Les travailleurs sociaux libres

Les travailleurs sociaux libres

Prenons comme modèle, le mouvement de révolte nationale des assistantes sociales en 1990

Le mouvement de révolte de 1990 ou l'histoire de la plus longue grève nationale des assistantes sociales pour la reconnaissance de leur diplôme et de leur statut professionnel

 

Les TSL remercient Josette Trat pour ce récit passionnant sur l'histoire de la "grande révolte" et la plus longue grève des assistantes sociales, qui a pris naissance dans les années 1986.

 

Vous constaterez que les grands médias TV et les grands journaux et quotidiens de la presse écrite n'ont absolument pas informé le grand public de cette mobilisation et grève d'ampleur des assistantes sociales. La presse était muselée par le pouvoir en place (socialiste).

 

En 2011, sous la présidence de Nicolas Sarkosy ce fut la même chose, et depuis l'arrivée en 2012, de Hollande au commande de la France, la presse, les grands quotidiens , les grandes chaines de TV sont toujours muselées, et ne parlent toujours pas des mobilisations , des grèves et des revendications des travailleurs sociaux. Pourtant nous étions plus de 100 000 travailleurs sociaux en grève, le 16 mars , le 17 avril et le 16 juin 2011.

 

On n'arrête pas de rabâcher aux travailleurs sociaux que c'est un problème économique, "la reconnaissance de nos diplômes avec un changement de statut professionnel conduirait à une augmentation de salaire qui coûterait trop cher". Donc si nous comprenons bien, déjà en 1990 nous coutions déjà trop cher, et en 2012 c'est toujours pareil ! Cependant, sous la présidence de Sarkosy et maintenant de Hollande, ils n'ont pas hésité a attribuer le grade Licence et Master pour les enseignants et les professions para-médicale (kinésithérapeute, puéricultrice, orthophoniste...).

 

Les TSL vous disent, que cela n'a jamais été un problème économique mais plutôt un enjeu de pouvoir politique (institutionnel, territoriale et nationale). Le gouvernement, les parlementaires, les pouvoirs publics, les administrations, les collectivités territoriales et les organismes employeurs du secteur public et privé, ont peur des travailleurs sociaux de terrain. La voilà la vérité, car les travailleurs sociaux sont en lien direct avec la population et nous pouvons de ce fait avoir une "influence" sur les publics. La formation des travailleurs sociaux se trouve au croisement du social, de l'économique, du juridique et du politique. Un champs sociale extrêmement sensible pour les élus politiques. Il suffit de voir toutes les actions des gouvernements qui se sont succédées pour détruire le travail social et rabaisser, contrôler à tout prix les travailleurs sociaux.

 

Il est fondamental que les travailleurs sociaux prennent exemple sur la combativité des assistantes sociales qui ont participé à cette grande et longue grève pour la reconnaissance de leurs droits. Nous devons gagner pour elles,  pour nous et pour toutes les générations de futurs travailleurs sociaux qui suivent.

 

Voici le texte

 

La coordination au féminin. Septembre 1994 : Les coordinations de travailleurs dans la confrontation sociale

 

La lutte des assistantes sociales : un mouvement de femmes salariées conjugué au masculin

 

Première publication en septembre 1994 - Mise en ligne le dimanche 6 février 2005 par  Trat Josette
 

Le 16 septembre 1991, débutait la plus longue grève qu’ait connue la profession des assistant(e)s de service social. Neuf semaines plus tard, le 15 novembre 1991, les assistantes sociales (AS) d’Île-de-France, décidaient de reprendre le travail sans avoir obtenu satisfaction sur leurs revendications essentielles, résumées par trois mots d’ordre : homologation du diplôme d’Etat (DEASS) au niveau 2 (demande d’équivalence entre leur diplôme et une licence universitaire), salaire d’embauche à 10 000 francs nets, un service social de qualité. Cette grève s’inscrit, selon nous, dans un cycle de luttes ouvert par la mobilisation étudiante de 1986, qui a secoué le secteur public en particulier. Après les infirmières et comme bien d’autres, les AS ont créé une coordination nationale qui a impulsé la mobilisation, organisé la grève, assuré leur représentation et maintenu une certaine "vigilance" jusqu’à aujourd’hui.

 

Deux questions ont particulièrement retenu mon attention comment expliquer une telle combativité dans une profession réputée particulièrement bien intégrée dans les dispositifs de contrôle social (J. Verdès-Leroux, 1978) et pourquoi ce mouvement de femmes salariées s’est-il évertué à faire disparaître sa dimension féminine, à l’inverse de ce qui s’était produit au moment de la grève des infirmières en 1988 (D. Kergoat, F. Imbert, H. Le Doaré, D. Sénotier, 1992) ?

 

Pour mesurer la portée de ce mouvement, il est indispensable, selon nous, de le resituer non seulement dans un contexte général marqué par la récession économique, la déception à l’égard du gouvernement de gauche et la crise du mouvement syndical, commun aux autres conflits sociaux mais de le replacer également dans l’évolution des rapports sociaux de sexe depuis plus de vingt ans. Quelle signification , en conséquence, accorder à la lutte des assistantes sociales ?

 

Les assistantes sociales, après les infirmières, en revendiquant une "reconnaissance professionnelle", expriment-elles avant tout leurs difficultés à "s’adapter" à la "modernisation" de leur profession ou témoignent-elles principalement, comme nous le pensons, d’une modification en profondeur du rapport des femmes à la division sexuelle et traditionnelle du travail ? Pour tenter de répondre à ces différentes questions et de cerner les caractéristiques de ce mouvement, il nous faut revenir dans un premier temps sur les facteurs de crise de cette profession.

 

Pour lire la suite, cliquez sur le lien pour vous rendre sur le site : "la crise n'est pas nouvelle"

http://www.multitudes.net/La-lutte-des-assistantes-sociales/

 



21/10/2012

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