Les travailleurs sociaux libres

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Travailleur social en libéral


Emmanuel Denis, Éducateur Spécialisé présente Referlib : un réseau de travailleurs sociaux indépendants

TSL a le plaisir de vous présenter Emmanuel Denis, Éducateur Spécialisé devenu travailleur social indépendant.

 

Nous vous proposons cet excellent article rédigé par cet éducateur passionné par son métier, qui s'articule avec une réflexion riche d'expérience, par la création de son activité indépendante, ou le développement du réseau est indispensable. 

 

Voici le site internet Referlib, composé d'un réseau de travailleurs sociaux indépendants qui proposent leurs services aux particuliers et aux institutions.

 

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Site internet de la plateforme réseau de travailleurs sociaux indépendants : https://referlib.com/

 

Article

 

 

Une activité indépendante au service d’un Réseau

 

 

Qu’est ce que Referlib ?

 

« Referlib ». Voici le nom du réseau aujourd’hui.

 

 

Il est l’aboutissement de plusieurs années de travail, de construction des partenariats avec toujours pour objectif prioritaire : « 0 sans solution ». C'est-à-dire, permettre aux personnes qui en ont besoin d’être soutenues, accompagnées et orientées dans de bonnes conditions. Donner le choix et apporter des solutions.

 

Referlib, du nom de la plateforme qui lui est aujourd’hui dédiée, est issue d’un réseau de travailleurs sociaux indépendants qui a commencé à naître en 2009. Cette plateforme permet aux particuliers ou institutions de trouver facilement un professionnel en rapport avec ses besoins, sans intermédiaire. De fait, les acteurs du réseau gagnent en visibilité et voient leur activité se renforcer et se développer.

 

Devant l’afflux de demandes venant de nombreux départements, de la part de professionnels comme de particuliers, nous avons pris la décision de créer cette plateforme accessible à tous. Plusieurs outils comme « l’espace co » (outil de communication interprofessionnel), la Téléconsultation sécurisée et l’agenda en ligne servent de support dans les pratiques des acteurs de terrain, à la recherche de réflexions collectives, de maintien du lien et d’optimisation du temps.

 

Qui suis-je ?

 

Je suis Emmanuel Denis, Éducateur Spécialisé devenu travailleur social indépendant.

 

J’étais en CDI à temps plein au sein d’un SESSAD pour enfant/adolescents souffrant de troubles du comportement lorsque j’ai pris la décision de développer le réseau.

 

Mes expériences

 

Pour faire court : MECS, CDEF, SAVS, Accueil de jour, ITEP, Foyer éducatif pour adultes déficients visuels et SESSAD TCC.

 

Une action individuelle au service du collectif

 

J’ai commencé à modéliser le réseau il y a plus de 10 ans mais ce dernier a vraiment pris forme début 2018, lorsque j’ai entamé le processus qui consistait à quitter mon emploi salarié et créer mon activité indépendante.

 

Progressivement, le réseau est devenu solide et s’est développé dans différents domaines : action sociale, éducation nationale, handicap enfant et adulte, psychiatrie…

 

L’idée était d’être en mesure de s’appuyer sur différents professionnels sur le territoire, pour répondre au mieux aux besoins identifiés. Devenir indépendant en restant dans une démarche collective.

 

Les principes 

 

Souplesse dans l’intervention, écoute active, réactivité, adaptabilité, pluridisciplinarité et travail en réseau.

 

En pratique

 

Chaque situation est différente bien sûr, mais le point commun de tous les bénéficiaires rencontrés, est leur détresse, la souffrance des personnes qui ne trouvent pas de solution à leurs difficultés.

Souvent, lorsque les familles, partenaires ou institutions me contactent, je suis, au début, seul à intervenir.

 

Je rencontre, j’écoute, j’analyse, je propose des objectifs à court et moyen termes et je suggère de m’associer à d’autres professionnels (psychologues, enseignants spécialisés, éducateurs techniques…) ou institutions.

 

Nous évaluons le projet régulièrement, dans un souci d’adaptabilité. Chacun se met en mouvement dans une logique systémique et s’adapte à son niveau, avec ses moyens.

 

Pas de chronicisation et une recherche d’efficacité.

 

Régulièrement, je propose d’inclure des professionnels, de mettre en lien avec une association, d’associer à un professionnel ou de passer le relais. Si la famille et le bénéficiaire jugent cela trop tôt, on adapte. Si le réseau est solide et l’environnement stable, alors je peux m’effacer. Jamais sans solution.

 

Logique de réseau

 

L’idée première est d’être en mesure d’apporter des solutions de proximité adaptées aux besoins repérés.

 

Cela revient à solliciter des professionnels indépendants, mais aussi des institutions, associations, organismes publics ou même parfois des entreprises.

