Les travailleurs sociaux libres

Les travailleurs sociaux libres

Qu'est ce qu'un travailleur social ?

 

     Qu'est ce qu'un travailleur social ?

 

Pour devenir travailleur social, il faut effectuer une formation professionnelle qui conduit à un diplôme d'état de niveau V (CAP-BEP) et IV (bac), BTS-DUT (bac+2), DEFA (bac+3) au Master (bac+5) et Doctorat en travail social (bac+8).

 




La famille des travailleurs sociaux regroupe plusieurs corps professionnels. La liste n'est pas exhaustive, elle comprend donc :

 

L'assistante de service social, l'éducatrice spécialisée, la conseillère en économie sociale et familiale, l'éducatrice de jeune enfant, l'éducateur technique spécialisé, les animateurs socioculturels (dont les titulaires d'un DEFA), l'éducatrice de la protection judiciaire et de la jeunesse, le conseiller d'insertion et de probation, la monitrice-éducatrice, la technicienne en intervention sociale et familiale, l'auxiliaire de vie, l'assistante maternelle, l'aide médico-psychologique, l'agent de développement social...

 

Le travail social est féminisé à 95% et compte plus de quatre millions de professionnels en activité. Toutes ces professions sont soumises à une obligation de discrétion et à la confidentialité des entretiens avec le public auprès duquel ils interviennent. Certains sont soumis au secret professionnel en fonction de leur mission. Une part importante est recrutée par les collectivités territoriales (conseils généraux, hôpitaux...), le secteur associatif, les organismes de sécurité sociale et les entreprises.

 

Depuis une vingtaine d'années, une minorité d'assistants sociaux, d'éducateurs spécialisés, d'animateurs..., après environ trois années de pratique professionnelle s'installent en cabinet libéral. L'activité libérale chez les travailleurs sociaux est un nouveau marché en voie de développement.

 

L'assistant de service social quant à lui, est soumis à l'obligation du secret professionnel de par la loi. Cette profession est réglementée et son titre protégé: nul ne peut exercer cette profession s'il n'est détenteur du diplôme d'état.

 

Pour devenir travailleur social, il faut effectuer une formation professionnelle qui conduit à un diplôme d'état de niveau V (CAP-BEP) et IV (bac).

 

D'autres formations du travail social exigent un haut degré de qualification et de compétence de niveau équivalent à minima au BTS-DUT (bac+2) au Master (bac+5) et Doctorat en travail social (bac+8).

 

La maîtrise de l'art du travail social nécessite des connaissances approfondies exigeant un niveau de formation équivalent à l'ingénierie de niveau (bac+5) Master, comme par exemple les professions suivantes :

 

DEASS (diplôme d'état assistant de service social), DEES (diplôme d'Etat éducateur spécialisé), DECESF (diplôme d'état de conseiller en économie social et familial), DEEJE (diplôme d'état d'éducateur de jeune enfant), DEFA (diplôme d'état relatif aux fonctions d'animation), DEETS (diplôme d'état d'éducateur technique spécialisé), DECIP (diplôme d'état de conseiller d'insertion et de probation), DEEPJJ (diplôme d'état d'éducateur de la protection judiciaire et de la jeunesse).

 

 L'exercice de ces professions s’articulent autour de :

    • l'ingénierie sociale (...)
    • la connaissance des institutions publiques et privées
    • la connaissance des politiques publiques, sociales et de la ville,
    • la mise en œuvre et l'application des politiques publiques...
    • les problématiques sociales (santé, emploi, finance, logement, précarité...)
    • les techniques d'entretien (individuel et collectif)
    • la connaissance des publics
    • éthique et déontologie
    • l'accompagnement social et éducatif
    • l’expertise et le conseil
    • la conception et le développement
    • l'expertise sociale
    • le travail en équipe pluridisciplinaire
    • le partenariat
    • le management
    • l’évaluation
    • la recherche
    • le droit du travail et de la protection sociale
    • la sociologie, psychologie, économie, gestion
    • (...)

La formation se déroule en alternance: cours théoriques avec des stages obligatoires. Elle comprend des enseignements théoriques dans plusieurs disciplines des sciences humaines, économiques, sociales et juridiques (droit, protection sociale, sociologie, anthropologie, ethnologie, psychologie, sciences de l'éducation, science de l'animation, science de l'information, communication, psychosociologie, psychopédagogie, méthodologie, économie, démographie,  gestion, comptabilité, santé, techniques...)

 

Pour la réglementation des professions du travail social

 

La majorité des travailleurs sociaux (éducateur spécialisé, conseiller en économie sociale et familiale, éducateur technique spécialisé, éducateur de jeunes enfants, technicienne en intervention sociale et familiale, moniteur-éducateur, aide-médico-psychologique, auxiliaire de vie sociale...), souhaitent voir évoluer leurs professions avec les mêmes droits et obligations que la profession d'assistant de service social et de psychologue par exemple (obligation du secret professionnel, titre protégé...).

 

La réglementation de tous les corps professionnels du travail social, finalisée par un code de déontologie obligatoire intégrant le secret professionnel promulgué par une loi, est primordiale et devient impératif.

 

Le projet d'une réglementation européenne des professions du travail social est à l'étude. En France, les responsables du secteur public et privé et les travailleurs sociaux doivent prendre part à ces travaux, car elle permettra une protection du métier par la qualification (obligation d'être titulaire du diplôme d'état) pour pouvoir exercer. Ce cadre réglementaire permettra de prévenir les déqualifications et les écarts professionnels de toute nature.

 

D'une part, c'est aussi une garantie pour l'usager et le travailleur social qui s'engage à mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour atteindre les objectifs définis en accord avec la personne.

 

D'autre part, c'est reconnaitre la qualité des enseignements dans le cadre de la formation et les compétences des praticiens de terrain.

 

Rendre obligatoire la réglementation des professions du travail social, c'est s'engager dans un processus de reconnaissance et de promotion de toutes ces professions.

 

Reconnaissance des diplômes et des statuts

Cependant, ces professions, qui pourtant concourent au processus de cohésion sociale et d'aide à la population et dont le niveau d'étude équivalent à une formation d'ingénieur, sont déqualifiés injustement au niveau bac+3, même si  l'accréditation de 180 crédits européens (bac+3 par un arrêté du 25 août 2011) est une avancée significative, il n'en demeure pas moins, que le niveau des diplômes d'état en travail social (AS, ES, CESF, EJE, ETS) reste sous-évalué car leur niveau est équivalent à un Master universitaire.

 

En effet, ces professions ne sont reconnues ni en catégorie A , ni catégorie Cadre dans le secteur privé, ce qui entraine une discrimination dans les carrières professionnelles. Les travailleurs sociaux sont lésés et leurs droits ne sont pas respectés.

