Les travailleurs sociaux libres

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Travailleur social : une profession à vif !

Travailleur social : une profession à vif !

 

 


Nous vous invitons à visiter le blog de Jean-François Dortier et de lire les articles passionnants qui s'y trouvent. Nous remercions aussi Xavier Bouchereau pour cette oeuvre remarquable, qui permet à chacun d'entre nous de pouvoir nous identifier !

 

 

Il s’appelle Xavier Bouchereau, il a été éducateur spécialisé pendant 10 ans et dirige aujourd’hui un service de protection de l’enfance. Il vient de publier, Les non-dit du travail social, (Eres, 2012).

 

Ce matin, j’ai ouvert son livre placé sur ma pile de bouquins « à lire » (je prépare un numéro sur « Enfer et bonheur au travail ».

 

Dès le préambule, j’ai reçu un coup de poing.

 

« Pendant dix ans, j’ai exercé le métier d’éducateur spécialisé dans un service de protection de l’enfance. Comme chacune de mes collègues, j’assumais en continu trente mesures d’assistance éducative en milieu ouvert ordonnées par le juge des enfants. (…)


Durant ces années, j’ai essayé d’aider les parents et leurs enfants. Je suis allé dans les familles, au tribunal, au commissariat, dans les écoles, à l’hôpital, dans les foyers, dans les bars, dans des lieux improbables. J’ai pris des risques dans la rue, je me suis réfugié dans mon bureau. J’ai monté des escaliers, je les ai descendus. J’ai connu des portes, des milliers de portes, des portes ouvertes, des portes fermées, des portes de maison, des portes de HLM, des portes de caravane, des portes de prison… J’ai vu pleurer des mères, j’ai vu des pères en colère, des colères froides, d’autres incendiaires, des colères salutaires… J’ai pris des coups, j’ai porté plainte, j’ai placé des enfants, j’ai soutenu leur retour. J’ai contrôlé, j’ai fermé les yeux, j’ai humilié des parents, je me suis battu pour qu’ils ne le soient plus. J’ai écrit des rapports, j’en ai bâclés, j’en ai réussis, je les ai lus aux parents, j’en ai parlé au juge, j’ai écouté, je me suis tu, j’ai fait taire. J’ai rencontré des catholiques, des juifs des musulmans, des témoins de Jéhovah, des agnostiques, j’en ai rencontré qui s’en foutaient. J’ai  suivi des riches, des très riches, j’ai suivi des pauvres, surtout des pauvres. On m’a dit merci, on m’en a voulu on m’a offert des chocolats, on m’a reçu le couteau à la main. J’ai été heureux, triste, honteux, révolté, courageux, lâche, fier , désabusé, j’ai quitté les  rangs, j’y suis retourné. J’ai résisté, j’ai cédé, je me suis agenouillé, je me suis redressé. J’ai espéré. Bref, toutes ces années j’ai été humain…à ne plus savoir que faire ».


Le reste du livre aborde les contradictions du métier d’éducateur: la dimension militante d’un engagement professionnel, les doutes et les tensions du métier, les lourdeurs et illusions des évaluation, etc. Chaque chapitre est entrecoupé d’extraits de son journal de bord. Ces passages font mouche à chaque fois.

 

Pour visiter le blog de Jean-François Dortier, cliquez içi

 

Source :

http://www.dortier.fr/travailleur-social-une-profession-a-vif/



14/10/2012

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