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Le licenciement d'un éducateur musulman classé « Secret Défense »

Le licenciement d'un éducateur sportif musulman classé « Secret Défense »

 

Discrimination : Un dossier sensible pour l'Etat !

 

Ouadah C., un Français d'origine maghrébine de 33 ans, est éducateur sportif. Il a un CDI dans une grande association, donne entière satisfaction et dispense des cours de sport au centre pénitentiaire de La Farlède. Sa routine va basculer le 18 juillet 2008. Ce jour-là, il est informé de son licenciement avec effet immédiat pour « motif personnel ». Motif de l'avis réservé, émis par la préfecture du Var, est frappé du sceau « secret Défense ».

 

Ouadah C, à t-il été victime de discrimination ? C'est ce qu'affirme son avocat, Bruno Bonachnakian...

 

Voici l'article !

Un Français musulman était-il indésirable à la prison de Toulon ?

 

Journal Var Matin.Com - Publié le mercredi 18 janvier 2012

 

Pour François Nadiras, animateur de la Ligue des Droits de l'Homme (à g.), et Bruno Bochnakian,

avocat (à dr.), Ouadah a été victime d'amalgame et de discrimination liés à sa religion.D. A.

 

Éducateur sportif au centre pénitentiaire, Ouadah a été licencié du jour au lendemain pour un motif « secret Défense ». Il vient de faire condamner l’État à lui dire la vérité.


Au départ, tout est beau. Ouadah C., un Français d'origine maghrébine de 33 ans, est éducateur sportif. Il a un CDI dans une grande association, donne entière satisfaction et dispense des cours de sport au centre pénitentiaire de La Farlède. Sa routine va basculer le 18 juillet 2008. Ce jour-là, il est informé de son licenciement avec effet immédiat pour « motif personnel ». La claque. Du jour au lendemain, la préfecture du Var lui a retiré l'autorisation d'accès à la prison de Toulon-La Farlède.

 

Choqué, surpris et au chômage, Ouadah cherche à en savoir plus, mais il se heurte au refus de l'administration. Tout au plus apprend-il que le motif de l'avis réservé, émis par la préfecture du Var, est frappé du sceau « secret Défense ».

 

L'État condamné au tribunal administratif

Dès lors, Ouadah avec son avocat Me Bruno Bochnakian et la section toulonnaise de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH), a décidé d'entreprendre « toutes les démarches nécessaires » pour faire sauter le secret défense de son dossier. Après avoir obtenu le feu vert de la Commission d'accès aux documents administratifs (CADA), son avocat vient de franchir une étape importante.

 

Le 16 décembre dernier, le tribunal administratif de Toulon a condamné l'État « à communiquer à Ouadah l'avis réservé émis dans le cadre de la procédure d'autorisation d'accès au centre pénitentiaire ainsi que l'enquête effectuée, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ». « Cette décision est une première, se réjouit Me Bochnakian. On espère qu'elle fera jurisprudence. Aujourd'hui, l'État est hors-la-loi dans ce dossier ! »

 

Ouadah a-t-il été victime de discrimination ? A-t-il subi l'amalgame selon lequel tout individu ayant un nom à consonance maghrébine, musulman de surcroît, est un terroriste potentiel ? Son avocat a tendance à le penser. « Depuis quatre ans, il ne comprend pas ce qu'on lui reproche. C'est dur. Heureusement qu'il a retrouvé du travail derrière », confie Me Bochnakian. Casier vierge, vie tranquille… Seul défaut ? « Il est barbu et porte la djellaba », raconte François Nadiras, animateur de la LDH Toulon. « Il a été fiché on ne sait pas trop comment. Cela nous préoccupe », ajoute Me Bochnakian.

 

Une visibilité suspecte, qui en a peut-être fait le "terroriste ou le prosélyte idéal", alors qu’à la même période l’imam de Toulon était expulsé, sur fond de tensions au sein des renseignements généraux et du ministère de la Justice, qui étaient sur les dents face au « phénomène de radicalisation de l'Islam en milieu carcéral ».

 

Faisait-il du prosélytisme en prison ?

Dans ce dossier, le contexte a également pu jouer. 2008, c'est l'année où l'imam de Toulon a été expulsé. C'est aussi la période dans laquelle les renseignements généraux et le ministère de la Justice s'inquiétaient du « phénomène de radicalisation de l'Islam en milieu carcéral ». On peut très bien imaginer que Ouadah présentait le profil du parfait prosélyte. Ouadah C.,  a-t-il été la cible d’une discrimination à retardement, qui aurait soudainement pris ombrage d’une islamité un peu trop voyante et sonore,  à l’instar d’un patronyme qui n’a pas plaidé en sa faveur ? D'autant plus que Ouadah serait un islamiste convaincu. « Il est pratiquant. Il a les convictions d'un islamiste mais je suis persuadé qu'il n'a pas fait de prosélytisme. Il a beaucoup de charisme et est très intelligent », glisse François Nadiras.

 

« Si c'est la raison qu'on lui donne, il sera choqué, poursuit son avocat. J'ai la conviction qu'il n'y a pas eu d'enquête. À mon avis, seules sa barbe, sa religion et sa djellaba ont suffi… » De son côté, l'État se refuse à tout commentaire dans ce dossier. Depuis lundi, Ouadah va percevoir 50 euros jusqu'à ce qu'on lui communique son dossier. Car, hier, la cour administrative d'appel de Marseille n'avait toujours pas enregistré le moindre appel dans cette affaire.

 

Damien Allemand

 

Source :

http://www.varmatin.com/article/toulon/un-francais-musulman-etait-il-indesirable-a-la-prison-de-toulon.751166.html

 

 

 



20/08/2012

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