 

C’est pourquoi, les travailleurs sociaux libres,

revendiquent la reconnaissance en catégorie A pour les travailleurs sociaux de la fonction publique et le statut Cadre pour les travailleurs sociaux du secteur privé (associations, entreprises), et CADRE de niveau 6 pour les travailleurs sociaux des organismes de sécurité sociale,

l'inscription des diplômes d'Etat au niveau II (bac+4) au RNCP français (répertoire nationale des certifications professionnelles) ainsi que le grade Master pour les professions suivantes:

  • assistant de service social
  • défasien (DEFA)
  • conseiller d'insertion et de probation
  • conseiller en économie social et familiale
  • éducateur de jeune enfant
  • éducateur de la protection judiciaire et de la jeunesse
  • éducateur spécialisé
  • éducateur technique spécialisé

Nous revendiquons aussi la revalorisation statutaire de toutes les professions du travail social et de l'animation et de leurs diplômes à partir du niveau CAP-BEP.

 

En effet, les formations du travail social (assistant social, éducateur spécialisé, éducateur technique spécialisé, éducateur de jeunes enfants, conseiller en économie social et familial, défasien) comptabilisent en moyenne un volume horaire de 3500 h concentrées sur trois années de formation intensives (non comprise la charge de travail). Ils n'obtiennent qu'une modeste reconnaissance du niveau bac+3 européen, alors qu'ils devraient être reconnus au niveau Master.

 

Face à cette injustice, cette discrimination et ce mépris que continuent de subir les travailleurs sociaux sur la non reconnaissance du niveau réel de leurs diplômes, les travailleurs sociaux libres décident la poursuite du combat et revendiquent la reconnaissance de leurs diplômes au grade Master qui correspond au niveau réel de ces diplômes d'état.

 

Pourquoi ? Parce qu’ils effectuent trois années d’études pots-bac très denses concentrées sur trois années d’études. Le nombre d'heures est évaluées à 3500 h de formation (charge de travail non comprise) qui équivalent un Master dans les sciences humaines et sociale, mais n'est reconnue qu'au niveau Bac+3 européen (180 ECTS). En additionnant la charge de travail, le volume horaire global est de 5040 heures de formation équivalent à un Master universitaire.

 

Comme par exemple : la formation d'assistant de service social qui comptabilise 1860 h d'enseignements théoriques et 1680 h de stages soit un total de 3540 h. La charge de travail est évaluée à 1500h + 3540 h (enseignement+stages), soit un total de 5040 h pour la profession d'assistant de service social. Les autres formations du travail social sont calculées sur le même modèle.

 

Les formations du travail social comptabilisent plus d'heures de formation que certaines professions para-médicales et médicales (orthophonistes, masseurs kinésithérapeutes...) mais aussi des Masters en sciences humaines et sociales que délivrent les universités.

 

C'est le Grade MASTER que nous voulons ! Les masseurs kinésithérapeutes et les orthophonistes avec leurs trois ans d'études pots-bac pour l'un et quatre ans pour l'autre, l'ont obtenu en juillet 2012, cliquer içi et içi, alors pourquoi pas nous travailleurs sociaux ? Grâce à la valorisation de leurs diplômes, désormais la formation d'orthophoniste sera organisée sur cinq ans pour l'obtention du Grade MASTER (bac+5), tandis que la profession de masseur kinésithérapeute obtient de droit le Grade Licence (180 crédits). Il lui est accrédité en plus 60 ECTS supplémentaires, soit 300 crédits niveau (bac+5) avec le Grade Master. Pourtant, leurs diplômes d'état comportent moins d'heures de formation que ceux des travailleurs sociaux. Quelle ironie !

 

Nous vous conseillons vivement de prendre connaissance du travail remarquable d'étude et d'expertise approfondi du SNUAS-FP (syndicat national unitaire des assistants sociaux de la fonction publique), sur le statut professionnel et le niveau des diplômes du travail social (DEASS, DEES, CESF, EJE...).

Ce syndicat composé d'universitaires (Docteurs) et d'experts en travail social, affirme sans aucune ambiguïté, tout en faisant la démonstration avec des exemples concrets et irréfutables, que nos diplômes en travail social sont tous équivalents à minima aux diplômes universitaires de niveau (bac+4) Master1, parce qu'ils sont tous construits sur le même modèle pour le calcul des ECTS.

Pour prendre connaissance du travail d'étude et d'expertise de ce syndicat, cliquez içi

 

Ces diplômes font l’objet d’une sous-évaluation de leur réel niveau qui équivalent un Master et d'une dé-classification statutaire et salariale, alors que leurs formations ont été rénovées pour répondre aux exigences européennes, dans le cadre du système L-M-D (Licence-Master-Doctorat) établit en France et conforme à l'Europe, dont la France est signataire, mais qu'elle ne respecte pas pour les diplômes d'état en travail social français cité ci-dessus.

 

En effet , le processus de Bologne du 19 juin 1999, initie la réforme des diplômes au niveau européen et introduit un système de grade académique facilement reconnaissable et comparable : les ECTS (système de transfert de crédits européens)

 

Les ECTS servent à quantifier le volume et la charge de travail nécessaire pour réussir une année d’étude complète c’est à dire : les cours magistraux, les travaux pratiques, les séminaires, les stages, les recherches, le travail personnel et les examens ou autres modes d’évaluation éventuelles.

 

Le grade Licence est validé par l’obtention de 180 crédits (ECTS) auquel il faut rajouter 60 ECTS pour le Master1 et 60 ECTS supplémentaires pour le Master2.

 

Avec la réforme des diplômes du travail social français (DEASS, DEES...), la concentration du nombre d'heures de cours théoriques, de stages pratiques, d’heures de travaux personnels..., est équivalent au master 300 ECTS niveau Master (1 crédits est égal à 25 heures de travail). Cela positionne ces diplômes du travail social à Master et au niveau 7 du cadre européen de certification (CEC) selon les descripteurs de Dublin.

 

Diplôme Master : Organiser les formations en travail social sur cinq années d'études pour les (AS, CESF, ES, EJE, ETS), au lieu de trois actuellement.

Afin de préparer l'avenir de nos professions en travail social et construire nos métiers de demain, il est primordiale que les travailleurs sociaux soient hautement qualifiés. Nos compétences et notre haut niveau d'expertise doit être reconnues. Face aux nouveaux enjeux sociétales et politiques, il est impératif de prioriser le développement et la qualité des services de protection sociale et de santé. Les travailleurs sociaux ont toujours su s'adapter pour apporter les réponses aux besoins et aux problématiques de la population. Afin de protéger et favoriser la qualité des métiers du travail social, nous demandons que les formations préparant au métier d'assistant de service social, d'éducateur spécialisé, conseiller en économie sociale et familiale, éducateur de jeunes enfants, éducateur technique spécialisé, soient organisées sur cinq années d'études, au lieu de trois actuellement.

