on est seul face à des dossiers on voit une montagne et on n’a pas toujours l’envie de l’escalader seule. Là, d’être avec des collègues dans ce projet, cela me donne vraiment envie de travailler et c’est un aspect très important, le désir de travailler. Et puis cette intelligence collective permet de s’entendre mieux sur les stratégies à suivre."

Ne plus être envoyé d'un service à l'autre

Pour les bénéficiaires qui consultent l’association, le principal intérêt est qu’ils peuvent livrer en une seule fois l’ensemble des éléments à l’origine de leurs difficultés. Sans plus tenir compte de barrières liées soit au statut de leur interlocuteur soit à sa spécialisation.

 

Pour Katia Melis, avocate au sein de "Casa Legal", de nombreuses associations d’aide fonctionnent bien et sont compétentes mais le problème c’est que les juristes qui y travaillent n’ont pas le statut d’avocat et ne vont donc pas pouvoir mener la procédure à son terme en cas de contentieux. "Le plus souvent la personne va une première fois parler à l’assistante sociale du service, puis une seconde fois exposer ses problèmes au juriste, et puis potentiellement une troisième fois, si elle y arrive, va voir un avocat extérieur à ce service", déplore-t-elle. "Trop souvent on perd alors les gens, surtout quand ils sont très précarisés, ils abandonnent parce qu’ils sont épuisés de raconter trois fois leur histoire et d’être baladés à trop d’endroits différents."

 

À la "Casa Legal", les avocats peuvent, si nécessaire, assurer la défense la personne devant une juridiction administrative ou un tribunal. C’est l’une des véritables spécificités du projet et l’une de ses plus grandes utilités pour les bénéficiaires de l’association.

Entretiens collectifs

Pour mieux comprendre comment fonctionne "Casa Legal", rien de mieux que

d' assister à un entretien. La rencontre a lieu dans les locaux situés dans l’ancienne caserne de gendarmerie d’Etterbeek, un endroit temporairement mis à la disposition d’associations sociales et culturelles. 

 

Madame C., d’origine congolaise, est venue exposer sa situation : "Arrivée il y a treize ans en Belgique avec ma fille est âgée d’un an et souffre d’un handicap, je me retrouve aujourd’hui privée de mon permis de séjour attribué à l’origine pour des raisons médicales.", explique-t-elle avant de poursuivre. "Pour les médecins qui ont examiné ma fille aujourd’hui adolescente, elle peut être soignée dans son pays d’origine. Et cela sans tenir compte de sa scolarité dans un établissement spécialisé en Belgique, ni des implants pour sa surdité qu’il faut superviser techniquement, ce qui sera difficile au Congo.

 

Cette décision administrative en a entraîné une autre, Madame C. n’a désormais plus accès à l’aide sociale avec comme conséquence de ne plus être capable de payer son loyer depuis deux mois. Mère et fille doivent pour survivre s’appuyer sur l’aide d’associations privées.

Meilleur suivi grâce au travail en binôme

Lors de la rencontre à "Casa Legal", deux avocats sont présents ensemble comme toujours pour écouter et définir la stratégie à mettre en œuvre. Ce binôme voulu permet aussi à l’un et l’autre de prendre un congé sans hypothéquer le suivi du dossier. 

 

Au terme de l’entretien, une stratégie a été définie avec Madame C. Pour les avocats, il faut agir sur deux terrains : "Un recours sera introduit à l’Office des Etrangers contre la décision de refus pour séjour médical. Ensuite on pourra se tourner vers le CPAS. L’aide sera en principe refusée car les CPAS ne sont pas financés pour aider la personne lorsqu’elle n’a pas ou plus de titre de séjour en règle. A ce moment-là il faudra sans doute entreprendre une procédure au tribunal du travail."

 

Aux côtés des deux avocats, l’assistante sociale détachée à l’association Jasmijn Helsen, a pris note des problèmes apparus sur le terrain non juridique : loyers impayés, problème de nourritures… Sans attendre l’issue de la procédure administrative qui peut être longue, il s’agit d’agir rapidement pour améliorer la situation de Madame C et de sa fille : " Je peux faire une demande au CPAS pour payer le loyer pour un mois mais c’est vraiment une solution de court terme. Pour cela j’aurai besoin de votre contrat de bail. Malheureusement pour le long terme, il n’y a pas beaucoup de choses à proposer ". 