 

La logique de réseau revient à penser et mettre en œuvre les sphères de compétences non en termes de segmentation mais de complémentarité.

 

Il s’agit d’une méthodologie commune de fabrication du lien entre différents acteurs dans un but commun.

 

Au principe de complémentarité qui se veut essentiel, vient s’ajouter la notion de maillage dans laquelle est entendue la couverture du territoire départemental, régionale et maintenant, nationale.

 

Les publics

 

0 sans solution est une logique qui s’applique autant aux enfants en échec scolaire qu’en situation de handicap, aux adolescents, jeunes adultes en voies d’insertion, confrontés ou non à une addiction, aux adultes en situation de handicap ou aux familles en difficultés passagères…

 

Les situations sont très variées, autant que les professionnels sollicités et les réponses apportées.

 

Les partenaires institutionnels

 

 

Aujourd’hui, nous travaillons avec les institutions publiques ; inspection académique, MDPH, services de psychiatrie…, mais aussi les associations gestionnaires d’IME, ITEP, MECS, SAVS, ESAT…

 

Nous nous associons avec les structures pour proposer des solutions sur-mesure aux bénéficiaires.

 

Exemple

 

Je suis contacté par une mère seule avec ses deux enfants (13 et 17 ans).

Les deux enfants sont déscolarisés. L’ainé, inscrit au lycée est confronté à plusieurs addictions. Le deuxième souffre de phobie scolaire.

 

Pour le premier, nous avons établi un lien avec la mission locale de secteur, organisé la démission du lycée en accord avec l’inspection académique, travaillé le projet et construit une nouvelle orientation en lien avec le CFA du sport pour une formation BPJEPS. L’accompagnement s’est arrêté au bout de deux mois alors que la conseillère de la mission locale prenait le relais.

 

Avec le deuxième adolescent, entretiens individuels, lien avec le collège (cpe, directeur), découverte situation de harcèlement, mise en route d’un SAPAD, partenariat avec une psychologue implantée sur la commune, soutien à la parentalité. L’accompagnement s’estompe mais le lien est maintenu aujourd’hui sur demande de l’adolescent et de sa mère.

 

Nous voyons bien ici la logique de réseau, le processus de mise en mouvement de différents acteurs dans l’intérêt des bénéficiaires.

 

Les qualités requises pour être TS indépendant

 

. Il est indispensable d’être à l’aise avec la logique d’entreprise.

Entreprendre, c’est prendre des risques. Mais attention, les risques sont pris par le professionnel et non les bénéficiaires.

 

. Sens de l’organisation. Autonomie.

 

. Polyvalence et technicité. Être polyvalent ne veut pas dire savoir tout faire. Toutefois, il est indispensable d’être en mesure de s’adapter aux différentes situations rencontrées. Il faut réunir les compétences nécessaires pour réaliser analyses et diagnostics justes afin de proposer les accompagnements appropriés, structurer le réseau adapté aux problématiques.

 

Lorsqu’on ne dispose pas de l’expertise requise, alors, nous proposons de passer le relais.

 

. Connaître le réseau et le territoire

 

. Penser la fin de l’accompagnement dès les premiers contacts. Nous sommes de passage. Nous mettons en lien. Garder un lien peut parfois générer une forme de dépendance contre productive.

 

. Connaître les aides, financements, ressources potentiels, ou se tourner vers ceux qui les connaissent. (AS). Si les séances sont prises en charges par les familles ou personnes accompagnées au début, nous parvenons souvent à débloquer quelques aides allégeant le coût financier.

 

. Pugnacité. Surmonter les obstacles pour développer son activité, développer les partenariats constructifs.

 

Les avantages

 

Autonomie, liberté, emploi du temps à la carte, travail de réseau et donc, pluridisciplinaire, le revenu…

Un travailleur social en libéral est par définition, totalement autonome. Il ne rend de compte qu’à la personne, la famille ou la structure qui l’emploie. Si cette dimension peut risquer de biaiser la relation éducative, il est à noter qu’elle favorise souvent la prise de décision rapide et l’efficacité.

 

Le travailleur social est libre de son temps et module ses suivis en fonction de son organisation personnelle, mais surtout des accompagnements. Personne ne peut lui imposer un horaire ou jour de travail. Selon la direction choisie et les spécialités, les week end et vacances scolaires peuvent être plus calmes.

 

Le travail de réseau est un très bon moyen d’enrichir sa pratique et de palier aux risques de « solitude » dans l’accompagnement. Vecteur de complémentarité, il sert également de garde fou et facilite la prise de distance, la réflexion collective et l’analyse des situations.

 

Pour ceux qui ont quelques doutes, à volume de travail égal, le revenu d’un indépendant est plus important que celui d’un salarié, même s’il ne constitue souvent pas la motivation principale.