 

Essai d'une définition du travailleur social :

 

Le travailleur social est un professionnel de l'aide et de l'accompagnement social.

 

 "Le travailleur social est un professionnel qui œuvre dans le domaine de l'action sociale au sens large. Il intervient dans le cadre de la prévention, l'insertion et l'accompagnement des adultes. Il se retrouve sur la première ligne pour comprendre, aider et répondre aux besoins de ses publics. Il se retrouve à la première place pour gérer, comprendre, interpréter et résoudre les besoins de la population. Il favorise le développement des potentialités et veille au respect de la dignité des personnes.

En effet, il doit généralement répondre à une mission qui lui est conférée dans le cadre des fonctions d'une institution, souvent dans le but de faciliter l'insertion d'individus.

Le travailleur social intervient auprès des personnes, des familles, des groupes, et des collectivités. Par ses conseils ou par les projets qu'il met en place, il cherche à prévenir les inégalités d'accès aux biens et aux services, à faciliter l’adaptation d’individus à leur environnement et à solutionner ou réduire certaines difficultés d’ordre social. Il aide à clarifier les besoins des personnes, à cerner la source de leurs problèmes, à trouver et à mettre en œuvre les solutions qui leurs conviennent, à revendiquer leurs droits, à effectuer des changements sociaux et à influencer les politiques sociales.

Sa pratique se base sur des principes d’autodétermination, de réduction des inégalités sociales, d’amélioration de la qualité de vie et de défense des droits. Ceci pour tendre vers une société ou chacun aurait pleinement sa place en rendant les individus acteurs de leur propre développement personnel"

Bien sur, ces missions ne peuvent se réaliser sans la participation ACTIVE de la personne bénéficiant de cet accompagnement. Le travailleur social n'est pas là pour faire les choses à la place de la personne, mais seulement pour la soutenir et la conseiller.  

 

Ainsi bon nombre de personnes au cours de leur vie, passent, la plupart du temps, entre les mains de travailleurs sociaux sans s'en rendre compte :

 

- la TISF (technicienne en intervention sociale et familiale) et l'AVS (auxiliaire de vie) vous apportent leur soutien à domicile lorsque vous venez d'accoucher ou que vous êtes malade et avec des enfants en bas âge. Vous retrouvez aussi ces professionnelles dont les AMP (aide médico-psychologique) qui apportent leur aide aux personnes âgées en maison de retraite ainsi que d'autres professionnels comme l'assistante maternelle...

 

- l'éducateur de jeunes enfants (EJE) veille à l'épanouissement et à la sécurité de vos enfants que vous lui confiez à la crèche ou la halte garderie. Par différentes activités, elle cherche à stimuler les capacités intellectuelles, psychomotrices, émotives, sociales, morales et langagières de l'enfant, pour le préparer à la vie en société. Grâce à un accompagnement personnalisé de l'enfant, elle lui permet de devenir autonome et participe à sa socialisation. Elle aura également un rôle à jouer auprès des parents pour qu'ils prennent confiance dans leurs compétences parentales. Elle est secondée dans sa fonction par des professionnels qualifiés titulaire du CAP "Petite enfance», compétent pour l'accueil et la garde de jeunes enfants. Par ses différentes activités auprès de l'enfant, il contribue à son éducation. Il assure, en outre, l'entretien et l'hygiène de ses différents espaces de vie.

Depuis environ une dizaine d'année, le champ d'intervention des EJE c'est étendu avec un accroissement de responsabilité dans d'autres domaines de l'action sociale. Désormais, l'EJE travaille dans tous les établissements qui accueillent des enfants âgés de moins de 7 ans donc MECS, foyer, SESSAD, RAM, LAPE, IEM, IME, IES, ludothèque etc, parfois avec des missions identiques avec les éducateurs spécialisés et les assistantes sociales...

 

- l'assistante de service social : son action passe par l’information et le conseil. Elle intervient auprès des administrations ou organismes pour faire valoir ou rétablir vos droits. Elle s'assure de votre bien-être et au respect de vos droits dans votre (entreprise, administration...) lorsque vous êtes en maladie ou en accident du travail et quand vous vous retrouvez au chômage et à la retraite. Cette spécialiste de l'accompagnement social est compétente pour intervenir et vous accompagner dans tous les domaines de la vie (sociale, familiale...). Experte, elle vous conseille et vous oriente vers d'autres professionnels et institutions pour vous accompagner dans vos démarches administratives ou pour toutes autres demandes. L'assistante sociale peut aussi intervenir dans les cas de factures et de loyers impayés afin d’obtenir des délais de paiement et un échéancier de remboursements...

 

- l'animateur socioculturel regroupe plusieurs catégories de professionnels diplômés ainsi que des animateurs non professionnels. Il réalise en fonction de sa mission des activités récréatives, d'animation et d'éducation pour vos enfants et adolescents en centre social, centre d'animation, MJC, centre de loisirs, centre aéré et de vacances..., pendant que vous êtes au travail et pendant vos vacances comme par exemple les animateurs titulaire du BAFA (diplôme non professionnel), cliquez içi.

 

- L'animateur professionnel quant à lui, est le spécialiste de la relation sociale et du développement de projets, il contribue à la socialisation des personnes et des groupes. Créateur de lien social, il favorise la solidarité intergénérationnelle dans la cité et contribue ainsi à prévenir les risques d’exclusion sociale des personnes âgés, des jeunes, des étrangers, des familles monoparentales. Il accompagne les groupes sociaux et les individus dans leur développement personnel ou dans le développement social. Il participe à l'amélioration de l'environnement local, met sur pied des évènements culturels, propose des activités de loisirs ou d'éducation et contribue à mener à bien des projets collectifs (insertion, lutte contre la ségrégation, actions en rapport avec la sociabilité). L'animateur par le support de l'activité permet donc le développement des relations sociales de ceux qui y participent et l'augmentation de leur autonomie. Il participe à l'accompagnement et à l'insertion sociale et professionnelle des personnes en difficultés.

 

- La conseillère en économie sociale et familiale une spécialiste du quotidien. Elle a pour objectif d’aider les adultes à résoudre leurs problèmes de vie quotidienne. Toute son activité vise à soutenir des personnes ou des familles qui ne parviennent plus à se débrouiller seules. Elle leur apprend à gérer leur budget, à l’équilibrer et à prévoir les dépenses. Elle peut intervenir auprès de commissions de surendettement. En matière d’habitat, elle peut obtenir l’attribution d’un logement social ou le maintien de personnes dans leur logement. Elle intervient auprès des bénéficiaires du revenu minimum d’insertion (RMI) afin de briser leur isolement et d’améliorer leurs conditions de vie. Les compétences de la CESF s'étendent aussi dans d'autres domaines (l'alimentation, la santé, l'insertion sociale et professionnelle). Elle peut intervenir auprès des personnes ou des groupes.

