Les travailleurs sociaux libres

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Suicides : les travailleurs sociaux particulièrement concernés

Malgré le manque de chiffres sur le sujet, des études montrent que les secteurs concentrant les « taux de mortalité par suicide les plus importants » sont la santé et l’action sociale. Arrivent ensuite l’administration publique et la construction.

 

Malheureusement cette nouvelle n'est pas une surprise, car déjà depuis 2012, TSL n'a cessé d'alerter les pouvoirs publics et les dirigeants politiques sur ce phénomène qui a débuté dans les années 1970, puis c'est accéléré dans les années 80, avec le développement des dispositifs sociaux et des politiques publiques, les restrictions budgétaires, le management de gestion. Tous ces facteurs aggravants ont fortement contribué à la casse du travail social et favoriser les violences et agressions, la perte de sens de ces métiers sociaux ainsi qu'à leur déqualification statutaire.

 

Malgré quelques efforts des dirigeants politiques, la reconnaissance du grade de Licence obtenu dans un bras de fer avec le gouvernement, reste en dessous des attentes des professionnels et des étudiants car dans la majorité des pays européens le diplôme d'éducateur et d'assistant social est reconnu au niveau Master.

Il n'est pas normal que cette reconnaissance Master légitime ne soit pas appliquée en faveur des diplômes français du travail social (conseiller ESF, EJE, ES, AS, ETS).

 

Par ailleurs, au niveau européen, la rémunération des travailleurs sociaux français est classée dans le peloton de queue. Ainsi donc en France, le salaire d'un éducateur ou d'un assistant social débutant est à peine plus élevé que le SMIC, et en fin de carrière (41 ans) ne dépasse que très rarement 2000€ net. 

 

PROFESSIONS ET TRAVAIL SOCIAL

 

Suicides : les travailleurs sociaux particulièrement concernés

 

Article ASH publié le 12 mai 2020

 

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Le dernier rapport de l’Observatoire national du suicide dévoile que l’action sociale est un des secteurs avec le taux de mortalité par suicide le plus important. Les chercheurs appellent également à replacer au cœur des débats le « mal-être » des chômeurs, particulièrement susceptibles de passer à l’acte.

 

Rattaché au ministère de la Santé, l’Observatoire national du suicide s’est interrogé sur les liens potentiels entre suicide, travail et chômage. Dans ce quatrième rapport, publié mercredi 10 juin, les auteurs rappellent en tout premier lieu combien il est difficile d’évaluer les passages à l’acte, très souvent multifactoriels. Si des raisonnements statistiques permettent de savoir dans quelle profession ou entreprise ils sont les plus fréquents, ces méthodes restent fragiles. « La significativité des écarts de taux de suicide dépend d’effectifs souvent trop faibles dans les données par profession ou par entreprise », écrivent les chercheurs.

 

Malgré le manque de chiffres sur le sujet, des études montrent que les secteurs concentrant les « taux de mortalité par suicide les plus importants » sont la santé et l’action sociale. Arrivent ensuite l’administration publique et la construction.

 

Le rapport s’intéresse également aux pathologies psychiques en relation avec le travail. Là encore, il est souligné que les hommes atteints de PPRT (pathologies psychiques en relation avec le travail) exercent principalement dans le milieu de la santé, du social ou de l’action sociale, comprenant les métiers de l’hébergement médico-social et social et de l’action sociale sans hébergement. Même constat chez les femmes, puisque 14,5 % de celles qui présentent ce type de pathologies travaillent dans un de ces secteurs.

 

Les chômeurs de longue durée particulièrement exposés

Mais ce qui inquiète avant tout les chercheurs, c’est la fragilité des demandeurs d’emploi. L’Observatoire révèle que « le risque de décès par suicide des chômeurs est supérieur à celui des actifs en emploi, en particulier chez les hommes entre 25 et 49 ans ». Et plus la durée de chômage est longue, plus le risque augmente. Ces périodes s’accompagnent en effet d’une potentielle « désocialisation », alerte le rapport. Si elles sont « l’occasion de se réinterroger sur la place du travail dans sa propre vie ou d’infléchir son parcours professionnel, elles peuvent aussi être vécues comme un événement traumatique ».

 

Parmi les pistes évoquées pour prévenir le phénomène, on retrouve la sensibilisation des médecins généralistes aux problèmes de santé des personnes sans emploi : « Encore trop de praticiens ignorent la situation de travail de leurs patients. » L’Observatoire insiste par ailleurs sur la nécessité de placer le sujet du « mal-être » des chômeurs au cœur des débats publics. Un signal à ne pas négliger en cette période de crise économique. Au mois d’avril, Pôle emploi a recensé 843 000 chômeurs en plus, une hausse historique de 22,6 % imputée à la pandémie de coronavirus.

 

Source : https://www.ash.tm.fr/professions-et-travail-social/un-fort-taux-de-mortalite-par-suicide-dans-laction-sociale-553803.php

 

Pour la revalorisation statutaire et une meilleure reconnaissance du niveau de qualification des métiers du travail social, merci de signer la pétition

 



15/06/2020

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