 

Le libéral, une activité d’avenir

 

L’activité libérale pour les travailleurs sociaux est appelée à se développer.

Nous constatons de multiples évolutions dans différents domaines : La famille…..

 

A présent

 

Je ne peux rentrer davantage dans les détails qui serviraient pourtant à tous ceux qui souhaitent ou hésitent à s’installer, à se lancer. L’article deviendrait beaucoup trop long et rébarbatif.

 

Le réseau est un Outil puissant au service du professionnel et des bénéficiaires.

 

Mais il faut procéder avec méthode et ne pas se précipiter.

 

Nous pouvons vous aider comme vous pouvez nous aider à développer le réseau au service des personnes qui en ont besoin.

 

N’hésitez pas à nous contacter pour échanger et voir ensemble comment nous pouvons nous aider mutuellement.

 

Merci à tous les lecteurs et travailleurs sociaux, d’avoir pris le temps de lire cet article.

 

Emmanuel Denis, REFERLIB

 

Referlib.com

 

 

 

 

 

 


19/05/2021


Exercer en libéral : l’extension du domaine du travail social

Pour TSL, en 2030 il devrait y avoir environ 100 000 travailleurs sociaux qui exerceront leur métier en indépendant. TSL apporte son soutien pour le développement des travailleurs sociaux indépendant dans une perspective de recherche de la qualité et de bien-être au travail, et nous partageons des valeurs communes avec A Humacitia, comme le souligne Grégory Fidile directeur général, interviewé par une journaliste de ASH. Grégorie Fidile appelle à un changement de paradigme :

"(...) On ne veut pas la casse du travail socialIl n’est pas question de remplacer le travailleur social historique par une libéralisation du secteur. Il s’agit juste d’apporter d’autres modalités d’accompagnement. » Un moyen, à tout le moins, d’étendre le champ du travail social à d’autres horizons.

 

ASH - PUBLIÉ LE : 05.10.2020 

 

Libéral.jpg

 

Bien qu’encore marginal, l’exercice libéral du travail social gagne du terrain. Hier circonscrit aux assistants de service social en entreprise, il s’étend aux éducateurs comme aux conseillers en économie sociale et familiale. Innovation sociale ou dérive du secteur ? Pour beaucoup de professionnels, il s’agit avant tout de redonner du sens à leur métier.

 

 

Libéral… Le mot, à lui seul, évoque un tabou. Celui de l’argent, de la rentabilité, de la dérégulation pour ne pas dire de l’ubérisation. L’exercice du travail social en libéral n’aurait rien à voir, en somme, avec l’ADN des professionnels pour qui prime une relation d’aide désintéressée et dépourvue d’échanges financiers. Pourtant, le phénomène n’est pas nouveau. Dans les années 1990, déjà, des assistants de service social (ASS) spécialisés dans le monde du travail commençaient à exercer à leur compte avant de mettre leurs compétences au service des particuliers. Aujourd’hui, des éducateurs et des conseillers en économie sociale et familiale (CESF) sont venus grossir les rangs des indépendants.

 

Combien sont-ils à avoir quitté l’institution pour s’installer à leur compte ? Plusieurs centaines, quelques milliers tout au plus ? « On n’a pas de chiffres précis, mais la pratique se développe, notamment avec les pôles de compétences et de prestations externalisées (PCPE) qui font appel à des indépendants, estime Isabelle Madeline, formatrice indépendante à l’institut régional du travail social (IRTS) de Perpignan et auteur d’un travail de recherche sur le sujet. On observe beaucoup de demandes de personnes à la porte des institutions, comme celles porteuses d’autisme par exemple. »

 

L’illustration d’un ras-le-bol

La pratique reste marginale au regard des effectifs des travailleurs sociaux qui exercent, pour l’immense majorité d’entre eux, comme salariés d’une collectivité, d’un établissement public ou d’une association. Si elle n’est pas toujours bien vue d’une profession étrangère à la culture de l’entrepreneuriat, elle n’en cesse pas moins d’évoluer et de se structurer. Surtout, cette pratique est révélatrice d’un ras-le-bol persistant chez les professionnels, nombreux à décrire une institution à bout de souffle, minée par le manque de moyens.