 

- Les éducateurs encadrent les "jeunes en mal être" en accomplissant un travail de prévention, afin que les habitants des cités (dans lesquels nous vivons tous pour la plupart), soient rassurés. Ils interviennent aussi auprès de public présentant des handicaps en leur apportant au quotidien un accompagnement éducatif spécifique. C'est pour cela, qu'on les dit "spécialisés" (moniteur-éducateur, éducateur spécialisé, de la protection judiciaire et de la jeunesse,  éducateur technique spécialisé...). On retrouve aussi dans la famille des éducateurs, les assistants familiaux qui réalisent au quotidien un travail difficile mais combien important en faveur d'enfants ou de jeunes qui leur sont confiés dans le cadre d'un placement.

 

Peut-être avez vous chez-vous, ou en institution spécialisée, médicalisée ou bien dans votre entourage une personne (adulte, jeune, enfant) porteuse de handicap (surdité, cécité, handicap mental, infirmité, maladie dégénérative...) qui peut avoir une vie décente grâce à l'intervention d'éducateurs et d'une kyrielle de travailleurs sociaux qui œuvrent pour que leur vie soit la plus décente et la plus autonome possible.

 

Pour contribuer à la promotion du travail social et de ses métiers, nous vous invitons à signer la pétition en ligne, cliquez içi

 

Patrick Guichard

 


19/09/2011


La formation d’assistant de service social est en perte d’attractivité

 

Depuis dix ans la formation d'assistant social attire moins

 

Le nombre de candidats à l’entrée en formation a diminué de 47 % en dix ans, passant de 16 500 en 2006 à 8 700 en 2016, complète la DREES. Cette forte baisse questionne sur l’attractivité de la profession, mais pourrait aussi s’expliquer en partie par "la mise en place de concours communs" de niveau 3 (bac+2), indique l’étude. Pour rappel la formation d'assistant social est organisée sur trois années d'études post bac équivalent à minima à quatre années d'études universitaires.

Mais cette baisse d'attractivité vise également le métier de CESF, éducateur spécialisé, éducateur de jeunes enfants etc.

 

Métier.jpg

ASH FORMATIONS SOCIALES I 18.12.2017

Avec 47 % de candidats en moins à l'entrée de la formation et un effectif étudiant en baisse de 7 % depuis dix ans, la formation d'assistant de service social attire moins. Un tiers des étudiants sont sur-diplômés.

"En 2016, 7 800 étudiants [étaient] inscrits en formation d’assistant de service social, dont 2 500 en première année"Un effectif en baisse de 7 % depuis 2006, indique une récente étude de la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES).

 

Le nombre de candidats à l’entrée en formation a, quant à lui, diminué de 47 % en dix ans, passant de 16 500 en 2006 à 8 700 en 2016, complète la DREES. Cette forte baisse questionne sur l’attractivité de la profession, mais pourrait aussi s’expliquer en partie par "la mise en place de concours communs" de niveau 3, indique l’étude.

 

Le nombre de diplômés a également connu une baisse de 19 % en dix ans. En 2016, sur les 2 600 étudiants qui se sont présentés aux examens pour l’obtention du diplôme, 2 000 ont été reçus, ce qui représente un taux de réussite de 78 %, indique la DREES. Par ailleurs, toutes années de formation confondues, 5 % des étudiants ont interrompu leur cursus en 2016.

 

Autre point marquant : en 2016, 93 % des nouveaux inscrits en première année étaient des femmes, contre 84 % pour l’ensemble des formations sociales. En outre, la proportion des inscrits possédant uniquement le statut d’étudiant était bien plus élevée que pour l’ensemble des formations sociales (67 % contre 33 %) et leurs âges variaient fortement en fonction de leur statut, note la DREES. Ainsi, les étudiants étaient en moyenne âgés de 22 ans, tandis que les salariés du public et du privé avaient en moyenne 35 ans, et les demandeurs d’emploi 29 ans, indique l’étude.

 

Par ailleurs, bien que l’entrée au concours d’entrée dans la formation nécessite un baccalauréat, un tiers des étudiants avaient un diplôme de niveau supérieur, souligne la DREES. "Parmi eux, 15 % [étaient] titulaires d’un diplôme de niveau bac+2 et 13 % d’une licence ou plus", précise-t-elle. De plus, à l’entrée en formation, seuls 10 % des étudiants avaient déjà un diplôme de la santé ou du social.

 

Enfin, le profil des futurs assistants de service sociaux se distingue des autres étudiants en formations sociales, dans lesquelles on rencontre davantage d’enfants d’ouvriers (27 % contre 22 %) et moins d’enfants de cadre (16 % contre 20 %), indique l’étude.

 

Source ASH: http://www.ash.tm.fr/professions-et-travail-social/la-formation-dassistant-dassistant-de-servce-social-est-en-perte-dattractivite-429087.php


04/05/2018


Verra-t-on une troisième naissance du travail social ?

Selon Marcel Jaeger, "En France, le travail social a connu d’intenses transformations ces dernières décennies, liées aux évolutions de la société, aux problèmes sociaux (précarité économique, chômage, exclusion, handicap et protection de l’enfance, etc.), et à l’émergence de nouvelles problématiques (logement, travailleurs pauvres, souffrance psychique, etc.)". Cela interroge cette question sociale comme le souligne ce sociologue en conclusion de son article, "verra-t-on une troisième naissance du travail social ?"

 

Pour TSL cette troisième naissance du travail social si effectivement elle avait lieu, serait d'obtenir la reconnaissance légitime des diplômes (DEASS, DEES, DEEJE, DECESF, DEET, DEFA) au grade Master, parce ce que des directeurs membres de l'UNAFORIS reconnaissent qu'ils sont déjà de ce niveau, l'UNAFORIS reconnait le niveau Master .

 

Mais revenons à cet article très intéressant sur la naissance du travail social qui nous est proposé par

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Professeur titulaire de la chaire de Travail social et d'intervention sociale, Conservatoire national des arts et métiers (CNAM)

 

 

 

Mai 68 : La deuxième naissance du travail social

 

May 1, 2018 11.47pm SAST

 

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Employées d'EPHAD manifestant à Marseille pour plus de moyens le 30 janvier 2018. Anne-Christine Poujoulat/AFP

 

Les manifestations de ce début d’année 2018 ne laissent aucun doute : le secteur social français semble à bout de souffle. L’épuisement des personnels des EHPAD (établissements hébergeant des personnes âgées dépendantes), les failles de la protection de l’enfance, le manque d’éducateurs de rue dans des quartiers chauds font régulièrement la une des journaux.