 

Heureusement, madame C. a la chance d’avoir un propriétaire conciliant. Il a déjà patienté lors d’un problème similaire il y a quelques années et pourrait donc le faire encore si la période de traitement du dossier de recours n’est pas trop longue. " Casa Legal " pourrait si nécessaire expliquer la situation au propriétaire afin d’éviter une expulsion du logement.

 

A l’issue de la rencontre, chacun des intervenants sait ce qu’il doit entreprendre comme démarche. Tous les renseignements recueillis lors de l’entretien ont été consignés dans deux dossiers, l'un pour les avocats, l'autre pour les assistants sociaux, qui permettront par la suite à toutes les personnes concernées de suivre l’évolution de la situation de Madame C.

 

Un modèle économique à pérenniser

L’avenir de "Casa Legal" dépendra de la viabilité de son modèle économique. Il repose pour l’instant principalement sur l’accès à l’aide juridique de chaque bénéficiaire qui consulte sans que ce soit une exclusive. C’est cette aide qui permet actuellement aux avocats de financer la plus grande partie de leurs prestations. Tous sont salariés au sein de l’association, ce qui permet de ne pas faire dépendre les revenus de chacun sur les actes techniques qu’ils posent dans un dossier en particulier.

 

La solidarité joue à plein entre les associés. Et les montants récoltés via l’aide juridique servent à payer les salaires et les charges de l’association, l’éventuel reliquat étant destiné comme le prévoit la loi sur les asbl à développer le projet social. "Casa Legal " aimerait à terme s’adjoindre la collaboration d’un psychologue.

 

Patrick Michalle

 

Source:https://www.rtbf.be/info/regions/detail_casa-legal-experience-pilote-entre-avocats-et-assistants-sociaux-sur-le-modele-des-maisons-medicales?id=10620734&fbclid=IwAR38hK3e_f8ZG87hbVeh1gYddbNgZe4dFJQX38QciQXyA1vWOykpKriRBkI

 

 

 

 

 


08/11/2020


Exercer en libéral : l’extension du domaine du travail social

Pour TSL, en 2030 il devrait y avoir environ 100 000 travailleurs sociaux qui exerceront leur métier en indépendant. TSL apporte son soutien pour le développement des travailleurs sociaux indépendant dans une perspective de recherche de la qualité et de bien-être au travail, et nous partageons des valeurs communes avec A Humacitia, comme le souligne Grégory Fidile directeur général, interviewé par une journaliste de ASH. Grégorie Fidile appelle à un changement de paradigme :

"(...) On ne veut pas la casse du travail socialIl n’est pas question de remplacer le travailleur social historique par une libéralisation du secteur. Il s’agit juste d’apporter d’autres modalités d’accompagnement. » Un moyen, à tout le moins, d’étendre le champ du travail social à d’autres horizons.

 

ASH - PUBLIÉ LE : 05.10.2020 

 

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Bien qu’encore marginal, l’exercice libéral du travail social gagne du terrain. Hier circonscrit aux assistants de service social en entreprise, il s’étend aux éducateurs comme aux conseillers en économie sociale et familiale. Innovation sociale ou dérive du secteur ? Pour beaucoup de professionnels, il s’agit avant tout de redonner du sens à leur métier.

 

 

Libéral… Le mot, à lui seul, évoque un tabou. Celui de l’argent, de la rentabilité, de la dérégulation pour ne pas dire de l’ubérisation. L’exercice du travail social en libéral n’aurait rien à voir, en somme, avec l’ADN des professionnels pour qui prime une relation d’aide désintéressée et dépourvue d’échanges financiers. Pourtant, le phénomène n’est pas nouveau. Dans les années 1990, déjà, des assistants de service social (ASS) spécialisés dans le monde du travail commençaient à exercer à leur compte avant de mettre leurs compétences au service des particuliers. Aujourd’hui, des éducateurs et des conseillers en économie sociale et familiale (CESF) sont venus grossir les rangs des indépendants.