 

« J’ai travaillé comme assistante de service social dans différents services d’hôpitaux ou en Ehpad [établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes], pendant une dizaine d’années. A chaque fois, j’ai eu la même impression de ne pas faire le métier dont je rêvais, explique Aurélie Bonnin, 37 ans. Je percevais une violence institutionnelle, de la maltraitance auprès des usagers et des professionnels, parce que la rentabilité avait pris le pas sur la qualité du travail. J’avais le sentiment de ne pas pouvoir travailler en profondeur, de poser un vernis sur la situation des personnes qui allait craqueler au bout de six mois. »

 

Libéral… Pour ceux qui font l’expérience de l’indépendance, le terme sonne avant tout comme liberté. Liberté de réinventer son métier, sans les carcans de l’institution. « Je pourrais comparer l’ASS à un peintre. Il peut composer avec plein de couleurs. Moi, j’étais bornée aux couleurs primaires, explique l’assistante sociale qui a créé sa propre structure, La Plume sociale en 2016. En institution, on est missionné. On est obligé d’arrêter l’accompagnement et de passer le relais à d’autres collègues alors qu’on aurait intérêt à continuer le travail. On reste borné à un plan d’action de court voire de moyen terme. Dans le libéral, on peut travailler en profondeur sur la situation de la personne, de manière globale et sur plusieurs années parfois. On connaît la famille et on développe un lien plus personnel. »

Ses publics ? Essentiellement des personnes âgées. Aurélie Bonnin les aide à faire valoir leurs droits, dispense un soutien psycho-social et propose de transformer les maux en mots, à travers un travail d’écriture de biographie. « Au fil de mes expériences, j’ai ressenti un vrai besoin de travailler sur la transmission des savoirs, de faire parler les personnes âgées de leur époque, avec l’objectif de lutter contre l’isolement et la solitude. Ce travail thérapeutique d’écriture de biographie, je ne pouvais pas le faire en institution. En libéral, je peux développer des projets alignés avec mes convictions et être complémentaire de l’établissement. »

 

Des publics différents

Répondre à des besoins non satisfaits, c’est souvent ce qui motive les travailleurs sociaux à s’installer à leur compte. Educatrice spécialisée, en libéral depuis quatre ans, Brigitte Lacoste a, elle aussi, éprouvé ce désir d’exercer autrement : « Dans les établissements, on accompagne l’enfant et non pas la cellule familiale. Aujourd’hui, je propose du soutien parental auprès de familles rencontrant des difficultés comportementales avec leur enfant. J’interviens auprès d’enfants qui ont des troubles de l’apprentissage, des handicaps, de la dysphasie, de la dyslexie, et je fais pas mal d’aide aux devoirs. » Installée dans la région lyonnaise, elle a lancé son activité avec une collègue, pour s’épauler dans la prospection et la recherche de financements pour les familles. Pour elle, ses services s’adressent à de nombreuses familles qui ne trouvent pas de places en institution. Et ses missions, forcément, sont différentes : « J’interviens davantage en prévention. Mais je n’hésite pas à orienter les familles vers l’institution lorsque les pathologies de l’enfant le nécessitent. »

 

Les indépendants s’adressent aussi à des personnes qui, parfois, n’osent pas pousser les portes de l’institution, parce qu’elles ne veulent pas être stigmatisées malgré leurs besoins. Celles qui souhaitent choisir le professionnel avec qui se faire accompagner. Comme on choisit un médecin ou un psychologue. Conseillère en économie sociale et familiale, diplômée en 2003, Elodie Quérard-Fichot a commencé son activité libérale en juin dernier, après avoir notamment passé 13 ans dans un service de tutelle. Ses cibles : les particuliers, les Ehpad ou encore les services de mandataires judiciaires à la protection des majeurs (MJPM). « Dans mon projet, j’avais à cœur de pallier l’augmentation des guichets virtuels, comme les démarches en préfecture ou les déclarations d’impôts, pour aider celles et ceux qui ne sont pas à l’aise pour les accomplir seuls. Je m’adresse aux particuliers mais aussi aux structures. Les Ehpad n’ont parfois pas un seul travailleur social pour accompagner les résidents et leurs proches. Avoir recours à une intervention libérale constitue pour eux un risque limité, avec une possibilité de résilier le contrat facilement. Et pour les services de protection des majeurs, faire appel à un professionnel est une manière de répondre au besoin social et éducatif des personnes, sans se concentrer uniquement sur les aspects administratifs. »

 

Avant de se lancer, elle a effectué une formation en entrepreneuriat chez Humacitia, le réseau le plus important de travailleurs sociaux libéraux. « Une solution pertinente, juge-t-elle. Le réseau permet d’éviter la solitude, de suivre les évolutions législatives et de faire une veille sociale, d’échanger entre professionnels à travers des visioconférences. » Surtout, cette société, agréée entreprise solidaire d’utilité sociale (Esus), référence les professionnels qui le souhaitent dans un annuaire (encadré page ?).