 

En France, le travail social a connu d’intenses transformations ces dernières décennies, liées aux évolutions de la société, aux problèmes sociaux (précarité économique, chômage, exclusion, handicap et protection de l’enfance, etc.), et à l’émergence de nouvelles problématiques (logement, travailleurs pauvres, souffrance psychique, etc.).

Également marqué par une forte croissance, ce secteur, parmi les plus dynamiques de l’économie française, compte plus de 1,7 million de salariés, dont 1,2 million de travailleurs sociaux, 36 000 établissements ou services sociaux et un important tissu associatif assurant la gestion de nombreux établissements.

Mais c’est en 1968 que le travail social a connu un véritable tournant, porté par une série de revendications plus anciennes.

 

Un secteur né de la révolte contre les inégalités

 

Ce secteur professionnel est né à la fin du XIXe siècle d’une révolte contre l’injustice face à la pauvreté et à ses répercussions.

Il s’est développé dans le contexte d’une transformation sociale et économique dont la violence des impacts sur les populations a justifié très tôt de multiples formes de solidarité. Parmi celles-ci, émergent au début du XXe siècle des actions portées pour beaucoup par des femmes, elles-mêmes placées dans le même statut d’incapacité juridique que les mineurs.

 

Par Le Petit Parisien, le procès de Mlle Bassot, 3 mars 1909. BNF/Gallica/Wikimedia

 

Marie-Jeanne Bassot a été ainsi l’incarnation de ce point de départ, en raison de son implication dans la création de la première « maison pour pauvres ». Celle-ci était une sorte de permanence qui préfigure le centre social, appelée encore « résidence sociale » en France, en 1896 et pensée sur le modèle des settlements anglais.

L’action de la jeune femme bénéficia par ailleurs du soutien de la presse et de l’opinion publique. Son propre père (le général Bassot) l’avait enlevée en 1908, convaincu de son irresponsabilité. Il fut condamné, et la philanthropie de Mademoiselle Bassot encensée.

Son action symbolisa ainsi l’engagement citoyen de nombreuses dames de bonne famille qui, dès 1896, se donnaient déjà le titre de travailleuses sociales. L’appellation est d’ailleurs reprise par l’Association des travailleuses sociales, créée en 1922. La même année, la Fédération des centres sociaux se structure à partir d’une vingtaine d’initiatives semblables qui avaient toutes en commun de mobiliser quasi exclusivement des femmes de milieux aisés. Ces dernières, en s’impliquant dans la vie active d’une manière bénévole entendaient bien ne pas se laisser enfermer dans l’espace domestique.

 

Photographie de la résidence Toynbee Hall en 1902, l’un des premiers « settlements » anglais (situé dans un district de Londres) qui servit de modèle aux premiers centres sociaux français. World Today magazine, avril 1902/Wikimedia

 

De ces actions militantes, il résultera un double mouvement de professionnalisation et d’institutionnalisation, avec la création de diplômes spécifiques : infirmière-visiteuse de l’enfance et de la tuberculose, surintendante d’usine, puis assistante de service social (terme exact raccourci communément sous la forme « assistante sociale ») dans le prolongement de la création des assurances sociales et des allocations familiales.

Influence chrétienne

Le catholicisme social a également contribué à ce mouvement par la création de plusieurs écoles de travail social. On pense ainsi à l’ouverture par l’Abbé Plaquevent (à l’origine des éditions du Seuil) de l’Institut « pédotechnique » Saint-Simon à Toulouse, en juin 1941.

Au début des années 50, beaucoup d’éducateurs spécialisés entrent par ailleurs dans le métier après la lecture des romans de l’écrivain catholique Gilbert Cesbron.

 

Affiche du film à succès (avec Jean Gabin), issu de l’ouvrage éponyme « Chiens perdus sans collier », de Gilbert Cesbron (1955). Le livre qui raconte les péripéties de deux jeunes délinquants fut tiré à plus de 3 millions d’exemplaires. AlloCiné

 

Mais les tensions demeurent notamment autour de la question des valeurs et de la laïcité.

Vers un ordre moral

Le secteur social et médico-social s’autonomise ensuite progressivement vis-à-vis du monde de la santé. Il donne naissance à des modes d’organisation corporatistes, avec un encadrement par l’État de plus en plus serré.

 

Une branche professionnelle se met en place, avec des fédérations d’associations telle la puissante Union nationale inter-fédérale des œuvres et organismes privés sanitaires et sociaux (UNIOPSS) en 1947. Le monde du travail social doit composer avec des associations de parents d’enfants handicapés qui obtiennent la reconnaissance d’utilité publique de l’Union nationale des associations de parents et amis de personnes inadaptées (UNAPEI) en 1963.

 

Les syndicats de salariés pour les établissements de l’enfance inadaptée se mobilisent et obtiennent l’adoption de la convention collective du 15 mars 1966.

Tout cela conduit à un paysage qui se rigidifie et dont la génération montante, moins marquée par le catholicisme social, plus attirée par une culture libertaire, a de plus en plus de mal de se satisfaire.

 

Les mises à l’écart des supposés « déviants » dans des institutions fermées (on parle dès les années trente des « bagnes d’enfants ») dérangent de plus en plus, faisant écho aux idéologies développées sous le nazisme encore proche.

 

Belle-Île-en-Mer, vestiges des anciens bagnes d’enfants de la fin XIXᵉ siècle, TB Quiberon.

 

Et ce d’autant plus que les psychiatres prennent la tête de la plupart des écoles d’éducateurs à partir des années 1940 avec des personnages marqués par l’hygiénisme (voire l’eugénisme) avec notamment des personnalités telles que Georges Heuyer et Robert Lafon, alors gardiens du temple du travail social. Georges Heuyer, fondateur de la psychiatrie infantile, a été un des adhérents de la Société française d’eugénisme, créée en 1913. Robert Lafon, fondateur de l’Institut régional du travail social de Montpellier, a eu les mêmes préoccupations. Or ce professeur de psychiatrie – qui a innové en décloisonnant les cultures professionnelles via une méthode dite de « psychopédagogie médico-sociale » – a présidé pendant longtemps le Centre technique national d’études et de recherches sur les handicaps et les inadaptations (CTNERHI).

Mai 68 : rupture et irruption de la jeunesse

En Mai 68, la mobilisation des jeunes travailleurs sociaux se dirige ainsi non pas contre les services de l’État, mais contre le CTNERHI, qui symbolise toute une organisation corporatiste figée dans le passé.

Si la brève occupation de ses locaux à Montrouge – où siège désormais l’actuel Institut régional de travail social – a été la seule action nationale significative, elle a néanmoins marqué les mémoires.

