Les travailleurs sociaux libres

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Hébergement d'urgence: Opération coup de poing

Hébergement d'urgence:  Opération coup de poing

 

Mais que fait donc Cécile Duflot ? Pense elle donner des leçons aux associations et aux travailleurs sociaux qui travaillent depuis de nombreuses années sur la problématique de l'hergement et du logement ? Arrêtons les parlottes ! Les personnes sans abris ont besoin d'être logés dans des centres d'hébergement digne et de pouvoir espérer le droit d'avoir un logement.

 

A Paris, pour dénoncer une «crise de l’hébergement d’urgence qui risque de virer à la crise humanitaire». Après avoir déployé - sous l’œil des caméras - une immense banderole «mal logés, sans abri : les oubliés de la République» , les associatifs, auxquels s’étaient mêlés des travailleurs sociaux, ont installé une trentaine de tentes pour symboliser l’extrême précarité.

 

Depuis plusieurs semaines, les associations pointent une «saturation jamais vue» du dispositif d’accueil des sans-abri. A Toulouse comme à Amiens, des travailleurs sociaux ont exercé leur droit de retrait, considérant qu’ils n’étaient plus en mesure d’accomplir leur mission.

 

Voici l'article

Sans-abri : Duflot sous le feu des associations

Journal Libération -  Publié le 5 décembre 2012

 

Logement. Les militants ont manifesté hier pour dénoncer la gravité historique de la situation.


La question cruciale du manque de places dans les centres d’hébergement d’urgence a pris la tournure d’une guerre de la communication hier, entre la ministre du Logement, Cécile Duflot, et les associations de lutte contre les exclusions. Regroupées au sein d’un Collectif pour une nouvelle politique publique du logement des personnes sans abri, elles ont organisé dans la matinée «une opération coup-de-poing» au pont des Arts, à Paris, pour dénoncer une «crise de l’hébergement d’urgence qui risque de virer à la crise humanitaire». Après avoir déployé - sous l’œil des caméras - une immense banderole «mal logés, sans abri : les oubliés de la République» , les associatifs, auxquels s’étaient mêlés des travailleurs sociaux, ont installé une trentaine de tentes pour symboliser l’extrême précarité.

 

 

Cheminots. Deux heures plus tard, Cécile Duflot, suivie d’une meute de photographes et de caméras, était à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) en compagnie du patron de la SNCF, Guillaume Pepy, pour visiter un bâtiment que la société va mettre à disposition pour héberger des SDF. Cet immeuble - un foyer de cheminots désaffecté - pourra accueillir un peu plus d’une cinquantaine de personnes. Il devrait ouvrir début janvier après des travaux de peinture et de mise en sécurité. Il sera géré par le CASP (Centre d’action sociale protestant). Deux autres bâtiments de la SNCF, situés à Drancy (Seine-Saint-Denis) et à Marseille, vont également être utilisés pour héberger des sans-domicile-fixe.

 

La ministre a rappelé qu’elle a lancé «un appel à la mobilisation» à toutes les entreprises ou institutions disposant d’un patrimoine immobilier «pour pouvoir répondre à une situation qui s’aggrave cet hiver», plus sévère «que nous ne l’avions imaginé». Elle a une nouvelle fois agité l’arme de «la réquisition» si nécessaire.

 

Face à la pénurie de places dans les centres d’hébergement, les relations entre les associations et le gouvernement se crispent sérieusement. Hier au pont des Arts étaient présents ATD Quart Monde, Emmaüs, le Secours catholique, la Croix-Rouge, la Fondation Abbé-Pierre, l’Armée du salut, Jeudi noir, le Collectif des morts de la rue… Depuis plusieurs semaines, les associations pointent une «saturation jamais vue» du dispositif d’accueil des sans-abri. «Cela a toujours été une galère de trouver une place d’hébergement par le 115, mais les choses ont encore empiré cette année», souligne Charlotte Niewiadomski, du Secours catholique. La Fnars (Fédération nationale des associations de réinsertion sociale) qui publie un baromètre du 115 (le numéro d’urgence des sans-abri) a observé «qu’en novembre, les demandes d’hébergement ont cru de 37%» par rapport à l’an dernier. «Le taux de réponses négatives atteint 71%», constate Florent Guéguen, le DG de la Fnars.


Droit de retrait. A Toulouse comme à Amiens, des travailleurs sociaux ont exercé leur droit de retrait, considérant qu’ils n’étaient plus en mesure d’accomplir leur mission. D’un côté le code de l’action sociale les oblige à un accueil inconditionnel des sans-abri, et de l’autre, la saturation des centres d’accueil les contraint à laisser des personnes à la rue, y compris quand le froid peut être mortel.

 

Pour faire face à cette crise, Cécile Duflot a annoncé, le 26 octobre, la création de 19 000 nouvelles places hivernales. Mais seulement 9 000 sont ouvertes, ce qui est loin de suffire. L’hébergement d’urgence est sous tension et Duflot aussi.

 

Par TONINO SERAFINI

 

Source :

http://www.liberation.fr/societe/2012/12/05/sans-abri-duflot-sous-le-feu-des-associations_865446

 




09/12/2012

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