 

Tarification solidaire

Créée en 2015, Humacitia se définit comme le réseau de l’innovation sociale et non pas du libéral. « Les travailleurs sociaux de notre réseau sont des professionnels diplômés qui mettent à profit leurs compétences et leur expérience pour répondre à des besoins non assouvis, en fabriquant des réponses sur mesure qu’on essaie par la suite de pérenniser. C’est la définition de l’innovation sociale », défend son directeur général Grégory Fidile. Face à la perte de sens qu’éprouvent les professionnels, il résume à grands traits les options qui s’offrent à eux : se plaindre ou devenir acteur en décidant de faire autrement. « C’est le profil des libéraux : des personnes expérimentées, issues de structures sociales ou publiques, qui veulent agir pour continuer à développer leurs compétences au service des publics. Aujourd’hui, on souffre d’une absence d’évolution de carrière. Travailler en libéral permet d’inventer ce qui nous tient à cœur, de se réconcilier avec son métier en prenant du plaisir et en développant sa créativité. »

 

Reste à financer cette activité libérale. Dans le champ du handicap, la demande est forte : le secteur bénéficie de dispositifs financiers au travers les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH). Certaines mutuelles peuvent rembourser l’accompagnement des assistants de service social libéraux. « Nous sommes considérés comme des professionnels de santé non conventionnés, avec un numéro Adeli et enregistrés auprès de l’agence régionale de santé », rappelle Aurélie Bonnin. Mais, dans l’ensemble, le risque de l’exercice libéral reste de ne s’adresser qu’aux personnes aisées.

 

Certains professionnels font le choix d’adapter leur tarification aux finances de leurs clients. C’est le cas de Claire Le Boucher, assistante de service social. « On se voit une première fois pour évaluer les besoins. Je fais des propositions de devis que les personnes valident ou pas. Et je peux, dans certains cas, demander une microparticipation de 5 € à 10 € pour les personnes qui ne peuvent pas payer. »

 

Aurélie Bonnin, qui dispense également des formations aux travailleurs sociaux, pratique des tarifs libres pour ceux qui ont de faibles ressources. Elle en fait une question de principe : « De manière générale, la relation d’aide est déséquilibrée avec, d’un côté, l’aidant en position haute et, de l’autre, l’aidé qui peut avoir besoin de se déposséder d’une dette symbolique. Lui donner la possibilité de payer le prix qui lui semble juste permet de se décharger de cette dette », justifie-t-elle.

 

A Humacitia, Grégory Fidile appelle à un changement de paradigme : « Les parents ne sont pas forcément opposés à assumer tout ou partie de l’accompagnement social. Il vaut mieux avoir une action sociale modulable selon la capacité financière des gens plutôt que des services engorgés qui ne répondent plus à leur mission. On ne veut pas la casse du travail social, ajoute-t-il. Il n’est pas question de remplacer le travailleur social historique par une libéralisation du secteur. Il s’agit juste d’apporter d’autres modalités d’accompagnement. » Un moyen, à tout le moins, d’étendre le champ du travail social à d’autres horizons.

 

Source:https://www.ash.tm.fr/hebdo/3178/levenement/exercer-en-liberal-lextension-du-domaine-du-travail-social-625486.php

 


07/11/2020


Il quitte le service public pour devenir indépendant : Sébastien Kergal est éducateur spécialisé

TSL a le plaisir de vous présenter Sébastien Kergal éducateur spécialisé installé depuis 2016 en indépendant, et de cette opportunité d'épanouissement professionnel qui s'offre à lui à travers l'entreprenariat, de pouvoir revenir aux bases de l'éducation spécialisée. 

 

Sébastien Kergal le précise d’emblée, ce n’est pas pour l’argent qu’il a décidé de s’installer en indépendant : « Je crois en l’être humain avant tout. Une valeur de moins en moins présente en institution, où l’on parle de prix de journée à longueur de temps. Là, le matin, je sais pourquoi je me lève. »

 

Il n’a pas le sentiment de trahir sa mission de service public. Au contraire : Il déclare en être encore plus proche. les gestionnaires des établissements médico-sociaux sont de moins en moins des travailleurs sociaux.  Il explique revenir sur les bases de l'éducation spécialisée, et que depuis qu’il vole de ses propres ailes, il a le sentiment d’être mieux considéré : « Quand j’interviens dans les réunions de concertation, le département n’écoute plus l’éducateur de telle institution mais le responsable de sa propre structure. Le regard est totalement différent. Maintenant, généralement, on m’écoute. » 

 

 

Sébastien Kergal : « Je reviens aux bases de l’éducation spécialisée »

 

ASH - PUBLIÉ LE : 05.10.2020 

 

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Sébastien Kergal, éducateur spécialisé indépendant à Boëge, en Haute-Savoie. 

 

Devenu auto-entrepreneur en 2016, Sébastien Kergal, éducateur spécialisé, revient sur les raisons qui l'ont poussé à quitter le secteur public. 