Les actions individuelles, marquées par une forme d’auto-organisation spontanée et une nébuleuse de personnalités charismatiques, vont ouvrir de nouveaux champs de pensée pour les travailleurs sociaux, de nouvelles manières d’agir.

Un ancien élève éducateur que j’ai connu se rappelle qu’il avait fallu déposer une demande auprès du directeur de son école d’éducateurs de la région parisienne pour aller à Paris voir ce qui se passait. À l’époque, les élèves vivaient en internat obligatoire, et dépendaient de leurs parents et de leur l’institution…

De ce point vue, Mai 68 aura été un choc considérable dans une ambiance ludique, juvénile, y compris dans les temps d’apprentissage de la violence. La libération de la parole avait alors à la fois impacté les pratiques (approches plus individualisées, plus ouvertes) et ouvert à des délires que certains ont payé cher (suicides, poursuites pénales, décompensations menant à la psychiatrie, déclassement professionnel…).

Retour aux valeurs originelles

Le mouvement a aussi décuplé l’intérêt pour les enjeux internationaux notamment avec le soutien aux mouvements de libération (Vietnam, Amérique latine…) et la découverte de mouvements alternatifs : nouvelles écoles anglaises, antipsychiatrie, psychiatrie démocratique italienne…


Read more: Entretien avec Alain Touraine : « Mai 68, l’entrée du monde dans une ère dominée par des enjeux culturels »


Le contexte est alors propice à un retour aux valeurs d’origine du travail social, en particulier la proximité avec les publics exclus : on héberge chez soi des personnes en errance, des jeunes fugueurs. L’esprit critique, de plus en plus affûté, génère en même temps une forte demande de reconnaissance sociale, marquée par la prolifération d’ouvrages – plus ou moins critiques – consacrés au travail social.

Dans Mauvaises pensées d’un travailleur social (1977) le jeune sociologue devenu ensuite écrivain, Jean‑Marie Geng, décrivait alors le travailleur social comme :

« le bien-pensant par excellence, celui qui, pour leur bien, fait aux autres ce qu’il ·ne voudrait (pas) qu’on lui fît, sans mettre en cause les mécanismes sociaux qui produisent la misère individuelle, sans questionner sa propre misère, dont son altruisme est symptôme. »

Les débats sur les rapports entre travail social et contrôle social témoignent par ailleurs de réflexions sur les préoccupations personnelles. La montée d’un certain nombrilisme ou de formes d’hédonisme propres aux discours de militants dans les années 68 justifiaient aussi l’idée de se sacrifier, de donner la priorité au collectif, à la communauté, voire au chef.

Solutions alternatives et angéliques

Autre caractéristique du « moment 68 », le droit suscite la plus grande défiance. La loi est perçue comme lointaine, illisible et injuste. On estime que le travail relationnel perdrait ses vertus spontanées s’il fallait l’accompagner d’une quelconque formalisation.

L’éducateur laisserait place à un « fonctionnaire de l’altruisme », à un « socio-clerc » ou à un « éducastreur », pour reprendre le mauvais jeu de mots de Jules Celma.

La critique de toutes les formes d’enfermement dans les années soixante et soixante-dix a ainsi donné naissance à de multiples initiatives pour trouver des alternatives concrètes aux institutions existantes. Les lieux de vie, installés dans leur grande majorité à la campagne, reposent alors sur la valorisation de la vie communautaire, du partage du quotidien, de la liberté.

Ces lieux d’expériences existentielles, influencés par exemple par les travaux du pédagogue Fernand Deligny (1913-1996) se présentent parfois comme des « territoires du désir ». Ils impliquaient un engagement total des « permanents » et un refus des clivages : vie privée-vie professionnelle, enfants-adultes…

 

Ce gamin, là (Fernand Deligny et Renaud Victor, 1975).

 

Il aura fallu un certain nombre de déboires judiciaires, en particulier l’affaire du Coral en 1982, pour que certains éducateurs prennent conscience des inconvénients de leur angélisme et de leur méconnaissance du droit. Cette affaire avait mis en cause des personnalités connues à propos d’abus sexuels sur mineurs dans le lieu de vie du Coral, dans le Gard, et du décès de l’un d’eux. Elle avait conduit à un recadrage juridique des lieux de vie au moment de l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand.

Cela étant, un grand nombre d’institutions, notamment des centres d’hébergement, conservent des fonctionnements aux antipodes de ce que Mai 68 avait laissé espérer.

Vers une approche plus humaniste

Si Mai 68 a transformé l’ensemble de la société sous l’angle du rapport à l’autorité, cela a été d’autant plus fort chez les travailleurs sociaux, marqués désormais par une approche humaniste et démocratique de la prise en charge des personnes les plus vulnérables.

« Le travailleur social de cette fin de siècle, c’est quelqu’un qui, ne sachant pas où il va, ni comment y aller, ni d’ailleurs pourquoi, y va quand même » disait alors Guy Wattier, ancien élu de Meurthe-et-Moselle. Cette phrase témoigne bien de la perception qu’on avait dans les années post-68 des travailleurs sociaux et de la perplexité et l’admiration dont ils faisaient l’objet.

L’émiettement croissant des institutions, de la diversité des publics concernés et des catégories d’acteurs fragilise toujours le secteur. Le seul diplôme d’État d’éducateur spécialisé avait été créé en 1967. Tous les autres diplômes sont postérieurs à 1970 et participeront assez tardivement à l’explosion de la formation professionnelle en général, à partir de la loi du 16 juillet 1971.

Le regard reste critique vis-à-vis des institutions, des logiques de marché, du new public management (généralisation d’une conception managériale qui donne priorité à la performance aux dépens des valeurs du service public). Cependant les professionnels ont désormais renforcé leurs compétences, voire leur expertise.

Ils se repositionnent peu à peu face à une série de changements assez radicaux inscrits dans différentes réformes législatives.

Ainsi, ils ont dû faire face à la décentralisation des formations sociales et, pratiquement dans le même temps, à la réforme de tous les diplômes du travail social avec, à partir de 2004, une nouveauté : l’institution de référentiels (de compétences, de formation, de certification…).

Quel devenir pour le travail social ?

En 2018, les questions posées par le travail social sont pour l’essentiel les mêmes depuis son origine : quel sens donner à l’action sociale ? Comment favoriser l’autonomie en vue d’un exercice effectif de la citoyenneté tout en protéger les personnes lorsqu’elles se trouvent démunies ?

Une nouvelle étape a été marquée par la publication du décret du 6 mai 2017 qui, pour la première fois de son histoire, donne une définition officielle du travail social et lui reconnaît une place dans le code de l’action sociale et des familles.