 

Combien sont-ils à avoir quitté l’institution pour s’installer à leur compte ? Plusieurs centaines, quelques milliers tout au plus ? « On n’a pas de chiffres précis, mais la pratique se développe, notamment avec les pôles de compétences et de prestations externalisées (PCPE) qui font appel à des indépendants, estime Isabelle Madeline, formatrice indépendante à l’institut régional du travail social (IRTS) de Perpignan et auteur d’un travail de recherche sur le sujet. On observe beaucoup de demandes de personnes à la porte des institutions, comme celles porteuses d’autisme par exemple. »

 

L’illustration d’un ras-le-bol

La pratique reste marginale au regard des effectifs des travailleurs sociaux qui exercent, pour l’immense majorité d’entre eux, comme salariés d’une collectivité, d’un établissement public ou d’une association. Si elle n’est pas toujours bien vue d’une profession étrangère à la culture de l’entrepreneuriat, elle n’en cesse pas moins d’évoluer et de se structurer. Surtout, cette pratique est révélatrice d’un ras-le-bol persistant chez les professionnels, nombreux à décrire une institution à bout de souffle, minée par le manque de moyens.

 

« J’ai travaillé comme assistante de service social dans différents services d’hôpitaux ou en Ehpad [établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes], pendant une dizaine d’années. A chaque fois, j’ai eu la même impression de ne pas faire le métier dont je rêvais, explique Aurélie Bonnin, 37 ans. Je percevais une violence institutionnelle, de la maltraitance auprès des usagers et des professionnels, parce que la rentabilité avait pris le pas sur la qualité du travail. J’avais le sentiment de ne pas pouvoir travailler en profondeur, de poser un vernis sur la situation des personnes qui allait craqueler au bout de six mois. »

 

Libéral… Pour ceux qui font l’expérience de l’indépendance, le terme sonne avant tout comme liberté. Liberté de réinventer son métier, sans les carcans de l’institution. « Je pourrais comparer l’ASS à un peintre. Il peut composer avec plein de couleurs. Moi, j’étais bornée aux couleurs primaires, explique l’assistante sociale qui a créé sa propre structure, La Plume sociale en 2016. En institution, on est missionné. On est obligé d’arrêter l’accompagnement et de passer le relais à d’autres collègues alors qu’on aurait intérêt à continuer le travail. On reste borné à un plan d’action de court voire de moyen terme. Dans le libéral, on peut travailler en profondeur sur la situation de la personne, de manière globale et sur plusieurs années parfois. On connaît la famille et on développe un lien plus personnel. »

Ses publics ? Essentiellement des personnes âgées. Aurélie Bonnin les aide à faire valoir leurs droits, dispense un soutien psycho-social et propose de transformer les maux en mots, à travers un travail d’écriture de biographie. « Au fil de mes expériences, j’ai ressenti un vrai besoin de travailler sur la transmission des savoirs, de faire parler les personnes âgées de leur époque, avec l’objectif de lutter contre l’isolement et la solitude. Ce travail thérapeutique d’écriture de biographie, je ne pouvais pas le faire en institution. En libéral, je peux développer des projets alignés avec mes convictions et être complémentaire de l’établissement. »

 

Des publics différents

Répondre à des besoins non satisfaits, c’est souvent ce qui motive les travailleurs sociaux à s’installer à leur compte. Educatrice spécialisée, en libéral depuis quatre ans, Brigitte Lacoste a, elle aussi, éprouvé ce désir d’exercer autrement : « Dans les établissements, on accompagne l’enfant et non pas la cellule familiale. Aujourd’hui, je propose du soutien parental auprès de familles rencontrant des difficultés comportementales avec leur enfant. J’interviens auprès d’enfants qui ont des troubles de l’apprentissage, des handicaps, de la dysphasie, de la dyslexie, et je fais pas mal d’aide aux devoirs. » Installée dans la région lyonnaise, elle a lancé son activité avec une collègue, pour s’épauler dans la prospection et la recherche de financements pour les familles. Pour elle, ses services s’adressent à de nombreuses familles qui ne trouvent pas de places en institution. Et ses missions, forcément, sont différentes : « J’interviens davantage en prévention. Mais je n’hésite pas à orienter les familles vers l’institution lorsque les pathologies de l’enfant le nécessitent. »

 