 

Sébastien Kergal le précise d’emblée, ce n’est pas pour l’argent qu’il a décidé de s’installer en indépendant : « Je crois en l’être humain avant tout. Une valeur de moins en moins présente en institution, où l’on parle de prix de journée à longueur de temps. Là, le matin, je sais pourquoi je me lève. » Après son diplôme, cet éducateur spécialisé de 35 ans implanté en Haute-Savoie n’a travaillé que trois ans en établissement, principalement en Itep (institut thérapeutique, éducatif et pédagogique) avec des adolescents ou des jeunes majeurs, mais l’expérience ne l’a pas convaincu. « La plupart des structures mettent les personnes dans des cases, c’est ce qui me déplaît. Le projet n’est plus adapté à la population accueillie mais au dispositif. Auparavant, une équipe montait un projet et un gestionnaire cherchait des financements. Maintenant, c’est le contraire. Le gestionnaire impose un financement, et à l’équipe de se débrouiller avec », regrette-t-il.

 

« On n’est pas des ’cassos“ »

 

Quand il s’est lancé dans l’auto-entreprenariat, en 2016, Sébastien Kergal a d’abord fait du coaching parental. Une activité qui a immédiatement bien fonctionné avec des familles plutôt nanties ayant des difficultés avec leurs enfants. « Elles ne s’adressent pas aux services sociaux car elles considèrent qu’elles ne sont pas des “cassos” », commente celui qui a aussi accompagné des parents moins fortunés auxquels il facturait sa prestation en fonction du quotient familial, soit parfois 5 € de l’heure. Mais l’éducateur, très sportif, s’ennuie assez rapidement. Alors, lorsqu’un magistrat lui propose de s’occuper pendant une semaine d’un jeune de la PJJ (protection judiciaire de la jeunesse), il n’hésite pas. « Plus aucune institution ne voulait de lui. Je lui ai demandé ce qu’il aimait, il m’a dit qu’il voulait faire du canoë. Je suis parti sur cette base pour créer un lien de confiance et évaluer ses problématiques. » En cinq jours, l’éducateur n’a pas accompli de miracle, mais le jeune a pu intégrer un nouveau foyer. « Il est diplômé maintenant. Il était étonné de pouvoir élaborer son projet personnel. “D’habitude, ce n’est pas le mien, c’est celui de l’éducateur”, m’a-t-il dit. En réalité, il avait juste un gros manque de confiance en lui », assure Sébastien Kergal.

Aujourd’hui, celui qui se définit davantage comme un « artisan de l’éducation spécialisée » qu’un travailleur social en libéral a abandonné le statut d’auto-entrepreneur pour créer une société par actions simplifiée (SAS) unipersonnelle, plus compatible avec sa nouvelle pratique.

 

24 heures sur 24 avec un adolescent

 

De fait, il accompagne désormais un jeune de la protection de l’enfance ou de la PJJ pendant 40 à 60 jours dans ce qu’il appelle un « séjour de répit ». Durant cette période, ce dernier habite au domicile de l’éducateur et de sa compagne, qui disposent d’un grand logement. Les activités et les repas sont partagés ensemble.

Au quotidien, l’éducateur lui apprend à voler en parapente, à construire son projet professionnel, l’accompagne à un rendez-vous avec un chef d’entreprise, sur le lieu de son stage… « Cette démarche les aide à s’ancrer dans la relation très vite. Au fil du temps, elle devient très forte et on peut bâtir quelque chose. C’est impressionnant de voir à quel point tous les jeunes me disent à l’issue du séjour : “Pour une fois, on croit en moi !” Dans les structures médico-sociales, ils sont trop nombreux pour qu’on puisse faire du cas par cas. C’est difficile pour eux de trouver leur place », affirme le professionnel atypique, qui a déjà soutenu 77 adolescents.

 

1,50 à 2 € de l’heure

 

Il s’agit, pour la majorité, de situations dites « complexes », des enfants au profil abandonnique que l’institution n’arrive pas à accrocher, qui sont en échec scolaire ou sont passés d’un établissement à un autre, et qui exigent une grande réactivité. Dès leur arrivée, l’éducateur leur fait travailler le retour à l’institution, qui doit être positif. « Ils ne viennent pas en vacances chez moi », précise-t-il. Six mois après leur départ, il leur téléphone pour faire un bilan. Après, c’est à eux de l’appeler, pas à lui. Jusqu’ici, tous sauf deux lui ont donné des nouvelles. Entre deux « séjours de répit », le jeune Savoyard s’octroie deux à trois semaines de repos, histoire de se retrouver en famille et de gérer « la paperasse », comme il dit. Sa rémunération est à peu près équivalente à celle qu’il avait en institution, soit entre 1 500 et 2 000 € par mois. A une seule différence : il prend en charge le jeune en continu, ce qui équivaut à un tarif horaire de 1,50 à 2 €, payés directement par les foyers, les départements ou la PJJ.