D’autre part, de nouveaux chantiers sont ouverts dans le cadre du Haut conseil du travail social à propos de l’usage croissant du numérique, des radicalisations, du développement du pouvoir d’agir et de la participation des personnes accompagnées…

 

Verra-t-on une troisième naissance du travail social ?


 Source :https://theconversation.com/mai-68-la-deuxieme-naissance-du-travail-social-95685


04/05/2018


Réingénierie des diplômes au niveau II : la réforme va s'appliquer dès la rentrée 2018

Réingénierie des diplômes au niveau II : la réforme va s'appliquer dès la rentrée 2018

 

 

Cette revalorisation à Bac+3 sera uniquement réservée pour les nouveaux diplômés avec une soit disant reconnaissance des formations à leur "juste valeur". Ben voyons ! Quand TSL déclarait à qui veut bien l'entendre, que les travailleurs sociaux vont se faire manger tout cru, sauf s'ils réagissent pour défendre leurs droits, non pas pour avoir un diplôme au rabais de niveau bac+3 mais exiger un Master parce que c'est légitime !

 

Cette revalorisation aboutira-t-elle au final à une revalorisation des salaires ? Dans la fonction publique : Non explique Patrick Guichard aux conseillers du Président de la République Emmanuel Macron , car le passage en petit, très petit "a" dans la fonction publique, qui s'accompagne à un rallongement des années dans les échelons sur la carrière, fait perdre beaucoup d'argent aux travailleurs sociaux ainsi qu' un manque a gagner important quand sonnera l'heure du départ à la retraite.

 

Le représentant national des TSL a donc rencontré au Palais de l'Elysée l'année dernière (2017) les conseillers du Président de la République pour demander la reconnaissance de six diplômes du travail social au grade de Licence Master ( DEES, DEAS, DEFA, DEEJE, DECESF, DEET), du passage en catégorie A avec intégration dans le grade Attaché et le statut cadre pour le secteur privé. Un dossier d'analyse et d'évaluation du niveau Master a été remis à ces mêmes conseillers.

 

De plus, au cours de l'entretien, TSL a expliqué la gravité de la situation des professionnels toujours plus exposés avec une forte dégradation de leurs conditions de travail générant de la souffrance. Il a été abordé la problématique des modes managériales, la forte baisse des budgets éducatifs et sociaux, l'importance du travail d'accompagnement social et la mission fondamentale de celle-ci pour éviter sa disparition à la place d'un travail administratif prépondérant qui est en collusion avec ces formations et leur valeur éthique et  déontologique.

 

TSL a fait remarqué que cette dégradation des conditions de travail a favorisé le développement des violences verbales et physiques contre les travailleurs sociaux, pouvant aller dans les cas extrème jusqu'au meurtre de ces professionnels, qui font pourtant un excellent travail en exerçant des métiers devenus très difficiles, ce qui explique la baisse significative des étudiants dans l'ensemble de ces formations du travail social cité ci-dessus.

 

TSL a également souligné la situation urgente des travailleurs sociaux en formation et leurs difficultés à trouver un stage, car sans stage il n'est pas possible d'être diplômé.

 

TSL continue d'agir en faveur des travailleurs sociaux malgré les pressions externes. Nous demandons à tous les travailleurs sociaux de se mobiliser et de bloquer par tous les moyens leurs services, leurs administrations etc, dans le respect des lois, afin qu'ils ne soient pas les dindons de la farce avec un diplôme toujours reconnu à bac+2, tandis que leurs futurs collègues seront reconnus au minimum à Bac+3 prochainement.

 

Nous avançons à pas de fourmi tant les résistances sont fortes mais nous progressons dans l'écoute sur nos revendications dont le Master au plus haut sommet de l'Etat.

Pour réussir il faut déjà y croire, puis avoir la volonté d'agir et ne rien lâcher ! Depuis 2011 TSL agit pour vous, et nous demandons l'excellence pour vos formations et vos diplômes ...

 

Voici un article sur la réingénierie des diplômes de niveau II prévue pour septembre 2018

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2018 | Travail social

 

Suite à l'approbation des nouveaux référentiels le 22 janvier en commission professionnelle consultative (CPC), la réforme des cinq diplômes du travail social - DEASS, DEES, DEETS, DEEJE, DECESF - entrera bien en vigueur à la prochaine rentrée de septembre 2018, après parution des textes réglementaires. Seuls les nouveaux diplômés obtiendront un diplôme de niveau II (bac + 3).

 

Calendrier tenu ! Sur le métier depuis plusieurs mois, la réforme des diplômes de travail social se mettra bien en oeuvre dès la rentrée 2018, comme s'y était engagée l'ancienne secrétaire d'Etat, Ségolène Neuville. Les acteurs du dossier étaient réunis lundi 22 janvier lors d'une Commission professionnelle consultative du travail social et de l’intervention sociale (CPC) pour une ultime séance de validation qui a permis d'aboutir à un vote favorable sur les nouveaux référentiels, sans forte opposition. En effet, seuls les deux syndicats CGT et FO (opposés à la "casse des métiers") ont voté "contre", l'OPCA Uniformation s'est abstenu et tous les autres membres ont voté "pour" : organisations représentatives des employeurs (Nexem, USB domicile,...), syndicats de salariés (CFDT...), représentants des pouvoirs publics (ministères des affaires sociales, de l'enseignement supérieur...), Association des régions de France (ARF), Assemblée des départements de France (ADF), Uniopss, Unifaf, Unaforis, etc.

 

 

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Une reconnaissance des formations à leur "juste valeur"

 

"Les formations sociales sont enfin reconnues à leur juste valeur et prêtes à préparer les professionnels de l’intervention sociale de l’avenir", se réjouit ainsi l'Union nationale des acteurs de formation et de recherche en intervention sociale (Unaforis), qui salue "la réussite du processus de production collectif, qui a permis d’aboutir au bout de deux années d’investissement, à une offre de formation qui prend en compte une part significative de nos attentes, en prise avec l’évolution des métiers, ainsi que les attendus de l’enseignement supérieur et de la formation professionnelle, pour les années à venir".

 

Preuve que le processus a abouti à une réforme plutôt consensuelle, loin des querelles de départ autour de la proposition très critiquée d'un "diplôme unique par niveau", ce commentaire dans le communiqué de l'Unaforis : "Nous savons que cette réingénierie a suscité de nombreuses attentes des parties prenantes de l’intervention sociale et que chacun n’y retrouvera pas toutes les précisions qu’il appelle de ses voeux, mais le caractère très ouvert des référentiels laisse aux organismes de formation une liberté dans la construction de leurs maquettes pédagogiques, avec tous les acteurs concernés, sur les territoires".