Les indépendants s’adressent aussi à des personnes qui, parfois, n’osent pas pousser les portes de l’institution, parce qu’elles ne veulent pas être stigmatisées malgré leurs besoins. Celles qui souhaitent choisir le professionnel avec qui se faire accompagner. Comme on choisit un médecin ou un psychologue. Conseillère en économie sociale et familiale, diplômée en 2003, Elodie Quérard-Fichot a commencé son activité libérale en juin dernier, après avoir notamment passé 13 ans dans un service de tutelle. Ses cibles : les particuliers, les Ehpad ou encore les services de mandataires judiciaires à la protection des majeurs (MJPM). « Dans mon projet, j’avais à cœur de pallier l’augmentation des guichets virtuels, comme les démarches en préfecture ou les déclarations d’impôts, pour aider celles et ceux qui ne sont pas à l’aise pour les accomplir seuls. Je m’adresse aux particuliers mais aussi aux structures. Les Ehpad n’ont parfois pas un seul travailleur social pour accompagner les résidents et leurs proches. Avoir recours à une intervention libérale constitue pour eux un risque limité, avec une possibilité de résilier le contrat facilement. Et pour les services de protection des majeurs, faire appel à un professionnel est une manière de répondre au besoin social et éducatif des personnes, sans se concentrer uniquement sur les aspects administratifs. »

 

Avant de se lancer, elle a effectué une formation en entrepreneuriat chez Humacitia, le réseau le plus important de travailleurs sociaux libéraux. « Une solution pertinente, juge-t-elle. Le réseau permet d’éviter la solitude, de suivre les évolutions législatives et de faire une veille sociale, d’échanger entre professionnels à travers des visioconférences. » Surtout, cette société, agréée entreprise solidaire d’utilité sociale (Esus), référence les professionnels qui le souhaitent dans un annuaire (encadré page ?).

 

Tarification solidaire

Créée en 2015, Humacitia se définit comme le réseau de l’innovation sociale et non pas du libéral. « Les travailleurs sociaux de notre réseau sont des professionnels diplômés qui mettent à profit leurs compétences et leur expérience pour répondre à des besoins non assouvis, en fabriquant des réponses sur mesure qu’on essaie par la suite de pérenniser. C’est la définition de l’innovation sociale », défend son directeur général Grégory Fidile. Face à la perte de sens qu’éprouvent les professionnels, il résume à grands traits les options qui s’offrent à eux : se plaindre ou devenir acteur en décidant de faire autrement. « C’est le profil des libéraux : des personnes expérimentées, issues de structures sociales ou publiques, qui veulent agir pour continuer à développer leurs compétences au service des publics. Aujourd’hui, on souffre d’une absence d’évolution de carrière. Travailler en libéral permet d’inventer ce qui nous tient à cœur, de se réconcilier avec son métier en prenant du plaisir et en développant sa créativité. »

 

Reste à financer cette activité libérale. Dans le champ du handicap, la demande est forte : le secteur bénéficie de dispositifs financiers au travers les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH). Certaines mutuelles peuvent rembourser l’accompagnement des assistants de service social libéraux. « Nous sommes considérés comme des professionnels de santé non conventionnés, avec un numéro Adeli et enregistrés auprès de l’agence régionale de santé », rappelle Aurélie Bonnin. Mais, dans l’ensemble, le risque de l’exercice libéral reste de ne s’adresser qu’aux personnes aisées.

 

Certains professionnels font le choix d’adapter leur tarification aux finances de leurs clients. C’est le cas de Claire Le Boucher, assistante de service social. « On se voit une première fois pour évaluer les besoins. Je fais des propositions de devis que les personnes valident ou pas. Et je peux, dans certains cas, demander une microparticipation de 5 € à 10 € pour les personnes qui ne peuvent pas payer. »

 

Aurélie Bonnin, qui dispense également des formations aux travailleurs sociaux, pratique des tarifs libres pour ceux qui ont de faibles ressources. Elle en fait une question de principe : « De manière générale, la relation d’aide est déséquilibrée avec, d’un côté, l’aidant en position haute et, de l’autre, l’aidé qui peut avoir besoin de se déposséder d’une dette symbolique. Lui donner la possibilité de payer le prix qui lui semble juste permet de se décharger de cette dette », justifie-t-elle.

 

A Humacitia, Grégory Fidile appelle à un changement de paradigme : « Les parents ne sont pas forcément opposés à assumer tout ou partie de l’accompagnement social. Il vaut mieux avoir une action sociale modulable selon la capacité financière des gens plutôt que des services engorgés qui ne répondent plus à leur mission. On ne veut pas la casse du travail social, ajoute-t-il. Il n’est pas question de remplacer le travailleur social historique par une libéralisation du secteur. Il s’agit juste d’apporter d’autres modalités d’accompagnement. » Un moyen, à tout le moins, d’étendre le champ du travail social à d’autres horizons.