 

L’idée que les éducateurs libéraux pourraient se faire de l’argent sur le dos du social, Sébastien Kergal la balaie d’un revers de main : « L’argent existe depuis longtemps dans le secteur. Des grosses associations qui œuvrent dans la protection de l’enfance ont des budgets colossaux. Le travail social est de plus en plus privatisé. On peut être indépendant sans pour autant chercher la rentabilité et le business. »

 

Davantage de reconnaissance

 

L’argent, il en parle d’ailleurs aux jeunes afin qu’ils sachent combien coûte leur séjour au département. « Chez les adolescents, la notion de l’argent est très importante. Quand ils voient une facture de 15 000 € chez moi, ils me disent que je suis riche. Je leur propose de regarder mon tableau comptable pour qu’ils se rendent compte que non. Cela les aide à prendre conscience des choses. Du coup, ils sont plus respectueux. Il y a aussi moins de casse et de vols », note Sébastien Kergal. Une technicité qu’il tente de transmettre à ses collègues. Car l’homme a beau être en libéral, il travaille en réseau et ne s’est jamais senti aussi peu seul : « Il y a des situations pour lesquelles je me sens incapable d’intervenir, je les transfère à d’autres éducateurs que je connais bien. Je ne prends pas une situation pour prendre une situation. »

 

Sébastien Kergal n’a pas le sentiment de trahir sa mission de service public. Au contraire : « J’en suis encore plus proche. Actuellement, les gestionnaires des établissements médico-sociaux sont de moins en moins des travailleurs sociaux. Je n’invente rien, je reviens juste aux bases de l’éducation spécialisée », explique-t-il. Paradoxalement, depuis qu’il vole de ses propres ailes, il a le sentiment d’être mieux considéré : « Quand j’interviens dans les réunions de concertation, le département n’écoute plus l’éducateur de telle institution mais le responsable de sa propre structure. Le regard est totalement différent. Maintenant, généralement, on m’écoute. »

 

L’éducateur, que certains confrères ont taxé de « Monsieur Uber » à ses débuts d’indépendant, veut continuer d’innover. Avec des collègues, il est en train de créer une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) dans laquelle les jeunes pris en charge vont devenir actionnaires et recevoir… 25 centimes de dividendes.

 

Entreprise Asemo à Boëge (74420)

Forme juridique : SAS, société par actions simplifiée

kergal.sebastien@gmail.com

 

 

Source :https://www.ash.tm.fr/hebdo/3178/levenement/je-reviens-aux-bases-de-leducation-specialisee-625496.php

 

 


20/10/2020


Un praticien Réflexologue, Diplômé D’Etat en Education Spécialisée, vous ouvre ses portes !

André Garcia réflexologue et éducateur spécialisé diplômé d'Etat

 

Le collectif TSL (Travailleurs Sociaux Libres) vous présente avec plaisir André Garcia, un éducateur qui c'est spécialisé dans la réflexologie. Nous vous invitons à vous rendre sur le site web de ce spécialiste praticien réflexologue installé en cabinet, pour découvrir tous les services qu'il propose. Nous Souhaitons à André Garcia toute la réussite qu'il mérite dans son activité professionnelle en cabinet libéral.

 

Cliquer sur l'image pour un meilleur confort de lecture

 

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Comme nous le précise André Garcia, "notre corps nous parle, écoutons le ...

 

Chaque jour, nos conditions de vie génèrent en nous d'importants excès de tension.

Les conséquences du stress, de la douleur, entraine des troubles du sommeil, digestifs, jambes lourdes ... La sédentarité, les soucis perturbent notre hygiène de vie... 

 

C'est là que la réflexologie "pour tous" peut intervenir de manière simple et efficace et apporter une réponse à vos besoins : les bébés, enfants, adolescents, adultes, personnes en situation de handicap, seniors, sportifs ... 

 

Wellness réflexologie vous propose pour vos séances de soins bien-être,  la réflexologie plantaire issue d'une technique traditionnelle, ou / et la réflexologie faciale par des protocoles adaptés et personnalisés à vos besoins".

 

 

 Un praticien Réflexologue, Diplômé D’Etat en Education Spécialisée, vous ouvre ses portes ! 

 

« Conjuguer Santé et Bien être & accessibilité pour tous »

 

Après un parcours évolutif dans l’éducation spécialisée en tant qu’éducateur spécialsé, puis formateur, et enfin admis au concours CAFERUIS à l’Ecole de Meslay, André GARCIA décide de démissionner de ses fonctions d’éducateur, pour s’orienter vers son métier de prédilection depuis toujours, «  les médecines douces ».

 

Formé et  certifié en réflexologie faciale et plantaire,   il apporte  selon ses souhaits, une nouvelle approche technique et professionnelle dans le domaine de la santé en bien-être.