 

Un socle commun aux formations

 

Même satisfecit pour Manuel Pélissié : "Nous rendons une partition harmonieuse, n'en déplaise à ceux qui se sont arc-boutés contre cette réforme", résume le président de la CPC (également directeur général de l'IRTS Paris Ile-de-France), qui se félicite de l'adoption d'un socle commun "pas seulement symbolique" qui respecte les identités chères à chaque profession du travail social. A la question (très scrutée) du pourcentage que représente ce socle commun dans le parcours de formation, la réponse est évasive : "Hier, lors de la commission, nous n'en avons pas parlé", rapporte Manuel Pélissié, qui précise toutefois que ce socle se situe en dessous des 50 %, plutôt de l'ordre de 40 %. Un chiffre qu'il apparaît à ce stade difficile de quantifier précisément, en raison de la marge de manoeuvre dont vont au final disposer les organismes de formation pour décliner les référentiels de formation et de certification des cinq diplômes.

 

Textes réglementaires attendus pour la fin mars

 

Et le travail ne fait que commencer sur le terrain : "Si le calendrier de mise en place est très tendu, pour atteindre l’objectif d’une mise en oeuvre des nouvelles formations en septembre 2018, cela suppose d’ici là, l’agrément par les conseils régionaux des nouvelles maquettes de formation et une accréditation par le ministère de l’enseignement supérieur", explique l'Unaforis, qui appelle donc "tous les acteurs des formations" (universités, employeurs publics et privés, réseaux partenaires, personnes ressources, conseils régionaux, services déconcentrés de l’Etat) "à participer de la réussite de cette étape de première mise en oeuvre, qui relève maintenant des centres de formation".

Les diplômes "nouvelle formule", qui devraient permettre une meilleure intégration universitaire et une plus grande mobilité des professionnels, vont en effet devoir être proposés par les organisations de formation dès la rentrée de septembre 2018. Décrets et arrêtés (officialisant les nouveaux référentiels d'activité, de compétences, de formation et de certification) devraient paraître fin mars, début avril 2018 au Journal officiel (1). Il restera ensuite six mois aux écoles pour les digérer.

 

Revalorisation à Bac+3 uniquement pour les nouveaux diplômés

 

Sont concernés par cette réforme les cinq diplômes suivants : diplôme d’État d’assistant de service social (DEASS), diplôme d’Etat d’éducateur spécialisé (DEES), diplôme d’Etat d’éducateur de jeunes enfants (DEEJE), diplôme d’État d’éducateur technique spécialisé (DEETS) et diplôme d’État de conseiller en économie sociale familiale (DECESF).

Cette réforme vise à accompagner la revalorisation actée par un arrêté du 27 mars 2017 qui a fait de ces cinq diplômes des titres de niveau II (bac+3), et non plus de niveau III (bac+2). Rappelons toutefois que cette revalorisation ne vaut que pour les futurs diplômés (diplômes "nouvelle formule" délivrés en 2021) et qu'il n'est pas prévu pour le moment de rétroactivité.

Le dossier n'est toutefois pas nécessairement clos, comme le laisse entendre Manuel Pélissié : "Je ne connais pas un système dans lequel on n'établit pas, à terme, des passerelles permettant à ceux de l'ancien système de rejoindre le nouveau système" (concours particuliers, équivalences...). Une décision qui appartiendra au final au ministère et pour laquelle rien n'est pour l'instant décidé.

Cette revalorisation aboutira-t-elle au final à une revalorisation des salaires ? Dans la fonction publique : oui. Bien que reporté d'un an, le passage des travailleurs sociaux de la catégorie B à la catégorie A sera effectif au 1er février 2019. Si cette revalorisation dans le secteur public peut avoir un effet d'entraînement sur le secteur privé (la moitié des diplômés du travail social y travaillent), rien n'est aujourd'hui certain. Il appartiendra aux partenaires sociaux de la branche du secteur sanitaire, social et médico-social à but non lucratif (Bass) et à ceux de la branche de l'aide à domicile (BAD) de se saisir de cette question. En tout cas, des marges de manoeuvre financières existeront en 2019, grâce aux mesures fiscales que vient de prendre le gouvernement.

 

(1) La CGT a demandé au ministère le report de la réforme des diplômes d'un an, celui-ci a refusé.

 

 Source : http://www.editions-legislatives.fr/content/r%C3%A9ing%C3%A9nierie-des-dipl%C3%B4mes-la-r%C3%A9forme-va-sappliquer-d%C3%A8s-la-rentr%C3%A9e-de-septembre-2018

 


30/03/2018


Mariage blanc ? l'Essonne demande à ses assistants sociaux d'enquêter pour la préfecture

Le conseil départemental de l'Essonne demande à ses assistants sociaux d'enquêter pour la préfecture

 

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Le conseil départemental prête main forte à la préfecture en confiant à ses services sociaux des enquêtes sur la véracité des dossiers présentés par des prétendants à la nationalité française pour raison de mariage avec un conjoint français. Alertée sur cette pratique, Les Travailleurs sociaux libres (TSL) demande au président de la collectivité de renoncer.

 

Nous avons été informés de la demande d’enquêtes sociales formulées par le Conseil  départemental de l’Essonne aux assistants de service social du département dans le cadre de procédures d’opposition à l’acquisition de la nationalité française. Ces enquêtes sont destinées au Préfet. Il semble que , sur certains sites, l’ordre soit donné par l’encadrement de réaliser ces enquêtes.
 

A notre connaissance, cela n’avait jamais été demandé en Essonne. Nous avons fait des recherches mais n’avons pas trouvé trace de textes le justifiant. Ce genre d’enquête est confiée à l’officier d’état civil en mairie et à la police.

 

TSL, demande au président du département d'y renoncer, cette décision est, à plusieurs titres, incompatible avec la fonction d'assistant de service social. Pour commencer, la décision menace le devoir de secret professionnel auquel sont tenus les assistants sociaux en vertu du code de l'action sociale et des familles et dont le non-respect est passible d'un an d'emprisonnement et de 15000 euros d'amende.

 

Par ailleurs, selon la définition du travail social du code de l'action sociale et des familles, TSL juge qu'elle est "bien éloignée de la demande formulée par le préfet". En effet, les missions imposées aux assistants sociaux n'entrent pas non plus dans le référentiel professionnel attaché au diplôme d'Etat d'assistant de service social.

 

Enfin, au-delà du cadre légal, nous rappelons que contraindre des travailleurs sociaux à participer à cette mission de contrôle est de nature à "porter le discrédit sur la profession" dont la pratique se base "sur une indispensable et fondamentale relation de confiance entre les professionnels et le public".

 

TSL a donc interpellé le Président du Conseil départemental. En effet, de telles demandes vont à l’encontre de la nécessaire relation de confiance entre les usagers et le travailleur social et sont contraires comme nous le rappelons au secret professionnel dont la rupture est punie d’un an de prison et 15000 euros d’amende.  

 

 

 


03/11/2017