 

Source:https://www.ash.tm.fr/hebdo/3178/levenement/exercer-en-liberal-lextension-du-domaine-du-travail-social-625486.php

 


07/11/2020


Marcel Jaeger : « Les travailleurs sociaux doivent s’allier aux personnes accompagnées »

TSL soutien la position de Marcel Jaeger, (professeur émérite, anciennement titulaire de la chaire de Travail social et d'intervention sociale du Cnam, membre du Haut Conseil du travail social, il est président du conseil scientifique de l'Observatoire national de la protection de l'enfance (ONPE)...), sur la nécessité pour les travailleurs sociaux de faire alliance avec les personnes accompagnées, afin de favoriser la reconnaissance du travail social et des professionnels. 

 

ASH PUBLIÉ LE : 28.07.2020 I 

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Les travailleurs ont été sur le pont pendant la crise sanitaire, mais n’ont pas été intégrés au Ségur de la santé. Un manque de reconnaissance que les professionnels ne pourront dépasser, selon Marcel Jaeger, que par un décloisonnement des pratiques.

 

 

Actualités sociales hebdomadaires : Comment expliquez-vous que les travailleurs sociaux aient été exclus du Ségur de la santé ?

 

Marcel Jaeger : Historiquement, ils sont considérés comme étant en deuxième ligne, pour reprendre une métaphore militaire utilisée par Emmanuel Macron. Selon une définition « québécoise », la première ligne concerne les soignants. Dans la hiérarchie des valeurs, le travail social vient donc en appui des professionnels de la santé. Il est comme relégué. Mais si l’on se réfère à la charte d’Ottawa de 1986(1), la finalité de l’action sociale et médico-sociale s’insère dans une définition extensible de la santé, au sens où les déterminants sociaux (se loger, se nourrir, avoir un revenu…) sur lesquels agissent les travailleurs sociaux sont essentiels. De ce point de vue, les travailleurs sociaux sont en première ligne et l’ont été pendant la crise. L’autre problème est que le sens et le fonctionnement du travail social ne sont pas d’une très grande visibilité aux yeux des décideurs. D’une part, le champ est extrêmement composite, allant de la pauvreté au handicap en passant par les troubles psychologiques. D’autre part, à en croire certains, il y aurait à l’intérieur même du secteur une bipolarisation entre les professionnels qui sont au front et ceux qui sont à l’arrière et font un « social de gestion ». Cet émiettement du champ et des catégories n’aide pas à valoriser et à légitimer son action. Il a fallu attendre le décret du 6 mai 2017 pour que le travail social soit mieux défini. Un champ dont les frontières sont floues est en mauvaise position pour se faire reconnaître par les autres. Il n’est pas rare que les travailleurs sociaux s’entendent dire : « Mais vous faites quoi ? »

 

ASH : C’est parfois ce qui ressort du discours public ou des médias à l’occasion d’un scandale touchant l’aide sociale à l’enfance (ASE), par exemple…

 

M.J : Ces représentations négatives ne sont pas uniquement le fait des médias ou des politiques : lorsque des sociologues parlent d’un social « installé » ou de « professions canoniques », ils mettent en cause de manière injuste la bureaucratisation de ces professionnels. Mais lorsque Philippe Warin mentionne la non-confiance dans les travailleurs sociaux comme une des causes du non-recours ou du renoncement aux droits des personnes vulnérables, il est difficile de ne pas s’interroger sur ce qui se joue dans cette crise de légitimité très grave que connaît le travail social. En réalité, ce ne sont pas spécifiquement les travailleurs sociaux qui sont mis en cause. Ils paient le prix d’une suspicion qui touche l’ensemble du système de protection sociale, supposé alimenter la dépendance des plus démunis aux aides qui leur sont apportées. D’où la contamination de la scène publique par un discours sur le « pognon de dingue » (expression employée par Emmanuel Macron en juin 2018 à propos des aides sociales), les polémiques relatives à la discrimination positive, les accusations de défaut de surveillance, le laxisme… Le travail social est au cœur d’un débat politique qui le dépasse pour une grande partie et qui concerne la façon dont une société supposée moderne se confronte à l’altérité, traite de l’aide à autrui. Mais les travailleurs sociaux n’ont pas qu’une image dépréciée : ils sont écoutés pour leur expérience et leur connaissance des terrains. Y compris dans les commissariats. Ils doivent donc renforcer leurs capacités d’argumentation.