 

Comme nous dit André GARCIA, «  j’ai tourné la page mais pas le livre » en référence à sa sensibilité et son expérience dans l’accompagnement et qui forge aujourd’hui sa ligne de conduite professionnelle.

 

André GARCIA c’est spécialisé dans la gestion du stress et des troubles associés par les techniques du bien-être.

 

Pour cela, il souhaite nous faire partager sa disponibilité au service des familles, des professionnels de  l’encadrement, et en l’occurrence auprès des usagers concernés par le placement, et relevant de l’éducation spécialisée sur l’ensemble du territoire national. 

 

André GARCIA nous indique «  j’ai déjà pu entreprendre des séances de réflexologie auprès des personnes déficientes mentales en institution, et voir à quel point les bienfaits étaient  spontanés. Certes la dimension par des techniques de bien-être en acupressure (tel l’acupuncture sans aiguilles) favorisait un lâcher prise spontané, probablement par la dimension tactile sur le contact de la peau … mais les protocoles adaptés en fonction des besoins apportent une réelle sérénité et apaisement des tensions physiques et mentales agréablement surprenantes ».   

 

André GARCIA intervient auprès de l’association de fibromyalgie de Vendée sur le thème de la gestion du stress et de la douleur sur l’ensemble du département et reçois à son Cabinet situé en Pays de Loire / Challans.

 

Pour plus d’informations, souhait d’un devis, d’un conseil à votre établissement …

Retrouver en un clic les services d’André GARCIA, Réflexologue, Diplômé d’Etat en Education spécialisée, sur le site  www.wellness-reflexologie.com

ou contactez le au 06 03 64 23 63

 

André GARCIA, délégué Régional Pays de Loire du Syndicat National des Professionnels de la réflexologie  http://syndicat-reflexologues.com/ 

et Membre Praticien de la Fédération Internationale Réflexologie, Massages et Art-Thérapie.

 

                                                                                                                             André GARCIA Réflexologue

 

   Centre Wellness Vendée Océan   
 
Cabinet André GARCIA
Praticien en Réflexologie
Membre de la Fédération Internationale de Réflexologie ( FIRMA)
Délégué Régional Pays de Loire du Syndicat Professionnel de la Réflexologie (SPR) 
 
Maison de l'Economie 
1 rue Owen Charmberlain
Pôle Activ'Océan
85300 CHALLANS
06 03 64 23 63
 
 
Web :  www.wellness-reflexologie.com
 

 

 

 

 

 


01/06/2016


Deux assistantes sociales s'installent en cabinet d'expertise sociale

Installation d'un cabinet d'expertise sociale

 

Les TSL (Travailleurs Sociaux Libres) souhaitent à Stéphanie Rocher et Ouali Mansouri assistantes sociales, le succès dans leur installation en cabinet libéral.

 

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Entreprise : Article publié le 21/10/2015

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Stéphanie Rocher a travaillé à l'YMCA de Colomiers et dans les centres d'hébergement pour familles en situation irrégulière et sans toit. Ouali Mansouri a travaillé aux urgences à Purpan pour enfants handicapés maintenus en scolarité ordinaire.

 

Assistantes sociales depuis 14 ans et fortes de leurs expériences, elles ont décidé de créer, en septembre dernier, Le Cles, un cabinet libéral expertise sociale.

Leurs objectifs : assurer un service social qui s'inscrit dans une dynamique d'innovation sociale. Adapter, créer, inventer pour proposer, sur la base d'expertises des réponses au plus près des besoins. Leur démarche est fondée sur la conviction que le métier d'assistante sociale a la capacité d'exister par lui-même. Il est un interlocuteur à part entière, autonome et il en assume la responsabilité et veut valoriser ceux qui bénéficient de la richesse de leur métier.

 

Le Cles répond également à l'appel des entreprises et des établissements sociaux et médico-sociaux pour leurs collaborateurs par une prestation de qualité tout en maîtrisant le coût financier.

 

Les particuliers peuvent aussi solliciter les assistantes sociales qui les accompagneront dans les recherches de solutions dont ils peuvent avoir besoin. Elles sont compétentes pour écouter, informer, guider et accompagner sur de nombreuses thématiques. L'accompagnement par une assistante sociale du Cles est un service payant, en retour vous bénéficiez d'un service personnalisé avec des horaires adaptables, les prestations sont en toute complémentarité avec les services sociaux gratuits existants.

 

Ouali Mansouri 0 622 613 764 et Stéphanie Rocher 0 675 124 295.

 

La Dépêche du Midi

 

Source : http://www.ladepeche.fr/article/2015/10/21/2201726-installation-d-un-cabinet-d-expertise-sociale.html

 

Pétition : pour soutenir les travailleurs sociaux pour une meilleure reconnaissance de leurs qualifications, merci de signer la pétition, cliquer içi


05/01/2016