Les travailleurs sociaux libres

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Non reconnaissance des diplômes : Le malaise des étudiants du travail social

TSL apporte son soutien à tous ces étudiants du travail social dont l'avenir est en danger...

 

 

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La rédaction de cette tribune a été rédigé par des étudiants du travail social, voici l'article paru dans les ASH le 10 octobre 2019

 

 

TRIBUNE : Etudiant-e-s du travail social, un avenir en danger !

 

Madame la Ministre, durant l'été́ 2018, sont parus les décrets réformant les formations du social. La volonté́ affichée dans le cadre de la réingénierie des diplômes du travail social est de permettre l’acquisition d’un socle de compétences et de connaissances communes aux cinq formations (éducateurs-trices spécialisé-e-s, éducateurs-trices de jeunes enfants, assistant-e-s de service social, éducateurs-trices techniques spécialisé-e-s et conseillers-ères en économie sociale et familiale). Cette réforme change le contenu pédagogique ainsi que les modalités d’évaluation, mais surtout la reconnaissance des diplômes qui sera de niveau Bac+3 à partir de 2021, tandis que les promotions précédentes restent reconnues au niveau Bac+2 pour trois années de formation.

Cette réforme, applicable dès la rentrée 2018, n'a laissé que peu de temps aux centres de formations pour la mettre en œuvre. Cette précipitation nous coûte cher. Elle nous laisse sur le carreau. 

 

Vous le savez, les étudiant-e-s passant leur session d'examen au printemps 2020 valident leurs diplômes selon les modalités des réformes antérieures. Ayant commencé leur cursus avant la publication de votre décret, leur formation n’a pas été impactée. Néanmoins, vous avez décidé dans l’article 11 que les modalités de validation des diplômes seront abrogées, c'est à dire supprimées à l'issue de la session d'examen 2020. Il sera dès lors nécessaire pour les étudiant-e-s n’ayant pas validé ne serait-ce qu’un Domaine de Compétences (DC) de recommencer à zéro, soit au total 6 ans de formation. Pire, c’est durant leur année de passage du diplôme et de ces multiples modalités de certifications que nous l’apprenons.

 

Le manque de considération que vous portez aux étudiant-e-s du travail social ne peut que nous laisser envisager un avenir sombre dans l’évolution de notre secteur et dans l’accompagnement des publics. De ce fait, vous excluez des étudiant-e-s précaires qui n’auront pas la possibilité de financer 3 ans de formation supplémentaires, ainsi que les personnes ayant suspendu leur formation pour des raisons personnelles ou médicales.

 

Cette réforme est une violation de nos droits, directe et assumée de la part du Ministère des Solidarités et de la Santé. Non seulement, cela instaure l'inégalité des droits, des chances et de traitements entre les différentes promotions selon l’année d’inscription, mais cela revient aussi à nier la valeur des compétences et des savoirs que nous aurons acquis et validés dans le cadre de notre formation.

 

Pendant longtemps, nous étions loin de nous douter du sort que vous nous réservez. Nous espérions un peu d'éthique : vous nous opposez votre cynisme. Après différentes interpellations de votre Ministère, vous nous avez confirmé, sans honte, que votre réforme mettait fin aux rattrapages. C’est un mépris de la part des pouvoirs publics pour toute une génération de travaill-eur-euse-s sociaux-ales en formation.

 

Les formations en métiers du social sont éprouvantes et mal reconnues, elles demandent un investissement physique et psychique important. A l’image d’une majorité d’étudiant-e-s en France, nous subissons une précarité économique et sociale. Ainsi, le fait que le travail social ne soit plus reconnu comme un métier sous tension dans différentes régions entraîne une réduction des accès au financement de la formation par Pôle Emploi. Nombre d'entre nous, vivant dans la précarité, sommes contraint de financer nos études comme nous le pouvons (famille, emprunt, travail de nuit et le week-end, etc), mettant en danger notre santé. Trop d’étudiant-e-s doivent interrompre leur formation en raison des difficultés financières qu’ils-elles rencontrent.

 

Le faible montant de la gratification des stages ne permet pas de sortir de cette précarité, d’autant qu’elle est l’objet de nombreux contournements par le biais de stages plus courts ou séparés en deux périodes afin d’éviter de rentrer dans la réglementation rendant obligatoire la gratification. Trop souvent, les étudiant-e-s galèrent à trouver des stages, gratifiés ou non, du fait du manque de financement des structures, d’un budget dédié et de la dégradation des conditions matérielles et humaines d’accueil. Pour ceux et celles qui parviennent à accéder à un stage, ils-elles servent trop souvent de variables d’ajustement aux établissements subissant le manque chronique de personnels.

 

Madame la Ministre, à quelques mois des épreuves, l’insécurité que votre réforme fait planer sur nous, nous empêche d’élaborer, d’écrire, de réviser, et nous contraint à défendre nos droits.

Malgré toutes ces préoccupations, ces difficultés, ces sacrifices, nous aimons ce que nous faisons. Ces métiers, nous les avons choisis. Nous sommes animés par la conviction que chaque être humain a sa place dans notre société et que personne ne devrait être laissé à l'abandon. C'est la certitude que la différence est une richesse et que chacun-e a droit à ce qu'on le-la respecte et l’estime pour ce qu’il-elle est.

 

Derrière la réforme des formations du social, c’est la remise en cause de tout le travail social qui s’opère par la libéralisation du secteur, les suppressions de financements et de moyens humains, par la volonté de « performance » comme dans la santé. Nous le savons, il ne s’agit pas d’un oubli mais d’une décision politique : cette réforme n’a pas été écrite par hasard, mais a été pensée pour organiser un tri social et la mise en concurrence des travaill-eur-euse-s sociaux-ales. 

 

Madame la Ministre, nous ne nous laisserons pas abandonner. Nous vous demandons de respecter nos droits, nos valeurs mais surtout nos formations et nos métiers, sans lesquels aucune de vos politiques publiques ne pourraient s’appliquer.

 

Mépriser les étudiant-e-s et travaill-eur-euse-s sociaux-ales de France, c’est aussi mépriser l’ensemble des personnes que nous serons amené-e-s à accompagner.

 

C'est pourquoi nous revendiquons :

 

  • La suppression de l’article 11 des arrêtés du 22 août 2018 ;
  • La garantie de pouvoir finir notre formation, qu'elle soit financée et que des rattrapages soient organisés ;
  • Le financement public des gratifications de stages pour nous garantir des conditions de professionnalisation satisfaisantes, notamment par la création d’un budget dédié ;
  • Le BAC+3 rétroactif pour tou-te-s, quelle que soit l'année d'entrée en formation.

 

Nous appelons l'ensemble des étudiant-e-s, tou-te-s les acteur-trice-s du social et du médico-social ainsi que les personnes accompagnées à se mobiliser et à signer largement cet appel, à organiser des assemblées générales sur leur lieu d'étude ou de travail afin de discuter des réformes en cours dans nos formations. Il est temps de se coordonner pour défendre collectivement nos droits, nos formations, nos métiers et le public accueilli.

 

Pour nous écrire : mobilisationredoublementsocial@gmail.com

 

Signer la pétition pour nous soutenir : http://chng.it/zMBqtZFT

 

Source : https://www.ash.tm.fr/tribune-etudiant-e-s-du-travail-social-un-avenir-en-danger-523670.php

 

Pétition Master : Nos diplômes du travail social sont également équivalents au Master, c'est la raison pour laquelle nous vous invitons a signer la pétition en cliquant sur Master   



13/10/2019

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