 

ASH : La crise sanitaire peut-elle constituer pour eux l’opportunité de véritablement sortir de l’ombre ?

 

M.J : Une transformation avait commencé auparavant, mais elle est encore timide. La crise peut effectivement fournir aux travailleurs sociaux l’opportunité de faire évoluer leur positionnement professionnel. Beaucoup d’entre eux sont montés au créneau et ont montré leur utilité sociale du fait de leur proximité avec des publics en graves difficultés. Des initiatives et des pratiques innovantes ont été mises en place. Mais leur rapport aux politiques publiques est parfois compliqué. Dans certaines instances, une culture d’affrontement subsiste. La défense de son statut et de son salaire est indispensable et les conditions de travail sont fondamentales pour la qualité du travail et les services rendus aux personnes. Mais les choses ne pourront bouger que si un discours offensif s’instaure. Il est important, par exemple, que les travailleurs sociaux favorisent le pouvoir d’agir des personnes qu’ils accompagnent. Celles-ci ont des solutions certainement différentes de celles proposées par les dispositifs, mais qui ont l’avantage de révéler leurs compétences. Elles ont un savoir expérientiel dont il faut tenir compte. Aujourd’hui, dans le secteur social et médico-social comme dans celui de la santé auparavant, le public ne veut plus être déconsidéré. D’autant qu’en dévalorisant les autres, par une logique compassionnelle ou un interventionnisme excessif, on se dévalorise soi-même.

 

ASH : Est-ce à dire que les travailleurs sociaux doivent opérer leur révolution ?

 

M.J : Il y a, chez eux, de la souffrance, de la maltraitance, un sentiment d’impuissance. Mais ils n’acquerront une visibilité que par une alliance avec les personnes dont ils s’occupent. Il faut sortir d’une logique purement académique. Dans les champs du handicap et de la grande pauvreté, certaines initiatives doivent beaucoup à des associations ou à des groupes de personnes accompagnées, à l’image du travail engagé par ATD quart monde sur le croisement des savoirs. Cela va bousculer les identités professionnelles, mais les travailleurs sociaux doivent avoir également la capacité de travailler ensemble, entre métiers différents, afin de partager les informations et de comprendre le langage des uns et des autres. Dans la perspective d’un accompagnement global des personnes, il faut que le travail social se rapproche aussi des professionnels du secteur sanitaire. Il pourrait y avoir un socle commun des apprentissages sur le modèle de ce que fait la Croix-Rouge, où infirmières et assistantes sociales sont formées ensemble. Au Québec, un animateur peut être un intervenant social tout comme un infirmier en santé mentale.

 

ASH : Les étudiants en travail social ont été très impliqués pendant le confinement, mais pourquoi ces métiers suscitent-il aussi peu de vocations ?

 

M.J : La baisse d’attractivité des métiers du social est continue depuis le début des années 2000. Elle a d’abord concerné les assistants de service social puis s’est élargie à d’autres catégories. La médiocrité du statut et des salaires y est pour beaucoup. D’autant que, à partir de la réforme du diplôme d’Etat d’infirmière en 2009, il s’est opéré un décrochage. A l’époque, les travailleurs sociaux de niveau 3 ont obtenu tardivement le grade de licence, mais sans amélioration significative de leur situation.

Intervient aussi la dureté des relations avec des personnes en graves difficultés, et la confrontation à des réalités dans lesquelles de jeunes professionnels se sentent exposés. Beaucoup de travailleurs sociaux souffrent également d’un sentiment de grande solitude. La crise sanitaire peut changer la donne si elle conduit à développer le travail collectif, les coopérations entre professionnels de différents mondes (la santé, l’Education nationale). Il est essentiel de resserrer les liens entre les intervenants, de rétablir des égalités de statut. Des transformations amorcées lors des états généraux du travail social, en 2015, sont restées depuis en panne sous le double effet des restrictions budgétaires et des corporatismes.

Notes

(1) Charte pour la promotion de la santé.

 

Source :https://www.ash.tm.fr/hebdo/3170/levenement/les-travailleurs-sociaux-doivent-sallier-aux-personnes-accompagnees-584960.php#nbp-n1

 


05/11/2020